lundi 29 juin 2026

Graff en Vallée, un festival qui colore les murs

Chacun connaît Saint-Nazaire-en-Royans, son aqueduc et son bateau à roue sur l’Isère. On y passe souvent sans s’arrêter, sur la route du Vercors, alors que le centre ancien du village mérite le détour. Plus encore depuis qu’une association de graffeurs, Graff en Vallée, y organise chaque année au début de l’été une semaine de création de fresques murales. Cette année, les artistes réaliseront leurs œuvres sur place du 10 au 20 juillet.

Qu’ils travaillent au pinceau, à la bombe, à la brosse, au rouleau ou même au pulvérisateur, qu’ils utilisent la peinture à l’huile, le pastel, le collage, la vingtaine de graffeurs invités interrogent tous notre monde, à travers des sujets naturalistes, mythologiques ou carrément psychédéliques. Ce sont des professionnels qui viennent de Valence, Grenoble, Lyon ou Paris, du Mexique ou du Brésil.  Invités par Raffu, artiste local, pour le festival Graff en Vallée, ils apprécient cette semaine de rencontres et de création, où ils sont accueillis et logés au pays.

Leurs graffs, qui nécessitent des heures ou des jours de travail, suivant la dimension, vont recouvrir les murs oubliés de Saint-Nazaire et le parc du Château Laurent, leur donnant un nouvel éclat ludique. Ne manquez pas de vous arrêter pour les découvrir, et mieux encore de faire cet été la visite guidée Street art, organisée depuis l’office de tourisme (au départ du bateau). Une belle promotion des arts graphiques en milieu rural.

  • Les festivités commencent à Saint-Nazaire-en-Royans (26190) le 28 juin avec un atelier, repas et tombola Street art.
  • La semaine Graff en Vallée se déroule du 10 au 20 juillet.
  • Une création à l’’Artsolite à St Jean en Royans est prévue du 20 au 26 juillet.
  • Et toute l’année, on peut profiter des œuvres réalisées en se baladant dans le village.
  • Réservation :  06 14 42 99 15 
Article publié dans le JTT le jeudi 25 juin 2026.

jeudi 25 juin 2026

Les écoliers tainois reçus à Grignan

Lundi matin, une joyeuse troupe de CE2 de l'école Jean Moulin , accompagnés par leur institutrice Véronique Pic et l’historien Michel Cotte, a pris le bus pour Grignan. La sortie était offerte par l’association VMF (Vieilles Maisons de France), une association privée de sauvegarde du patrimoine, qui organise chaque année depuis 2016 pour les scolaires un concours intitulé « Le Patrimoine, toute une histoire ».

Cette année, le thème choisi étant « patrimoine industriel » l’institutrice V. Pic a immédiatement rebondi : à Tain, on fêtait le bicentenaire de la passerelle Seguin ! Pendant toute l’année scolaire, elle a multiplié les recherches historiques avec ses élèves, sollicitant M. Cotte, la bibliothèque, l’office du tourisme… Les enfants ont ainsi parcouru l’histoire de Tain, en explorant la géographie, la technologie, les arts plastiques (une exposition de leurs maquettes de la passerelle a même été réalisée). Avant de créer une affiche et un flyer pour répondre au concours.


Quand il a été question de mettre un emblème sur leur passerelle, les élèves ont proposé Madame de Sévigné, qui fait aussi partie de l’histoire de Tain, par son naufrage. Sans le sauvetage par les mariniers locaux, on ne la connaîtrait guère ! Mais ce qui a plus frappé les enfants dans cette épopée, c’est que la marquise n’a pas pu remercier elle-même le notable qui l’avait hébergée, car à l’époque une femme ne pouvait pas écrire à un homme qui n’était pas de sa famille. Ils ont décidé, sous la direction de Véronique, d’écrire des lettres à sa place… Et ce qui n’était qu’un exercice de français est devenu une expo présentée au château de Grignan ce printemps.

Double reconnaissance donc pour la classe de CE2, qui a aussi obtenu le 1er prix départemental de VMF ainsi que le 2e prix régional avec son projet. C’est donc à Grignan, invités par VMF, que les élèves ont reçu leur diplôme, ainsi qu’un abonnement à une revue artistique et du matériel pédagogique, après avoir profité d’une exceptionnelle visite du château. Une belle aventure, avec des rebondissements riches en apprentissages, pour laquelle il faut rendre hommage à Véronique Pic, la cheville ouvrière du projet, elle-même passionnée de patrimoine.

Article publié dans le JTT  du jeudi 25 juin  2026.

vendredi 19 juin 2026

Balade en Côte Rôtie

Située entre Condrieu et Ampuis, la petite commune de Tupin-et-Semons a admirablement mis en valeur son patrimoine de Côte Rôtie en installant un belvédère original, à 293 m de hauteur. Ce balcon sur le vignoble, inauguré en 2024, permet aux visiteurs de contempler un panorama à couper le souffle sur les coteaux viticoles et jusqu’au Rhône. Pour le faire découvrir, la municipalité a aussi mis en place des sentiers, dont celui des grands crus, qui permettent aux amateurs de viticulture de comprendre l’histoire du célèbre vignoble.

A côté du belvédère, l’église Notre-Dame-de-Semons mérite une visite, pour sa bannière de procession et sa statue en bois de Vierge à l’Enfant. Autrefois, une autre Vierge de pierre décorait son porche. Elle surveillant la navigation et le patron marinier qui oubliait de la saluer par un « Je vous salue Marie » était mis à l’amende par son équipage.

Un sentier en bas des coteaux conduit à l’autre site remarquable du village : l’île du Beurre, sur le Rhône. Un nom dérivé du mot bièvre, ou ber, ancien nom du castor. Séparée de la Viarhôna par une lône, la nature y est restée intacte et l’île est devenue une terre d’asile pour les espèces sauvages. Depuis les cabanes d’affût et les observatoires installés au fil de l’eau, on peut surprendre martin-pêcheur, héron cendré, grand cormoran, aigrette, ragondin et castor…

Par un jour de canicule, il faut privilégier le matin pour aller au belvédère, pour ne pas rôtir dans la côte, avant de pique-niquer ensuite dans la fraîcheur de l’île. La dégustation de Côte Rôtie est en option !





mardi 16 juin 2026

Nicolas Bouvier à Montélimar

Figure majeure du récit de voyage, Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain et photographe suisse, auteur de plusieurs ouvrages dont le fameux L’Usage du Monde, la bible de tous les écrivains voyageurs. Le Musée d’art contemporain du Centre Saint-Martin à Montélimar accueille une exposition de ses œuvres sous le titre « Voyage au Levant ».

Les écrits de Nicolas Bouvier accompagnent les photos prises lors de ses trois séjours au Japon (1955-1956, 1964-1966 et 1970). Ses images dialoguent avec celles d’autres photographes qui illustrent l’archipel à la même période, comme Werner Bischof, William Klein, Henri Cartier-Bresson. Mais aussi avec la collection d’estampes de l’époque Edo (1603-1868) du peintre Pierre Boncompain, qui a fait l’objet d’une donation au musée.

Nicolas Bouvier, dès l’enfance, se passionnait pour les atlas et les cartes et rêvait de voyager. Il a réalisé son rêve. À 19 ans, il est envoyé en reportage en Finlande puis, deux ans plus tard, traverse le Sahara algérien à la demande de quotidiens genevois.  En 1951, il effectue un premier voyage au long cours de Venise jusqu’à Istanbul. Puis, en juin 1953, avec son camarade de collège le peintre Thierry Vernet, il part en Fiat Topolino de Belgrade à Kaboul, en traversant la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran et le Pakistan. La débrouillardise est nécessaire : avant le départ, ils apprennent à démonter et remonter entièrement la Fiat ! Cette première expérience fondamentale de l’itinérance est racontée par Bouvier dans L’Usage du monde, illustrée par les dessins à l’encre de Thierry Vernet.

Après un an et demi de voyage à deux, Nicolas Bouvier continue seul à travers l’Inde, afin de gagner la Chine, puis Ceylan. En octobre 1955, il quitte Ceylan pour le Japon où il reste une année, rédigeant pour vivre des articles pour les magazines japonais ou suisses. Il découvre la photo. Il rentre en Suisse fin 1956. Avec son épouse Éliane, il retourne ensuite vivre au Japon de 1964 à 1965. Puis en 1970, à l’occasion de l’exposition universelle d’Osaka. Trois ouvrages, fruits de ces voyages, Japon (1967), Chronique japonaise (1975) et les poèmes en prose édités en 1982, sont présentés à Montélimar, ainsi que des enregistrements audio et vidéo.

Nicolas Bouvier a continué de parcourir et d’écrire le monde jusqu’à son décès à Genève en 1998. Son œuvre est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature de voyage. On connaît particulièrement sa citation « On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.

Nicolas Bouvier, Voyage au Levant, du 12 mai au 31 octobre 2026 au MAC de Montélimar.

jeudi 11 juin 2026

En avion au-dessus du Vercors

La Drôme est riche en petits aérodromes, avec notamment Saint-Rambert d’Albon, Romans et Valence-Chabeuil. De là, des pilotes proposent une virée dans les airs sur demande. C’est au Creux de la Thine que nous avons rendez-vous, à 14h, un jour de grand soleil. Un petit avion rouge et blanc est posé sur la pelouse, un Robin qui peut charger 3 personnes maximum. Le pilote nous accueille et nous mettons au point le parcours : survoler le Vercors.

Monter dans l’avion, c’est un peu sportif, car un tout petit passage est ménagé sur l’aile, puis il faut se contorsionner pour entrer dans l’habitacle. Ceinture, casque et micro, nous voilà parés. Le pilote déroule sa check liste de vérifications, fait le plein et nous engage sur la longue piste enherbée, face au vent.

Très vite, on prend de l’altitude, et il est difficile pour un néophyte de se repérer car tout défile rapidement. Vitesse 200 km/h, altitude 900 m. La Tour d’Albon disparaît, nous partons vers le sud, le Rhône comme repère. Déjà Tain et Tournon se profilent, les coteaux semblent minuscules. Virage à gauche, direction Romans, puis Barbières et le Vercors. Passage au-dessus de Léoncel, puis le col de la Machine et voilà Vassieux. Le mémorial ressemble à un trait dans la montagne, la piste d’atterrissage des planeurs nazis est évidente. Puis la forêt de Lente se déploie, jusqu’au Royans et aux Quatre montagnes, enfin c’est la spectaculaire descente le long des falaises de la Bourne. La Drôme des collines apparaît comme une mosaïque de petites parcelles agricoles, à peine le temps de distinguer le Palais idéal dans son ilot de verdure, que c’est déjà l’atterrissage.

Conduire un avion en vol semble assez aisé, car le ciel est sans obstacle. C’est trompeur, les dangers surgissent à toute vitesse, et ce sont les contrôleurs aériens auxquels nous sommes branchés dès le départ qui nous avertissent : Un hélicoptère décolle à Valence, un planeur arrive à Vassieux, un avion arrive d’Annonay… Ils suivent notre progression et leurs appels radio crépitent sans cesse pour assurer notre sécurité.

Nous sortons tout étourdis du cockpit. Un vol en petit avion n’a rien à voir avec un vol long-courrier ! Être balloté au moindre courant d’air, se concentrer sur le paysage qui défile, les oreilles saturées par les appels des contrôleurs, c’est tout un ensemble qui perturbe les sens et parfois aussi l’estomac ! Après une heure de vol, nous retrouvons la terre ferme, soulagés et ravis, pour débriefer avec le pilote au bar voisin.

Survoler notre région permet de prendre conscience de sa diversité, sa beauté, sa richesse. Ça mérite bien une centaine d’euros !


Article publié dans le JTT du jeudi 25 juin 2026.

mercredi 3 juin 2026

Le silence d'Emilia

Vinsobres est un charmant village perché de la Drôme provençale. Blotti au milieu des vignes, sillonné de calades pavées et fleuries, c’est un endroit où on se sent bien. Pas étonnant qu’Emilia Opportune y ait posé ses valises il y a 9 ans. C’est à la terrasse ensoleillée du bistrot local qu’elle évoque son livre, Le Silence en Cendres, une autofiction qui lui a permis de se reconstruire après un passé étouffant.

Car l’enfance d’Emilia fut une suite de drames, dont elle n’a jamais pu parler à l’époque, protégée par une amnésie traumatique de 3 ans à 13 ans.  C’est un flash, un malaise inexplicable, ressenti un jour en passant par hasard devant un hôtel minable de Toulon qui lui a ouvert la porte des souvenirs. Et condamnée à un mal-être d’où elle a tout fait pour se sortir, encouragée par son amie médecin.  Aujourd’hui apaisée, l’écriture de son livre lui a permis de plonger une dernière fois au cœur du mal pour en revenir plus forte et assumer son passé.

Emilia est une jeune femme au caractère bien trempé. Rassurée par la présence bienveillante de son mari et ses enfants, elle s’est épanouie dans son métier d’assistante de vie. Tout le monde la connaît à Vinsobres, où elle consacre beaucoup de temps à aider les personnes fragiles. Elle sait tout faire, informatique, ménage, cuisine, soins, et n’a peur de rien. Quand elle a ressenti le besoin d’écrire son histoire, elle l’a fait seule et à sa manière. Confrontée à la jungle des éditeurs, elle a choisi de s’autoéditer et d’organiser sa propre commercialisation.  Bref Emilia assume et assure.

Son récit est fictionnel, mais s’appuie sur son ressenti, dans un style simple et sans pathos. Cette aventure littéraire la passionne, et elle songe déjà à publier une suite en deux versions simultanées : le lecteur choisira s’il veut découvrir l’avenir sombre ou la sérénité retrouvée. Preuve que les drames passés peuvent s’éloigner jusqu’à devenir un jeu de rôles…

« Le silence en cendres » est disponible dans les librairies locales et sur Amazon.

Article publié dans le JTT et dans Regard Magazine de juin 2026.

dimanche 31 mai 2026

Trois concerts décontractés à Tain et Tournon

Un week-end de Pentecôte dédié à la détente et au travail musical dans la vallée du Doux, c’est ce qu’ont vécu 16 adolescents, encadrés par 3 professeurs, de l’école de musique des Côtes d’Arey (commune proche de Reventin-Vaugris). L’orchestre a présenté chaque jour un concert en plein air l’après-midi, le samedi dans les jardins de la mairie de Tain, le dimanche au camping des Foulons et le lundi sur les quais de Tournon.

Sous les bienfaisants ombrages des platanes, les instruments à vent, flûtes, saxo, trompette, cor, clarinette, hautbois … ont mis en valeur un programme consacré entièrement aux Blues Brothers.  Chapeau noir, gestuelle swinguée, la prestation de l’école de musique a été appréciée par un public trop peu nombreux hélas, faute de publicité.

Tous les deux ans, l’école des Côtes d’Arey propose ainsi à ses élèves un temps de convivialité, destiné à renforcer la cohésion du groupe, tout en assurant un travail musical. Son chef Alexis Falempin souligne l’engagement des élèves qui s’autofinancent pour ce séjour, en organisant diverses manifestations tout au long de l’année. Les bienfaits de l’opération sont évidents, à voir le plaisir et l’aisance avec lesquelles les élèves ont donné leurs concerts, entre deux séances de piscine.

Article publié dans le JTT du jeudi 11 juin 2026.

mercredi 27 mai 2026

Aurélien résout vos petites galères

 Aurel multiservices. C’est le nouveau commerce qui s’est ouvert il y a 3 semaines à Tain l’Hermitage. Un commerce de proximité comme on les aime, qui résout tous vos problèmes de cordonnerie, serrurerie et plus encore. Car Aurélien, en plus de ses compétences en tous ces domaines, sait d’abord accueillir et écouter les clients. Pour pouvoir les satisfaire, avec l’amour du travail bien fait.

Aurélien a 38 ans, il exerçait son métier depuis 7 ans à Saint-Vallier quand, lassé de son implantation dans un centre- ville déserté, il a décidé de venir s’installer dans un lieu plus vivant, au cœur de la ville de Tain, sur la N7, face à la place du Taurobole. Et il s’en félicite ! La mairie l’a aidé à trouver un local, l’a soutenu dans les démarches, Aurélien s’est senti accueilli. Et tout de suite la clientèle a afflué. Tennis, sneakers, escarpins, chaussures de rando, bottes … il sait s’occuper de toutes les chaussures, rénover, ajouter un patin, recoller une semelle, un talon, pour qu’on s’y sente bien. Cirages, lacets, semelles, ainsi que ceintures complètent son activité de cordonnerie.

Mais Aurélien a quelque chose en plus : une double formation. Il est aussi un pro des clés, d’appartement, de voiture, de boîte aux lettres, de badges, capable de les refaire à la demande. Sa connaissance pratique se double d’une maîtrise totale des techniques numériques. D’ailleurs, quand le travail est fini, c’est avec une photo et un SMS qu’il avertit son client.

La gravure est une autre corde à son arc, il réalise plaques et tampons, teste même son matériel sur divers supports. Ainsi, il a gravé « je t’aime » sur un fromage de sa voisine Karine, pour l’offrir à sa femme ! Aurélien est un artisan de talent, passionné par son travail, qui n’hésite pas à innover pour la beauté du geste.


Article Jtt  du jeudi 28 mai 2026.

jeudi 21 mai 2026

Un repas chez Marcon


Le plus difficile est de réserver une table, il faut s’y prendre 6 mois à l’avance. Mais une fois le rendez-vous pris, tout n’est plus que luxe, calma et volupté. Saint-Bonnet-le-Froid porte bien son nom en cette journée hivernale. Le restaurant Marcon, labellisé Relais et Châteaux, un peu à l’écart du village, totalement intégré au paysage, domine les montagnes du Velay et du Vivarais. Du garage couvert, un passage vitré orné de sculptures mène au restaurant et à la boutique. Partout, chaleur et lumière, ouverture sur la nature et omniprésence du bois dans l’architecture et la décoration.

Personnel nombreux et attentionné, accueil avec une mini infusion de verveine. La carte offre le choix entre deux menus, Vellave (250€) ou Entre Velay et Vivarais (370€) et un parcours personnalisé. Dans le copieux livre des vins on trouve tous les cépages, les régions et les prix, jusqu’au Romanée-Conti à 9950€ ! Nous prenons l’apéritif conseillé, à base de cointreau et verveine, avant un Crozes-Hermitage de Yann Chave. Et les amuse-bouches défilent, tous plus originaux les uns que les autres. Car déjeuner chez Marcon, ce n’est pas simplement dérouler les plats du menu, c’est découvrir le festival de miniatures qui les entourent : amandes fumées au sapin, cake aux cèpes, chips de lentilles, mousse de topinambour à la noisette, et de merveilleuses bouchées de légumes qui sont autant d’œuvres d’art, avec leur décoration de fleurs et graines délicatement posées à la pince !

Voyage en hiver, c’est le thème inscrit dans l’assiette de présentation du moment. La Haute-Loire et l’Ardèche, frontières naturelles, inspirent au quotidien les recettes du chef, les produits locaux et de saison enrichissent le menu : champignons, châtaignes, cardons. Aujourd’hui, ils accompagnent les rougets en escabèche, lieu jaune de ligne et poularde fermière. Pour agrémenter le repas, qui ne dure pas moins de quatre heures, une visite des cuisines est proposée, on peut y voir Paul Marcon, Bocuse d'Or 2025, en plein travail au milieu de sa brigade. Quant à Jacques et Régis, ils passent vers chaque table pour s’enquérir de notre bien-être. Un échange simple et convivial qui s’accorde à l’esprit des lieux.

Après les fromages et avant le dessert, la farandole des mignardises est un régal des yeux et des papilles, mandarine et courge, chocolat et cèpes, caviar de lentilles, les mélanges audacieux dans des présentations originales forcent l’admiration. Mais comment font-ils ?

Une cinquantaine de personnes travaillent ici, une centaine en comptant le bistrot Coulemelle, l’hôtel, le spa, la boulangerie… La maison Marcon fait vivre le village de Saint-Bonnet-le-Froid, elle l’a totalement redynamisé dans un esprit de partage et de respect de la nature. La fréquenter une fois, pour le plaisir des sens, est une cérémonie gastronomique qui se prépare et qui se goûte.

Article publié dans le JTT du jeudi 21 mai 2026.

mercredi 13 mai 2026

Boffres, patrie de Vincent d'Indy

Le village ardéchois de Boffres domine un beau paysage ouvert, de la campagne vivaroise jusqu’aux Alpes. Bâti sur un promontoire au milieu de châtaigniers, Boffres doit son nom au vent froid qui souffle dans cette région le balfredo. Le village a gardé son caractère moyenâgeux, des artisans s’y sont installés, et en grimpant à travers ses calades, on arrive à une haute tour du 13e siècle, vestige du château médiéval. A côté, l’ancienne chapelle du château, devenue l’église paroissiale, a été âprement disputée pendant les guerres de religion et maintes fois restaurée. Tout autour du village, de nombreuses randonnées permettent de profiter de la nature agricole et d’admirer de belles bâtisses de pierre.



Boffres est le fief de la famille d’Indy, connue surtout par le musicien et compositeur Vincent d’Indy.  Né à Paris en 1851, celui-ci découvre Boffres à l’âge de 13 ans, en vacances chez sa grand-mère dans la demeure de Chabret. C’est là qu’il tombe amoureux du Vivarais et de sa cousine, Isabelle de Pampelonne, qu’il épouse en 1875 dans la chapelle de Chabret. Musicien brillant, élève de César Franck, sa carrière et sa célébrité commencent dès 1873. Il voyage beaucoup, fréquente Liszt, Wagner, Brahms. En 1896, il fonde à Paris avec ses amis Charles Bordes et Alexandre Guilmant la Schola Cantorum, prestigieuse école de musique, dont il assure la direction jusqu’à sa mort en 1931.

En 1880 il achète un terrain à Boffres et fait appel à un architecte valentinois, Ernest Tracol, élève de Viollet-le-Duc, pour faire construire un château sur une terrasse surplombant la campagne, avec vue sur le Mont-Blanc. La famille s’y installe en 1890. Vincent d’Indy vit à Paris, mais passe trois mois chaque été à Boffres, où la nature l’inspire beaucoup. Il y invite de nombreux artistes jusqu’en 1920. Son arrière-petit-fils, Christophe d’Indy a restauré le château pour en faire une résidence hôtelière de luxe.

Mais à Boffres, l’ambiance reste plutôt simple et écolo, on cultive le local et la convivialité, avec deux auberges, des gîtes, une bibliothèque et une animation festive régulière. Seul bémol, aucune manifestation ne rend hommage à l’enfant du pays, Vincent d’Indy, le compositeur de la symphonie Cévenole ! 

Article publié dans le JTT et La Tribune du jeudi 14 mai 2026.

mercredi 6 mai 2026

Coeur noir, de Silvia Avallone

Dans un minuscule village de montagne, Emilia, une jeune femme déjantée, vient s’installer provisoirement. De sa fenêtre, Bruno, l’unique habitant, l’observe, il n’apprécie pas cette intrusion dans son espace de solitude. Chacun des deux protagonistes porte en lui un lourd passé, chacun essaie de survivre à sa façon. La relation qui va se nouer entre eux, dans un silence total sur leurs problèmes, sera source de malaise jusqu’au jour où toute la vérité explosera.

Une histoire passionnante, bouleversante, une étude au scalpel de la culpabilité et de ses ravages. Pour Silvia Avallone, la vie parfaite n’existe pas, son roman ouvre vers une résilience, possible mais chaotique. Le somptueux cadre de montagne constitue un remède aux peines existentielles, car la beauté de la nature peut soigner les âmes meurtries. Mais cela ne suffit pas, il faut faire éclater les non-dits.

Silvia Avallone est un des grands noms de la littérature italienne contemporaine. Née à Biella dans les Alpes piémontaises, en 1984, elle a connu un succès immédiat dès son premier roman, en 211 : D’acier. Ses romans, situés autour de Bologne où elle vit, approfondissent les problèmes de société actuels sans misérabilisme mais avec beaucoup d’acuité.

Son roman est disponible en Piccolo chez Liana Levi.

Chronique publiée dans le JTT. 


jeudi 30 avril 2026

Surya Bonaly vue par Chloé Célérien : "Le feu sur la glace ", un roman graphique


Chloé est née à Valence en 1982 dans une famille passionnée de sport. Son père était l’entraîneur du Valence Sportif, l’équipe de rugby locale, au stade des Baumes. Après un cursus scolaire au lycée Saint-Victor, elle a poursuivi ses études à Sciences Po Grenoble, option journalisme. Et comme très tôt elle avait voulu jouer au rugby, et qu’on lui avait répondu « ce n’est pas un sport de fille », elle y a créé la première équipe de rugby féminin. Pas étonnant non plus que son mémoire final s’intitule « La place des femmes dans le journalisme sportif ». Rebelle, elle aussi.

Montée ensuite à Paris, elle a travaillé à la TV pendant 15 ans comme journaliste, notamment aux côtés de Thierry Ardisson. Avant de se tourner vers une nouvelle voie, l’écriture de BD. Le Covid a été déterminant dans sa décision de changer de vie. Résultat : déjà 4 BD à son actif, toujours en lien avec le sport. En 2021, « Générations poing levé » raconte l’histoire de 10 sportifs qui ont pris des risques, Mohamed Ali, Socrates, Megan Rapinoe… Ont suivi en 2025 des ouvrages sur la footballeuse Grace Geyoro, puis sur les célèbres joueurs de ping-pong, les frères Lebrun (sous forme de manga). Aujourd’hui, c’est Surya Bonaly, la célèbre patineuse qui est à l’honneur. Chloé s’entoure de graphistes et coloristes pour illustrer ses ouvrages.

Une amitié est née entre Surya et Chloé, depuis l’écriture de « Générations Poing levé » où Surya figurait en bonne place. Car sa carrière illustre parfaitement le thème, une lutte constante contre les préjugés. Être noire, athlétique, coachée par sa mère, qui créait aussi ses tenues éclatantes, n’entraient pas dans les critères du monde du patinage il y a 30 ans. Surya après avoir brillé pendant des années aux championnats de France, d’Europe et du monde, a terminé sa carrière en amateur en osant le backflip, un saut interdit en compétition, aux J.O. de Nagano en 1998. Et en étant éliminée. Alors qu’aujourd’hui ce saut est repris et plébiscité par le champion Ilia Malinin.

Chloé, parallèlement à son activité d’écriture, est maintenant reconnue comme experte en éducation à travers le sport. Elle multiplie les interventions dans les écoles, collèges, lycées et structures sociales pour faire réfléchir sur le sexisme, le racisme et promouvoir l’éducation à travers le sport. Elle revient régulièrement en terre familiale, intervient dans des lycées à Romans et Valence. Le 20 mars, son exposé à la fac de sport de Valence a été très éclairant sur les combats qu’il faut encore mener quand on est une sportive. Car si de nombreux sports ne sont plus interdits aux femmes, ce sont encore les hommes qui dictent les règlements, comme par exemple pour le choix des tenues imposées (sexy mais pas pratiques), pour la visibilité dans les médias (limitée), et surtout pour l’attribution des salaires !

Article publié dans Regard Magazine de mars 2026.

jeudi 23 avril 2026

Tain et la marquise de Sévigné

Cette année on célèbre à Grignan le 400e anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné, en 1626, avec une multitude d’animations et d’expositions. Pourtant, elle n’est pas née à Grignan ! Elle venait y visiter sa fille, à qui, entre deux séjours, elle écrivait depuis Paris environ une lettre par jour, d’où la fameuse Correspondance.

La ville de Tain a elle aussi une importance essentielle, mais peu connue, dans la vie de la Marquise : c’est là qu’elle fut sauvée de la noyade en juillet 1672 par les mariniers locaux. La barque sur laquelle elle voyageait depuis Lyon s’est retournée dans le Rhône furieux. La Marquise en a gardé une hantise du fleuve et une profonde reconnaissance pour le notable qui l’a recueillie, séchée, hébergée, Monsieur Bergier. Comme l’époque interdisait aux femmes d’écrire à des hommes qui n’étaient pas de leurs connaissances, la célèbre épistolière n’a pas pu remercier par lettre son hôte. C’est donc son gendre, François de Grignan, qui adressa ensuite ses remerciements à Monsieur Bergier.

Quand les élèves du CE2 de l’école Jean Moulin de Tain ont pris connaissance de cette histoire, ils ont été passionnés. Véronique Pic, leur institutrice, a alors demandé aux enfants d’écrire à la place de Madame de Sévigné une lettre de remerciement à Monsieur Bergier. Leurs lettres sont actuellement exposées au château de Grignan, jusqu’au 3 mai, accompagnées de la maquette de la passerelle qui symbolise le Rhône et rappelle leur projet scolaire « Patatrac ».

Cela donne des idées d’animation festive à Tain. Si on imaginait une reconstitution du naufrage qui mobiliserait toutes les énergies de la ville ? Le bateau se renverserait (club d’aviron), une femme de lettres tomberait à l’eau, récupérée par les sauveteurs (pompiers). Emmenée à l’ancienne maison de Monsieur Bergier (actuel office de tourisme), elle serait séchée, soignée. Et le soir on organiserait en son honneur un banquet « royal » (lycée hôtelier), avec musique (OHTT), lectures d’élèves (école), suivi d’un bal « grand siècle (MJC) ...


On peut toujours rêver… que la notoriété de Madame de Sévigné valorise l’image de Tain !

Article publié dans le Jtt du jeudi 23 avril 2026.

dimanche 19 avril 2026

Chronique littéraire: Le barman du Ritz, de Philippe Collin

 C’est par un angle de vue totalement original que l’auteur raconte la guerre et l’occupation à Paris, entre 1939 et 1945. Au Ritz, le plus chic établissement de la capitale, pas de privations ni de fermetures, au contraire, les puissants du jour s’y retrouvent régulièrement pour sabler le champagne et déguster poularde aux truffes ou homard du chef.

La classe politique pétainiste, les artistes compromis avec l’occupant, les dames de petite vertu, se mêlent aux dignitaires nazis qui s’empiffrent. Les collaborateurs, les rois du marché noir, s’invitent à leur tour dans cette société d’apparence et de mensonge. Enfin quand les Américains débarquent, c’est la débandade, mais les bouchons sautent toujours !

Le Barman, Frank Meier, connaît les exigences et les manies de tout ce (beau ?) monde et règne en maître sur la préparation des cocktails. Mais il cache un secret qui pourrait l’envoyer en enfer : il est juif. Et accessoirement il sert de boîte aux lettres pour sauver d’autres juifs… ainsi qu’entre comploteurs allemands voulant assassiner Hitler. Bref, sous des apparences paisibles et raffinées, la guerre et le danger gangrènent le Ritz.

Alternant faits historiques et journal du barman, Philippe Collin, historien et scénariste, nous fait découvrir un envers du décor passionnant et méconnu. Un autre visage de la guerre, vécu par des personnes assoiffées de pouvoir, de luxe, et pas seulement d’alcool.

Le barman du Ritz est accessible à toutes les bourses, puisque disponible au Livre de poche !

 Chronique publiée dans le JTT. 

mercredi 15 avril 2026

LireandCo, une e-librairie qui cartonne

C’est une histoire hors du commun : Maëva et son père ont imaginé une librairie hors du commun au Teil, en Ardèche. Hors du commun par ses dimensions : dans l’entrepôt de 500 m2 sont rangés 13 000 livres ! Hors du commun par sa vocation multifonction : on peut aussi bien y commander des livres neufs qu’acheter des livres d’occasion ou trouver des perles rares. Et surtout hors du commun par sa volonté de participer à l’économie circulaire du livre en recyclant les invendus dans la filière locale de pâte à papier. Pas question de déchetterie !

Lorsque la librairie France Loisirs de Montélimar a fermé ses portes, Maëva, sa responsable depuis 13 ans, a peaufiné son projet de reconversion, secondée par son père Amédée Balayn, artisan fraîchement retraité. Unissant leurs compétences en matière de livre et d’entreprise, ils ont créé Lireandco en novembre 2021, une librairie qui offre une seconde vie à des milliers de livres d’occasion. Et même une troisième, en pâte à papier !

Dès l’annonce de leur projet, ils ont été submergés par l’afflux de livres. Actuellement, ils en reçoivent entre 10 000 et 30 000 par semaine, issus de déménagements, greniers, successions, collections, ou invendus. La gestion de cette quantité est une gageure, tous les livres sont triés, ceux qui seront mis à la vente sont nettoyés et étiquetés, les autres regroupés dans une benne avant de partir par camion en direction de l’entreprise Suez recyclage (500 tonnes l’an dernier).

Maëva est très déterminée et voit plus grand, plus loin. Son objectif est de transformer la librairie traditionnelle ouverte au public en une e-librairie, dans le style de Momox ou Rakuten. Pour cela, la mise en place du site internet a été peaufinée. Tous les ouvrages sont munis d’un QR code qui permet de les retrouver en un clin d’œil dans les différents rayons, romans, documents, BD, enfants, scolaire… Certains ouvrages sont des pépites rarissimes prisées des collectionneurs.

Amédée et Maëva sont en totale symbiose depuis le début de l’aventure Lirandco. Leur détermination et leur engagement ne faiblissent pas. Après avoir surmonté d’interminables difficultés administratives, financières et locales, un passage délicat qui a nécessité le soutien d’une campagne de financement participatif, la librairie a embauché une salariée, Isabelle. Avec Geneviève, la bénévole, l’équipe est donc au complet. Quand Maëva développe et commercialise, Amédée s’occupe de toute la partie logistique : récupération des livres, tri, nettoyage et préparation des commandes. C’est même lui qui a construit les premières étagères de la librairie.

Dans cette caverne d’Ali Baba, toute l'équipe accueille chaleureusement et oriente professionnellement les clients. Lirandco multiplie de plus les opérations promotionnelles et accepte Pass culture et Pass région. La visite des lieux au Teil est une expérience extraordinaire, une totale immersion dans le monde des livres, et donc une ouverture sur celui des rêves.

https://www.lirandco.fr/

Allée Henri Lextrait, 07400 Le Teil

Article publié dans le JTT du jeudi 16 avril 2026.

samedi 11 avril 2026

Plumes et oiseaux au Palais Idéal

Le facteur Cheval a parsemé son Palais de plusieurs nids d’oiseaux, messagers entre ciel et terre. L’exposition temporaire PARADE, dans l’espace muséal, est une invitation à les célébrer dans une symphonie de couleurs et matières.

Les grandes tapisseries lumineuses de Dom Robert (1907-1997), figure majeure de la tapisserie d’Aubusson, initié par Jean Lurçat, déploient une nature foisonnante où oiseaux, fleurs et feuillages traduisent une célébration du monde. Face à elles, les sculptures en plumes de Kate MccGwire (Anglaise née en 1964) convoquent l’oiseau d’une tout autre manière. Ses enchevêtrements de plumes, aux textures soyeuses et miroitantes, donnent forme à des créations énigmatiques et poétiques, mais surtout extraordinaires.

L’oiseau n’est pas le seul point commun des deux artistes avec Ferdinand Cheval ! Tapisseries ou décors abstraits de plumes, les œuvres exposées sont le fruit d’une répétition infinie de gestes, Dom Robert comme Kate MccGwire ayant la même patience, la même ténacité, que le célèbre facteur. Récolte des laines ou des plumes, tri puis assemblage minutieux, donnent un résultat final jubilatoire, dans les couleurs flamboyantes de la tapisserie ou le mystère des plumes assemblées.

Une exposition superbe, qui séduit d’emblée tous les publics. Pas besoin d’explication : la beauté suffit pour engendrer l’émotion.

Exposition Parade, du 13 décembre au 20 avril 2026 au Palais Idéal du Facteur Cheval, à Hauterives, Drôme.

Article publié dans le JTT du jeudi 16 avril 2026.


vendredi 3 avril 2026

Le Japon à Charmes, par Marlyse Changeas

Marlyse revient d’un voyage au Japon exceptionnel tant par les rencontres avec d’authentiques Japonais, producteur de riz, fabricant de saké, calligraphe, que par les visions classiques : tourbillon frénétique de Tokyo, traditions de Kyoto, gastronomie d’Osaka… Il y avait tant de facettes  à mettre en valeur que Marlyse a choisi un lieu immense et atypique pour exposer ses photos : l’ancienne usine
Bellevue, au bord de l’Embroye, à Charmes-sur-Rhône. Dans ce cadre bucolique, le bâtiment restauré permet de s’immerger totalement dans un ailleurs … japonisant.


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Marlyse y présente ses clichés originaux, la vidéo de son voyage et un superbe livre de photos artistiques « Japon » qui témoigne de son expérience esthétique et émotionnelle. Ce voyage, réalisé en octobre 2025, elle l’avait soigneusement préparé en prenant des cours de japonais pendant un an avec l’association Tanabata de Saint-Péray. Tanabata propose d’ailleurs des animations japonaises autour de l’expo: origami, fleurs en tissu kanzashi, calligraphie…

Marlyse Changeas est photographe professionnelle, son atelier est situé à Etoile, mais elle travaille sur toute la région Drôme-Ardèche. En dehors des classiques photos de famille ou de mariage, cette passionnée de cuisine s’est spécialisée en photo culinaire pour les grands chefs locaux. Après deux livres de recettes, elle a publié en 2025 un ouvrage consacré aux portraits des vignerons de Saint-Péray : « Vignerons et terroir en lumière ». Ancienne élève de Claude Fougeirol, elle sait capter l’émotion et sublimer le détail. Son livre « Japon » est une invitation à la contemplation et au rêve.

Exposition Japon du 20 mars au 20 avril 2026 : A l’usine Bellevue, 1 chemin de la neuve, 07800 Charmes-sur-Rhône.

Pour commander le livre « Japon » : https://www.marlyse-changeas.com/japon

Article publié dans le JTT du jeudi 9 avril 2026.

jeudi 26 mars 2026

Chronique littéraire : Et vous passerez comme des vents fous, de Clara Arnaud

Un grand souffle poétique passe dans ce livre, celui de la montagne sauvage et inhospitalière. Une montagne qui ne connaît que sa loi, malgré les tentatives d’apprivoisement par les humains et les animaux.

L’incompréhension grandit entre deux visions, celle de Gaspard le berger, responsable de 800 brebis dans les Pyrénées. Et celle d’Alma, éthologue, qui étudie le comportement des ours. Tous deux communient avec la montagne, mêlant leur existence à celle des bêtes. Mais comment réguler la cohabitation entre les deux espèces ? Entre les théories idéalistes des scientifiques et la pression des éleveurs qui protestent devant la disparition de leurs bêtes, le conflit est inévitable.

Pour Clara Arnaud, le sujet mythique, c’est l’ours. Elle agrémente son récit en intercalant l’histoire de Jules, un montreur d’ours du début du XXe siècle, qui illustre aussi la difficile cohabitation entre l’homme et la bête. Pas de mièvrerie dans son roman, loin des clichés faciles. Pas de promeneurs du dimanche ni de professionnels de l’exploit. La vérité de la montagne est dans l’extrême solitude, là où force de caractère et abnégation vont de pair avec liberté totale.

Clara Arnaud est une écrivaine née à Paris en 1986. Voyageuse au long cours, à cheval, à vélo, en train, elle a sillonné l’Europe, le Canada, la Chine…  et publié de nombreux récits de voyage.

« Et vous passerez comme des vents fous » est disponible en poche chez Actes sud.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 19 mars 2026.

lundi 23 mars 2026

Rebecca et son piano voyageur

Rebecca Chaillot est une pianiste internationale. Elle se produira en concert à la Chapelle des Saints-Coeurs de Tournon dans le cadre des "Voies de Bach"  le samedi 28 mars 2026. Pour Vochora elle interprétera les Variations Goldberg, de J.S. Bach.

Rebecca Chaillot a débuté au piano à l'âge de quatre ans et joué en public des œuvres de Haydn trois ans plus tard. Après de longues années d'études, diplômée des conservatoires de Montpellier et Genève, ainsi que de l'université de Bloomington, dans l'Indiana, elle se produit comme soliste et chambriste partout en Europe et dans le monde.

Car Rebecca a le voyage dans le sang, et elle s’est donné les moyens de satisfaire à ses deux passions, le piano et le voyage, en se dotant d’un robot et d’un camion. Le robot, c’est un pianolift, outil révolutionnaire qui permet à cette frêle jeune femme de transporter seule son instrument. Le camion, c’est un Jumper dans lequel on peut caser les 2 m de hauteur du piano. Et Rebecca peut faire des tournées partout en France, sans avoir besoin de louer un instrument à chaque fois. Elle s’est ainsi produite en octobre dans diverses petites salles de Drôme et Ardèche, Privas, Montbrun-les-Bains, Livron et … Colonzelle, minuscule village de la Drôme provençale.

Colonzelle, c’est désormais le port d’attache de cette Drômoise née à Dieulefit, qui partage l’affiche avec des stars comme Renaud et Gautier Capuçon. En 2018, elle a acheté à Colonzelle une vieille ferme en ruines, l’a restaurée et aménagée pendant 6 ans, pour en faire à la fois un vaste lieu de vie ainsi qu’une salle de spectacle et d’enregistrement. Plus encore, elle y accueille des artistes en résidence, donne des concerts et des masters class avec des musiciens de renom : Edna Stern (piano), Henri Demarquette (violoncelle) ...

Le Petit Palais de Chaillot, c’est le nom malicieux qu’elle a donné à ce lieu magique dédié à la musique. Elle y a créé en 2018 l’association « musiques transportées » pour promouvoir et développer la musique et l'art, les rendre accessibles à tous. Une cagnotte est actuellement en cours pour restaurer une pièce rare, un piano Bösendorfer, fatigué après 500 concerts en 6 ans.

Si Rebecca a pris récemment l’avion pour donner des concerts en Inde (à Pune (Poona)), en attendant de repartir pour Bangkok, elle rêve d’organiser bientôt un Colonzelle-Pékin avec son piano et son camion. Rien n’effraie cette jeune femme éprise de liberté et d’aventure, pour qui la musique est un langage universel, qui se joue des frontières.

https://www.rebeccachaillot.fr/

https://www.helloasso.com/associations/musiques-transportees

https://vochora.fr/

Article publié dans Regard Magazine de février et dans le JTT du jeudi 19 mars 2026.