jeudi 12 avril 2012

La fête des fleurs


Week-end pascal en vallée du Rhône, suite.


L’estomac plein, le frigo aussi, d’autres plaisirs m’interpellent. Plaisir des yeux : La végétation printanière, en avance d’un mois sur notre Territoire : cerisiers et poiriers blancs, lilas et glycines mauves, tamaris et arbres de Judée lumineux. La floraison des pêchers est terminée, dommage, c’est le moment que je préfère, la région est alors d’une beauté immatérielle, avec ses vergers roses mousseux, comme des nuages en lévitation.

Pour JP, la première activité, c’est le bilan végétal de nos deux terrasses. Le gel de février et la sécheresse de mars ont causé plus de dégâts que d’habitude : Un laurier vieux de quinze ans, et le grand cèdre sont morts. La vigne et le pistachier reprendront-ils ? L’olivier semble en forme. Le houx et le buis s’en tirent bien. Le petit tamaris est fleuri. JP va s’occuper d’eux, arroser, tailler, déterrer, rempoter.
Le plus pratique, c’est de commencer par aller à la coopérative agricole de Tain. A côté du matériel professionnel, on y trouve quantité de boutures, plants, semis, de saison. JP revient avec un nouveau cèdre, une bougainvillée mauve et un palmier. Monte les sacs de terre apportés chez nous (la bonne terre, dans le Territoire, on n’en manque pas) et entreprend de réaménager les jardinières, retirer les végétaux secs, aérer les vivants, adapter le contenant au contenu. Tandis que j’épluche mes kilos d’asperges.
Quand il a terminé, le coup d’œil sur les terrasses est agréable.

Dans la région, quelques jardins remarquables se visitent.  Le jardin zen d’Erik Borja est à notre programme. Paysagiste de réputation internationale, Borja a réalisé des jardins d’inspiration japonaise partout dans le monde, dont la célèbre Bambouseraie d’Anduze. Il se trouve que son « laboratoire » est situé juste à côté de Tain, en Drôme des Collines, au bord de l’Herbasse. Un superbe jardin de trois hectares, cerné de vignes et vergers fleuris.

Erik Borja maitrise à la perfection le mariage de l’eau, du minéral et du végétal. Pas de plates-bandes fleuries, mais des volumes sculptés, des étagements verticaux, grands arbres, buissons, et mousses, bordures, vivaces à leur pied. Des tableaux végétaux en relief, traversés de chemins sinueux, dallés de pierres anciennes. Cascades et étangs, où coassent les grenouilles. Jardin de méditation, avec ses roches étranges, son gravier ratissé, jardin de thé, avec maisonnette et érables. Jardin de bambous et portique flamboyant. Jardin de promenade entre chênes et conifères. Dégradé de verts, l’ensemble est conçu pour être beau en toutes saisons.
Ce qui fait l’originalité et la beauté de ce domaine, c’est la maitrise de la perspective, et de l’agencement des couleurs, des textures et des formes. Quelques arbres délicatement fleuris, camélias, magnolias dominent loniceras taillés en nuages, viornes rares, bambous dénudés jusqu’à mi tronc. A leurs pieds s’épanouissent iris japonais, coussins de bruyère et graminées variées. Une grande leçon de jardinage.

JP en tire quelques conclusions. Et au matin de Pâques, dès 9h, nous arpentons la fête des fleurs de la Roche de Glun, dans le cadre idyllique du golfe des Musards. Tous les pépiniéristes de la région s’y sont donné rendez-vous, et la profusion de plantes, de fleurs, d’arbres est un régal pour les yeux. Collection de cactus, de bulbes, rosiers anciens, plantes méditerranéennes, vivaces, rustiques, aromatiques, on ne sait plus où donner de la tête.
Je choisis un basilic pourpre, JP une menthe bergamote, puis nous craquons pour des dipladenias jaunes et rouges, un rosier liane couvert de boutons, des œillets bicolores, des genêts roses et blancs, les iris japonais de Borja…
Tout ça, c’est pour fleurir notre jardin de Delle ! Pour emporter avec nous un peu de Vallée du Rhône. Le coffre de la voiture ressemble à une serre.

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