mercredi 13 mai 2026

Boffres, patrie de Vincent d'Indy

Le village ardéchois de Boffres domine un beau paysage ouvert, de la campagne vivaroise jusqu’aux Alpes. Bâti sur un promontoire au milieu de châtaigniers, Boffres doit son nom au vent froid qui souffle dans cette région le balfredo. Le village a gardé son caractère moyenâgeux, des artisans s’y sont installés, et en grimpant à travers ses calades, on arrive à une haute tour du 13e siècle, vestige du château médiéval. A côté, l’ancienne chapelle du château, devenue l’église paroissiale, a été âprement disputée pendant les guerres de religion et maintes fois restaurée. Tout autour du village, de nombreuses randonnées permettent de profiter de la nature agricole et d’admirer de belles bâtisses de pierre.



Boffres est le fief de la famille d’Indy, connue surtout par le musicien et compositeur Vincent d’Indy.  Né à Paris en 1851, celui-ci découvre Boffres à l’âge de 13 ans, en vacances chez sa grand-mère dans la demeure de Chabret. C’est là qu’il tombe amoureux du Vivarais et de sa cousine, Isabelle de Pampelonne, qu’il épouse en 1875 dans la chapelle de Chabret. Musicien brillant, élève de César Franck, sa carrière et sa célébrité commencent dès 1873. Il voyage beaucoup, fréquente Liszt, Wagner, Brahms. En 1896, il fonde à Paris avec ses amis Charles Bordes et Alexandre Guilmant la Schola Cantorum, prestigieuse école de musique, dont il assure la direction jusqu’à sa mort en 1931.

En 1880 il achète un terrain à Boffres et fait appel à un architecte valentinois, Ernest Tracol, élève de Viollet-le-Duc, pour faire construire un château sur une terrasse surplombant la campagne, avec vue sur le Mont-Blanc. La famille s’y installe en 1890. Vincent d’Indy vit à Paris, mais passe trois mois chaque été à Boffres, où la nature l’inspire beaucoup. Il y invite de nombreux artistes jusqu’en 1920. Son arrière-petit-fils, Christophe d’Indy a restauré le château pour en faire une résidence hôtelière de luxe.

Mais à Boffres, l’ambiance reste plutôt simple et écolo, on cultive le local et la convivialité, avec deux auberges, des gîtes, une bibliothèque et une animation festive régulière. Seul bémol, aucune manifestation ne rend hommage à l’enfant du pays, Vincent d’Indy, le compositeur de la symphonie Cévenole ! 

Article publié dans le JTT et La Tribune du jeudi 14 mai 2026.

mercredi 6 mai 2026

Coeur noir, de Silvia Avallone

Dans un minuscule village de montagne, Emilia, une jeune femme déjantée, vient s’installer provisoirement. De sa fenêtre, Bruno, l’unique habitant, l’observe, il n’apprécie pas cette intrusion dans son espace de solitude. Chacun des deux protagonistes porte en lui un lourd passé, chacun essaie de survivre à sa façon. La relation qui va se nouer entre eux, dans un silence total sur leurs problèmes, sera source de malaise jusqu’au jour où toute la vérité explosera.

Une histoire passionnante, bouleversante, une étude au scalpel de la culpabilité et de ses ravages. Pour Silvia Avallone, la vie parfaite n’existe pas, son roman ouvre vers une résilience, possible mais chaotique. Le somptueux cadre de montagne constitue un remède aux peines existentielles, car la beauté de la nature peut soigner les âmes meurtries. Mais cela ne suffit pas, il faut faire éclater les non-dits.

Silvia Avallone est un des grands noms de la littérature italienne contemporaine. Née à Biella dans les Alpes piémontaises, en 1984, elle a connu un succès immédiat dès son premier roman, en 211 : D’acier. Ses romans, situés autour de Bologne où elle vit, approfondissent les problèmes de société actuels sans misérabilisme mais avec beaucoup d’acuité.

Son roman est disponible en Piccolo chez Liana Levi.


jeudi 30 avril 2026

Surya Bonaly vue par Chloé Célérien : "Le feu sur la glace ", un roman graphique


Chloé est née à Valence en 1982 dans une famille passionnée de sport. Son père était l’entraîneur du Valence Sportif, l’équipe de rugby locale, au stade des Baumes. Après un cursus scolaire au lycée Saint-Victor, elle a poursuivi ses études à Sciences Po Grenoble, option journalisme. Et comme très tôt elle avait voulu jouer au rugby, et qu’on lui avait répondu « ce n’est pas un sport de fille », elle y a créé la première équipe de rugby féminin. Pas étonnant non plus que son mémoire final s’intitule « La place des femmes dans le journalisme sportif ». Rebelle, elle aussi.

Montée ensuite à Paris, elle a travaillé à la TV pendant 15 ans comme journaliste, notamment aux côtés de Thierry Ardisson. Avant de se tourner vers une nouvelle voie, l’écriture de BD. Le Covid a été déterminant dans sa décision de changer de vie. Résultat : déjà 4 BD à son actif, toujours en lien avec le sport. En 2021, « Générations poing levé » raconte l’histoire de 10 sportifs qui ont pris des risques, Mohamed Ali, Socrates, Megan Rapinoe… Ont suivi en 2025 des ouvrages sur la footballeuse Grace Geyoro, puis sur les célèbres joueurs de ping-pong, les frères Lebrun (sous forme de manga). Aujourd’hui, c’est Surya Bonaly, la célèbre patineuse qui est à l’honneur. Chloé s’entoure de graphistes et coloristes pour illustrer ses ouvrages.

Une amitié est née entre Surya et Chloé, depuis l’écriture de « Générations Poing levé » où Surya figurait en bonne place. Car sa carrière illustre parfaitement le thème, une lutte constante contre les préjugés. Être noire, athlétique, coachée par sa mère, qui créait aussi ses tenues éclatantes, n’entraient pas dans les critères du monde du patinage il y a 30 ans. Surya après avoir brillé pendant des années aux championnats de France, d’Europe et du monde, a terminé sa carrière en amateur en osant le backflip, un saut interdit en compétition, aux J.O. de Nagano en 1998. Et en étant éliminée. Alors qu’aujourd’hui ce saut est repris et plébiscité par le champion Ilia Malinin.

Chloé, parallèlement à son activité d’écriture, est maintenant reconnue comme experte en éducation à travers le sport. Elle multiplie les interventions dans les écoles, collèges, lycées et structures sociales pour faire réfléchir sur le sexisme, le racisme et promouvoir l’éducation à travers le sport. Elle revient régulièrement en terre familiale, intervient dans des lycées à Romans et Valence. Le 20 mars, son exposé à la fac de sport de Valence a été très éclairant sur les combats qu’il faut encore mener quand on est une sportive. Car si de nombreux sports ne sont plus interdits aux femmes, ce sont encore les hommes qui dictent les règlements, comme par exemple pour le choix des tenues imposées (sexy mais pas pratiques), pour la visibilité dans les médias (limitée), et surtout pour l’attribution des salaires !

Article publié dans Regard Magazine de mars 2026.

jeudi 23 avril 2026

Tain et la marquise de Sévigné

Cette année on célèbre à Grignan le 400e anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné, en 1626, avec une multitude d’animations et d’expositions. Pourtant, elle n’est pas née à Grignan ! Elle venait y visiter sa fille, à qui, entre deux séjours, elle écrivait depuis Paris environ une lettre par jour, d’où la fameuse Correspondance.

La ville de Tain a elle aussi une importance essentielle, mais peu connue, dans la vie de la Marquise : c’est là qu’elle fut sauvée de la noyade en juillet 1672 par les mariniers locaux. La barque sur laquelle elle voyageait depuis Lyon s’est retournée dans le Rhône furieux. La Marquise en a gardé une hantise du fleuve et une profonde reconnaissance pour le notable qui l’a recueillie, séchée, hébergée, Monsieur Bergier. Comme l’époque interdisait aux femmes d’écrire à des hommes qui n’étaient pas de leurs connaissances, la célèbre épistolière n’a pas pu remercier par lettre son hôte. C’est donc son gendre, François de Grignan, qui adressa ensuite ses remerciements à Monsieur Bergier.

Quand les élèves du CE2 de l’école Jean Moulin de Tain ont pris connaissance de cette histoire, ils ont été passionnés. Véronique Pic, leur institutrice, a alors demandé aux enfants d’écrire à la place de Madame de Sévigné une lettre de remerciement à Monsieur Bergier. Leurs lettres sont actuellement exposées au château de Grignan, jusqu’au 3 mai, accompagnées de la maquette de la passerelle qui symbolise le Rhône et rappelle leur projet scolaire « Patatrac ».

Cela donne des idées d’animation festive à Tain. Si on imaginait une reconstitution du naufrage qui mobiliserait toutes les énergies de la ville ? Le bateau se renverserait (club d’aviron), une femme de lettres tomberait à l’eau, récupérée par les sauveteurs (pompiers). Emmenée à l’ancienne maison de Monsieur Bergier (actuel office de tourisme), elle serait séchée, soignée. Et le soir on organiserait en son honneur un banquet « royal » (lycée hôtelier), avec musique (OHTT), lectures d’élèves (école), suivi d’un bal « grand siècle (MJC) ...


On peut toujours rêver… que la notoriété de Madame de Sévigné valorise l’image de Tain !

Article publié dans le Jtt du jeudi 23 avril 2026.

dimanche 19 avril 2026

Chronique littéraire: Le barman du Ritz, de Philippe Collin

 C’est par un angle de vue totalement original que l’auteur raconte la guerre et l’occupation à Paris, entre 1939 et 1945. Au Ritz, le plus chic établissement de la capitale, pas de privations ni de fermetures, au contraire, les puissants du jour s’y retrouvent régulièrement pour sabler le champagne et déguster poularde aux truffes ou homard du chef.

La classe politique pétainiste, les artistes compromis avec l’occupant, les dames de petite vertu, se mêlent aux dignitaires nazis qui s’empiffrent. Les collaborateurs, les rois du marché noir, s’invitent à leur tour dans cette société d’apparence et de mensonge. Enfin quand les Américains débarquent, c’est la débandade, mais les bouchons sautent toujours !

Le Barman, Frank Meier, connaît les exigences et les manies de tout ce (beau ?) monde et règne en maître sur la préparation des cocktails. Mais il cache un secret qui pourrait l’envoyer en enfer : il est juif. Et accessoirement il sert de boîte aux lettres pour sauver d’autres juifs… ainsi qu’entre comploteurs allemands voulant assassiner Hitler. Bref, sous des apparences paisibles et raffinées, la guerre et le danger gangrènent le Ritz.

Alternant faits historiques et journal du barman, Philippe Collin, historien et scénariste, nous fait découvrir un envers du décor passionnant et méconnu. Un autre visage de la guerre, vécu par des personnes assoiffées de pouvoir, de luxe, et pas seulement d’alcool.

Le barman du Ritz n'est pas réservé aux riches, puisque disponible au Livre de poche !

 

mercredi 15 avril 2026

LireandCo, une e-librairie qui cartonne

C’est une histoire hors du commun : Maëva et son père ont imaginé une librairie hors du commun au Teil, en Ardèche. Hors du commun par ses dimensions : dans l’entrepôt de 500 m2 sont rangés 13 000 livres ! Hors du commun par sa vocation multifonction : on peut aussi bien y commander des livres neufs qu’acheter des livres d’occasion ou trouver des perles rares. Et surtout hors du commun par sa volonté de participer à l’économie circulaire du livre en recyclant les invendus dans la filière locale de pâte à papier. Pas question de déchetterie !

Lorsque la librairie France Loisirs de Montélimar a fermé ses portes, Maëva, sa responsable depuis 13 ans, a peaufiné son projet de reconversion, secondée par son père Amédée Balayn, artisan fraîchement retraité. Unissant leurs compétences en matière de livre et d’entreprise, ils ont créé Lireandco en novembre 2021, une librairie qui offre une seconde vie à des milliers de livres d’occasion. Et même une troisième, en pâte à papier !

Dès l’annonce de leur projet, ils ont été submergés par l’afflux de livres. Actuellement, ils en reçoivent entre 10 000 et 30 000 par semaine, issus de déménagements, greniers, successions, collections, ou invendus. La gestion de cette quantité est une gageure, tous les livres sont triés, ceux qui seront mis à la vente sont nettoyés et étiquetés, les autres regroupés dans une benne avant de partir par camion en direction de l’entreprise Suez recyclage (500 tonnes l’an dernier).

Maëva est très déterminée et voit plus grand, plus loin. Son objectif est de transformer la librairie traditionnelle ouverte au public en une e-librairie, dans le style de Momox ou Rakuten. Pour cela, la mise en place du site internet a été peaufinée. Tous les ouvrages sont munis d’un QR code qui permet de les retrouver en un clin d’œil dans les différents rayons, romans, documents, BD, enfants, scolaire… Certains ouvrages sont des pépites rarissimes prisées des collectionneurs.

Amédée et Maëva sont en totale symbiose depuis le début de l’aventure Lirandco. Leur détermination et leur engagement ne faiblissent pas. Après avoir surmonté d’interminables difficultés administratives, financières et locales, un passage délicat qui a nécessité le soutien d’une campagne de financement participatif, la librairie a embauché une salariée, Isabelle. Avec Geneviève, la bénévole, l’équipe est donc au complet. Quand Maëva développe et commercialise, Amédée s’occupe de toute la partie logistique : récupération des livres, tri, nettoyage et préparation des commandes. C’est même lui qui a construit les premières étagères de la librairie.

Dans cette caverne d’Ali Baba, toute l'équipe accueille chaleureusement et oriente professionnellement les clients. Lirandco multiplie de plus les opérations promotionnelles et accepte Pass culture et Pass région. La visite des lieux au Teil est une expérience extraordinaire, une totale immersion dans le monde des livres, et donc une ouverture sur celui des rêves.

https://www.lirandco.fr/

Allée Henri Lextrait, 07400 Le Teil

Article publié dans le JTT du jeudi 16 avril 2026.

samedi 11 avril 2026

Plumes et oiseaux au Palais Idéal

Le facteur Cheval a parsemé son Palais de plusieurs nids d’oiseaux, messagers entre ciel et terre. L’exposition temporaire PARADE, dans l’espace muséal, est une invitation à les célébrer dans une symphonie de couleurs et matières.

Les grandes tapisseries lumineuses de Dom Robert (1907-1997), figure majeure de la tapisserie d’Aubusson, initié par Jean Lurçat, déploient une nature foisonnante où oiseaux, fleurs et feuillages traduisent une célébration du monde. Face à elles, les sculptures en plumes de Kate MccGwire (Anglaise née en 1964) convoquent l’oiseau d’une tout autre manière. Ses enchevêtrements de plumes, aux textures soyeuses et miroitantes, donnent forme à des créations énigmatiques et poétiques, mais surtout extraordinaires.

L’oiseau n’est pas le seul point commun des deux artistes avec Ferdinand Cheval ! Tapisseries ou décors abstraits de plumes, les œuvres exposées sont le fruit d’une répétition infinie de gestes, Dom Robert comme Kate MccGwire ayant la même patience, la même ténacité, que le célèbre facteur. Récolte des laines ou des plumes, tri puis assemblage minutieux, donnent un résultat final jubilatoire, dans les couleurs flamboyantes de la tapisserie ou le mystère des plumes assemblées.

Une exposition superbe, qui séduit d’emblée tous les publics. Pas besoin d’explication : la beauté suffit pour engendrer l’émotion.

Exposition Parade, du 13 décembre au 20 avril 2026 au Palais Idéal du Facteur Cheval, à Hauterives, Drôme.

Article publié dans le JTT du jeudi 16 avril 2026.


vendredi 3 avril 2026

Le Japon à Charmes, par Marlyse Changeas

Marlyse revient d’un voyage au Japon exceptionnel tant par les rencontres avec d’authentiques Japonais, producteur de riz, fabricant de saké, calligraphe, que par les visions classiques : tourbillon frénétique de Tokyo, traditions de Kyoto, gastronomie d’Osaka… Il y avait tant de facettes  à mettre en valeur que Marlyse a choisi un lieu immense et atypique pour exposer ses photos : l’ancienne usine
Bellevue, au bord de l’Embroye, à Charmes-sur-Rhône. Dans ce cadre bucolique, le bâtiment restauré permet de s’immerger totalement dans un ailleurs … japonisant.


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Marlyse y présente ses clichés originaux, la vidéo de son voyage et un superbe livre de photos artistiques « Japon » qui témoigne de son expérience esthétique et émotionnelle. Ce voyage, réalisé en octobre 2025, elle l’avait soigneusement préparé en prenant des cours de japonais pendant un an avec l’association Tanabata de Saint-Péray. Tanabata propose d’ailleurs des animations japonaises autour de l’expo: origami, fleurs en tissu kanzashi, calligraphie…

Marlyse Changeas est photographe professionnelle, son atelier est situé à Etoile, mais elle travaille sur toute la région Drôme-Ardèche. En dehors des classiques photos de famille ou de mariage, cette passionnée de cuisine s’est spécialisée en photo culinaire pour les grands chefs locaux. Après deux livres de recettes, elle a publié en 2025 un ouvrage consacré aux portraits des vignerons de Saint-Péray : « Vignerons et terroir en lumière ». Ancienne élève de Claude Fougeirol, elle sait capter l’émotion et sublimer le détail. Son livre « Japon » est une invitation à la contemplation et au rêve.

Exposition Japon du 20 mars au 20 avril 2026 : A l’usine Bellevue, 1 chemin de la neuve, 07800 Charmes-sur-Rhône.

Pour commander le livre « Japon » : https://www.marlyse-changeas.com/japon

Article publié dans le JTT du jeudi 9 avril 2026.

jeudi 26 mars 2026

Chronique littéraire : Et vous passerez comme des vents fous, de Clara Arnaud

Un grand souffle poétique passe dans ce livre, celui de la montagne sauvage et inhospitalière. Une montagne qui ne connaît que sa loi, malgré les tentatives d’apprivoisement par les humains et les animaux.

L’incompréhension grandit entre deux visions, celle de Gaspard le berger, responsable de 800 brebis dans les Pyrénées. Et celle d’Alma, éthologue, qui étudie le comportement des ours. Tous deux communient avec la montagne, mêlant leur existence à celle des bêtes. Mais comment réguler la cohabitation entre les deux espèces ? Entre les théories idéalistes des scientifiques et la pression des éleveurs qui protestent devant la disparition de leurs bêtes, le conflit est inévitable.

Pour Clara Arnaud, le sujet mythique, c’est l’ours. Elle agrémente son récit en intercalant l’histoire de Jules, un montreur d’ours du début du XXe siècle, qui illustre aussi la difficile cohabitation entre l’homme et la bête. Pas de mièvrerie dans son roman, loin des clichés faciles. Pas de promeneurs du dimanche ni de professionnels de l’exploit. La vérité de la montagne est dans l’extrême solitude, là où force de caractère et abnégation vont de pair avec liberté totale.

Clara Arnaud est une écrivaine née à Paris en 1986. Voyageuse au long cours, à cheval, à vélo, en train, elle a sillonné l’Europe, le Canada, la Chine…  et publié de nombreux récits de voyage.

« Et vous passerez comme des vents fous » est disponible en poche chez Actes sud.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 19 mars 2026.

lundi 23 mars 2026

Rebecca et son piano voyageur

Rebecca Chaillot est une pianiste internationale. Elle se produira en concert à la Chapelle des Saints-Coeurs de Tournon dans le cadre des "Voies de Bach"  le samedi 28 mars 2026. Pour Vochora elle interprétera les Variations Goldberg, de J.S. Bach.

Rebecca Chaillot a débuté au piano à l'âge de quatre ans et joué en public des œuvres de Haydn trois ans plus tard. Après de longues années d'études, diplômée des conservatoires de Montpellier et Genève, ainsi que de l'université de Bloomington, dans l'Indiana, elle se produit comme soliste et chambriste partout en Europe et dans le monde.

Car Rebecca a le voyage dans le sang, et elle s’est donné les moyens de satisfaire à ses deux passions, le piano et le voyage, en se dotant d’un robot et d’un camion. Le robot, c’est un pianolift, outil révolutionnaire qui permet à cette frêle jeune femme de transporter seule son instrument. Le camion, c’est un Jumper dans lequel on peut caser les 2 m de hauteur du piano. Et Rebecca peut faire des tournées partout en France, sans avoir besoin de louer un instrument à chaque fois. Elle s’est ainsi produite en octobre dans diverses petites salles de Drôme et Ardèche, Privas, Montbrun-les-Bains, Livron et … Colonzelle, minuscule village de la Drôme provençale.

Colonzelle, c’est désormais le port d’attache de cette Drômoise née à Dieulefit, qui partage l’affiche avec des stars comme Renaud et Gautier Capuçon. En 2018, elle a acheté à Colonzelle une vieille ferme en ruines, l’a restaurée et aménagée pendant 6 ans, pour en faire à la fois un vaste lieu de vie ainsi qu’une salle de spectacle et d’enregistrement. Plus encore, elle y accueille des artistes en résidence, donne des concerts et des masters class avec des musiciens de renom : Edna Stern (piano), Henri Demarquette (violoncelle) ...

Le Petit Palais de Chaillot, c’est le nom malicieux qu’elle a donné à ce lieu magique dédié à la musique. Elle y a créé en 2018 l’association « musiques transportées » pour promouvoir et développer la musique et l'art, les rendre accessibles à tous. Une cagnotte est actuellement en cours pour restaurer une pièce rare, un piano Bösendorfer, fatigué après 500 concerts en 6 ans.

Si Rebecca a pris récemment l’avion pour donner des concerts en Inde (à Pune (Poona)), en attendant de repartir pour Bangkok, elle rêve d’organiser bientôt un Colonzelle-Pékin avec son piano et son camion. Rien n’effraie cette jeune femme éprise de liberté et d’aventure, pour qui la musique est un langage universel, qui se joue des frontières.

https://www.rebeccachaillot.fr/

https://www.helloasso.com/associations/musiques-transportees

https://vochora.fr/

Article publié dans Regard Magazine de février et dans le JTT du jeudi 19 mars 2026.

jeudi 19 mars 2026

Champis, le circuit des mégalithes

Le village de Champis mérite le détour pour plusieurs raisons. Pour y arriver, il faut traverser un paysage de toute beauté, le plateau ardéchois (qui n’a rien de plat), une terre volcanique traversée par le Duzon, où se succèdent collines, vallons, hameaux, forêts et prairies. De nombreux sentiers balisés y ménagent des points de vue sur le Vercors et les Monts d’Ardèche. Mais ce qui fait toute l’originalité des hameaux de  Champis, ce sont les crêtes jonchées d’énormes blocs de granite arrondis, résultat d’une érosion très ancienne du socle rocheux. Une géologie particulière qui a modelé l’habitat rural et forme encore les fondations de certaines fermes.

La municipalité de Champis- La Bâtie a balisé un superbe circuit des mégalithes, qui permet d’apprécier ces pierres grandioses, reliées entre elles par des chemins processionnels. Ces mégalithes attestent d'un habitat celte antique en Ardèche, de communautés vivant principalement de l'élevage. Pierre à bassin, pierre à offrande, représentations humaines et animales, pierres en équilibre… On ne peut que penser à des hommages rendus aux dieux et aux anciens, dans ce mystérieux environnement tellurique.

Les 4 km du sentier des mégalithes sont accessibles facilement depuis la mairie, et ménagent nombre de blocs extraordinaires. Un plaisir des yeux et un sentiment d’éternité, dans une nature bucolique, qui peut aussi compléter un plaisir gastronomique à l’excellent resto du village.

Article publié dans le JTT du jeudi 19 mars 2026.

samedi 14 mars 2026

La nouvelle école de piano et orgue de Tournon

Depuis la rentrée de septembre, une école de piano et orgue s’est installée à Tournon au couvent des Saints-Cœurs, sous la houlette de Audra Olejniczak. Audra, professeur de piano à la Roche de Glun, avait déjà de nombreux élèves tournonnais, dont les parents souhaitaient qu’elle ouvre une école à Tournon. Mais trouver un local ne fut pas une mince affaire ! Après avoir sollicité la mairie, les associations, les connaissances, finalement la solution a été proposée par M. le curé Sellier. Il a demandé aux sœurs du couvent des Saints-Cœurs si elles pouvaient l’accueillir. Affaire conclue, l’école de piano et orgue est maintenant installée dans une aile du couvent.

Vendredi soir une petite cérémonie a réuni les élèves tournonnais (dix-sept, de 7 à 77 ans), leurs parents, les sœurs, Audra leur professeur, et le curé de Tournon pour fêter cette implantation et bénir la classe de piano. Une bénédiction originale pour le père Sellier, lui-même musicien, qui a rappelé que l’homme cherche la spiritualité à travers le vrai, le bon, mais aussi le beau, donc l’art, et particulièrement la musique. Puis les élèves se sont succédé pour interpréter leurs morceaux favoris, non sans stress ! Un stress qui a vite disparu lorsque les adultes ont rejoint le superbe buffet préparé par Patrick, le mari d’Audra. Les enfants se sont alors déchaînés sur les pianos, improvisant, jouant à deux ou quatre mains, sans plus aucune gêne, montrant ainsi leur plaisir à jouer.

Rappelons qu’Audra, d’origine lituanienne, a étudié le piano et l’orgue en Lituanie puis à Saint-Pétersbourg. Depuis 2025, elle est titulaire des orgues de la collégiale Saint-Barnard à Romans mais anime aussi de nombreuses célébrations à Tournon, à Tain et dans toute la région, en plus de ses cours. Elle se dépense sans compter, et bientôt grâce à elle une nouvelle génération pourra prendre la relève.

Article publié dans le JTT du jeudi 12 mars 2026.



lundi 9 mars 2026

La navigation sur le Rhône, innovations d’hier et d’aujourd’hui

Tel était le titre de la conférence donnée par les Amis du Musée et du Patrimoine mercredi 25 février à Tournon. Un public captivé a suivi l’exposé brillant de Michel Raffin, Président de l’Alliance des Rhodaniens, amoureux du Rhône depuis toujours. Le Rhône se distingue des autres fleuves par une contrainte géographique : sa forte pente. « Pas navigable mais toujours navigué ! » s’amuse le conférencier. Depuis les pirogues taillées dans des troncs d’arbre au néolithique, jusqu’aux péniches et paquebots de croisière, les innovations ont marqué son histoire.

D’abord dans la fabrication des bateaux, leur calfatage, puis dans l’organisation de la remontée du fleuve : au 13e siècle, on réquisitionne des « broches » de haleurs par milliers, ensuite des équipages de chevaux. Enfin aux 18e et 19e siècles sont venues les innovations industrielles, machine à vapeur, chaudière tubulaire (Merci M. Seguin). La thermodynamique a entrainé l’âge d’or de la navigation, interrompu en 1856 par l’arrivée d’un concurrent imprévu : le chemin de fer. Le nombre de bateaux fut divisé par 10 en 10 ans !

La navigation a persisté en multipliant les innovations hydrodynamiques, c’est-à -dire les travaux sur le lit du Rhône. A l’origine formé d’une succession de lônes variant au gré des crues, le Rhône a été doté autour de 1880 de digues submersibles en épi, qui le contraignaient à creuser lui-même son lit, permettant une navigation plus aisée. Au 20e siècle, l’utilisation du Rhône jusque-là principalement dédiée à la navigation, se voit encadrée par la CNR, créée en 1933, pour favoriser aussi l’agriculture et la recherche d’énergie. Des barrages sont construits, mais la quantité de fret diminue, victime de la concurrence des camions et du train et du choix politique de ne pas réaliser la jonction Rhin-Rhône qui cloisonne le trafic.

Une embellie se dessine cependant avec l’installation de l’armateur de porte-conteneurs CMA CGM, entreprise mondiale, ainsi que la multiplication inespérée des bateaux de croisière : 26 en saison ! En conclusion, Michel Raffin évoque cette phrase de Jean Jaurès : « C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ». A méditer.

Article publié sans le JTT du jeudi 4 mars 2026. 

mardi 3 mars 2026

Chronique littéraire : L'Italien, de Arturo Pérez-Reverte

Pourquoi un auteur espagnol s’intéresse-t-il à un Italien ? C’est la surprise de ce roman qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale. Où ça ? A Gibraltar, enclave anglaise sur la côte sud de l’Espagne, un site stratégique.

Un rappel de la situation s’impose car l’auteur nous raconte des faits réels précis et pourtant ignorés. En 1942, les Italiens sont alliés aux Allemands, les Anglais alliés aux Français, et l’Espagne de Franco reste territoire presque neutre. A côté de Gibraltar, côté espagnol, une unité de plongeurs de combat italiens est dissimulée dans un vieux rafiot. Ces plongeurs sont utilisés comme torpilles humaines pour saborder les bateaux de guerre de la Royal Navy qui stationnent dans le port de Gibraltar. C’est-à-dire qu’ils partent de nuit à cheval sur les torpilles, nagent le plus discrètement possible jusqu’au port, placent les charges explosives sous les navires de guerre, avant d’essayer de fuir. Un exploit demandant un entraînement sportif intense, une maîtrise totale de soi et un dévouement exceptionnel. 

Teseo est l’un de ces plongeurs. Blessé par l’explosion d’une charge, il est recueilli sur la plage d’Algésiras (Espagne) par Elena, une libraire qui n’a pas froid aux yeux. Clandestinement, elle le soigne et découvre peu à peu les agissements du groupe de marins italiens, se mettant elle-même en grand danger. Un roman passionnant qui nous fait « plonger » avec ces marins dans une aventure méconnue, où les protagonistes, même s’ils sont du mauvais côté, ne peuvent que soulever notre admiration. Ils font leur devoir, et leur rendre hommage par ce livre est une belle façon de les honorer.

Arturo Pérez-Reverte est un auteur et scénariste espagnol né en 1951. Diplômé en sciences politiques et en journalisme, ancien correspondant de guerre, son œuvre littéraire est à mi-chemin entre policier et roman historique, à la fois enlevée et très érudite, récompensée par de nombreux prix.

L’Italien est disponible en poche chez Folio.

Chronique publiée le 26 février 2026.

dimanche 1 mars 2026

Le concert solidaire du Secours Populaire : Une soirée exceptionnelle autour de Gérard Morel

Samedi 21 février, le théâtre de Tournon affichait complet pour le concert du Secours Populaire. Comme chaque fois depuis 9 ans, le chanteur et compositeur tournonnais Gérard Morel a organisé le spectacle, en convoquant ses amis musiciens, Hervé Peyrard et Thomas Pitiot aux guitares, Nathalie Miravette au piano. Le répertoire de Anne Sylvestre, dont elle fut la pianiste, a été à l’honneur, ainsi que les chansons personnelles des invités, mêlant humour, tendresse, poésie et militantisme. Mais ce sont les interventions burlesques de Emma la clown qui ont enflammé le public. Interrompant, mimant, questionnant, commentant ou chantant, elle a été le liant fédérateur de cette soirée, où la qualité des professionnels, valorisée par l’ambiance décontractée et conviviale, a enthousiasmé les spectateurs.


Mention spéciale à tous les bénévoles du Secours Populaire qui ont assuré la logistique, la restauration, l’accueil, et le rangement, déployant beaucoup d’énergie pour assurer le succès de cette soirée. Après les avoir remerciés, Gérard les a fait monter sur scène pour chanter ensemble « La crique et la caillette ». Un savoureux moment de partage, pour célébrer une grande cause, la solidarité.

Aticle publié dans le JTT du jeudi 26 février 2026.

jeudi 26 février 2026

Nous Français venus d'ailleurs

Un public nombreux et motivé a assisté mercredi 4 février à la présentation de l’atelier organisé par l’Université Populaire sur les histoires d’immigrations. Cet atelier, à raison d’un rendez-vous par mois environ, a permis aux participantes de raconter l’histoire de leurs ancêtres, puis de l’écrire. Au final, une plaquette réunissant ces souvenirs de famille a été réalisée.

Les spectateurs présents ont été touchés par les récits personnels, évoqués avec simplicité par les membres de l’atelier. Venus de Pologne ou d’Italie, d’Espagne ou d’Allemagne, pour des raisons politiques, économiques ou personnelles, leurs ancêtres se sont intégrés sans bruit, mais ce sont les générations suivantes qui s’interrogent sur leurs racines. L’ambiance bienveillante a permis au public d’intervenir, pour raconter d’autres histoires, venues d’autres pays, à d’autres époques. Et donc l’UP a été sollicitée pour poursuivre cet atelier, toujours animé par Pierre Chifflet, avec de nouveaux participants.

Si vous avez envie de participer à ce travail de mémoire sur vous ou vos ancêtres venus d’ailleurs, de partager ce parcours en toute empathie, vous pouvez demander des renseignements ou vous inscrire auprès du coordonnateur à l’adresse suivante : pierre.chifflet@orange.fr

Article publié dans le JTT du jeudi 26 février 2026.

lundi 23 février 2026

Musique et gastronomie à la Maison Chapoutier en l'honneur de Brillat-Savarin

Vendredi soir, un public mélomane et épicurien s’est régalé d’une soirée atypique autour du personnage de Brillat-Savarin. Michel Chapoutier, grand admirateur du célèbre gastronome, a assuré l’accueil avec sa faconde habituelle. Il revenait d’une réunion avec Emmanuel Marcon, où il avait glissé au président « Les canons de vin ont réglé plus de conflits que les canons militaires » !

La soirée a commencé par un moment théâtral. Annick Bourgoin, après avoir compilé de nombreux ouvrages sur Brillat-Savarin, a écrit, mis en scène, raconté et chanté la vie romanesque de cet homme inclassable, appuyée par le violoncelle de Marc Lauras.

Né dans une famille bourgeoise de l’Ain, initié à la musique par son père et à la cuisine par sa mère, Jean-Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) était doué pour tout.  Violoniste et compositeur, magistrat et député pendant la Révolution, destitué et poursuivi pendant la Terreur, il s’est exilé aux USA où il a exercé comme premier violon au théâtre de New York. Blanchi en 1796 il est revenu en France pour occuper des postes de haut niveau dans la magistrature. Et se consacrer à sa passion, la cuisine, fréquentant tous les restaurants, collectant les recettes, et rédigeant « La Physiologie du goût », le fondement de la gastronomie, publié en 1826.

Le concert de musique française du XVIIIe siècle donné par le quatuor Les Plaisirs du Parnasse, formé de David Plantier au violon, Annabelle Luis au violoncelle, Caroline Huyn Van Xuan au clavecin et Ludovic Coutineau à la contrebasse, a enchanté les amateurs avec des œuvres peu connues de compositeurs contemporains de Brillat-Savarin. L’élégance française alliée à la fougue italienne, dans un récital emblématique de l’esprit des Lumières.  

La soirée s’est achevée dans la gourmandise : Michel Chapoutier a offert au public, en hommage à Brillat-Savarin décédé lors de la Chandeleur 1826, des crêpes Suzette et une pétillante cuvée de Clairette maison. Et rappelé la devise de son mentor : « dans la vie rien n’est plus important que la table, la musique et l’amour ». Un beau moment de partage organisé en collaboration avec Vochora.

Article publié dans le JTT du jeudi 19 février 2026.

jeudi 19 février 2026

La Prophétie du crapaud

Christophe Mercier, le conteur itinérant à la Kamicyclette, est bien connu à Tain et Tournon, et plus loin encore, puisqu’il parcourt inlassablement les bords du Rhône, de Seyssel à la Camargue, pour présenter ses spectacles. Sa thèmatique, c’est la connaissance de la faune et la flore, et la préservation de l’environnement. Sous forme de saynètes et de kamishibaï, il raconte la vie des animaux, l'écosystème du fleuve, la migration des oiseaux… dans les écoles, les fêtes de la nature et autres manifestations populaires.

En plus de ses spectacles, Christophe publie régulièrement des albums pour enfants, délicatement illustrés par des artistes qui partagent son univers, comme Maroussia Ode-Peyraud. Ainsi « Un crocodile dans le Rhône » ou « Panique dans la roselière » … C’est précisément des roselières et plus généralement des zones humides qu’il est question dans son nouveau récit « La prophétie du Crapaud ». Des zones humides nombreuses par ici : les Goules, les lônes en général, les étangs des Pierrelles, du Bouchet…  Leur rôle dans la régulation du climat est important et mal connu. Or pour les préserver, il faut connaître leur intérêt pour l’écosystème : dépollution par les plantes, puits de carbone, stockage d’eau, absorption des crues… 

Crapaud, tortue, couleuvre et dragon vont allier leurs astuces pour sauver la roselière. Une histoire magique que vous pourrez savourer lorsque le livre paraîtra en avril. Mais d’ici là, une campagne de financement solidaire est mise en place pour soutenir sa fabrication. Empêcher l’assèchement des zones humides, les entretenir régulièrement, les respecter, c’est s’impliquer pour l’environnement, et c’est le message de Christophe aux enfants, les futurs décideurs de la planète.

Chacun peut contribuer modestement à cette campagne (à partir de 1€) sur le site : https://fr.ulule.com/la-prophetie-du-crapaud---le-livre/

Article publié dans le JTT du jeudi 19 février 2026.

jeudi 12 février 2026

Amazônia, une explosion de vie et de couleurs

Dalva Duarte est une artiste peintre renommée internationalement, (le château de Tournon a eu le plaisir de présenter ses oeuvres en 2013). A Montélimar, au Musée d'art contemporain, l’exposition de ses toiles sur la forêt amazonienne a obtenu un tel succès qu’elle est prolongée jusqu’au 22 février 2026. Courez-y !

Dalva Duarte est née au Brésil, elle y revient régulièrement, et ne peut que constater combien la déforestation systématique de l’Amazonie impacte les hommes, les fleuves, et tous les êtres vivants. Lors d’un voyage effectué avec son père, quand elle avait 20 ans, à la recherche d’ancêtres Tupinambà, elle avait été frappée par la beauté et la puissance de cet océan vert qui nourrit la planète. Devenue un défenseur, un témoin, du fléau de l’exploitation sans limites, elle a décidé de se battre avec ses armes, les pinceaux.

L’exposition Amazônia présente ainsi une succession de grandes toiles mi abstraites mi figuratives réalisées dans des tonalités éclatantes, vertes (la canopée), rouges (le feu) ou bleues (l’eau). En suivant le grand serpent Boiùna, l’âme du fleuve, on découvre aussi les autochtones et leurs parures, qui vivent dans une extrême précarité, mais possèdent une infinie sagesse, celle de la terre, des forêts et des esprits.

Dalva Darte s’est installée en 2005 dans le village de Saint-Priest, à côté de Privas. Entouré des forêts ardéchoises, autre source d’inspiration, son moulinage rénové est devenu un centre culturel d’art. Pour elle peindre est une manière de participer au monde, et son engagement comme sa créativité se nourrissent de rencontres, d’émotions, de partage. Une grande dame de la peinture contemporaine et une belle âme.

Article publié dans le JTT du jeudi 12 février 2026.

jeudi 5 février 2026

Picturophonie, les peintures comme vous ne les avez jamais entendues

C’est à un spectacle totalement original que la Caval’Arte, lieu culturel privé (et prisé) à Tain, a invité les spectateurs dimanche. Comme le disait André Breton, « on peut faire avec de la peinture autre chose que de la peinture ! ». C’est ainsi que Lise Bouvier, talentueuse chanteuse de jazz, a laissé libre cours à son imagination devant des tableaux célèbres. Elle a écrit des chansons sur chaque sujet, mises ensuite en musique avec son complice Rémi Bioulès.

Le résultat est bluffant : tandis qu’une vingtaine de chefs d’œuvre de l’art défilent sur écran, Lise interprète ses chansons, appuyées par la musique de Rémi au piano ou au saxophone. De la Joconde à Guernica, de Botticelli à Matisse, de Courbet à Dali, les textes chantés racontent la vie ou l’imaginaire de leur auteur, en français, mais aussi en italien, en anglais, en arabe… ou en onomatopées. L’occasion de découvrir l’immense talent vocal de la chanteuse.

Le public a été intrigué et ravi par cette promenade sonore à travers les grands maîtres de la peinture. La Caval’Arte offre ainsi environ une fois par mois des concerts originaux, ainsi que des expositions et des dégustations, dans son caveau ou son jardin de la Marronnière à Tain. Pour connaître le programme, il suffit de s’inscrire sur le site : lacavalarte@gmail.com.

Article publié sur le JTT du jeudi 5 février 2026