vendredi 12 janvier 2018

Ceci est mon sang


Un dernier tabou à lever concerne les règles des femmes.
Elise Thiébaut dans un essai percutant, présenté lors de l'émission TV 28 minutes, a secoué l'opinion de façon salutaire et posé les bonnes questions.

La moitié de l'humanité, c'est-à-dire les femmes, perdent leur sang une fois par mois pendant une quarantaine d'années. Souvent avec des douleurs récurrentes. Pourtant, il ne faut pas en parler. Pourquoi le cacher ? Être discrète ? Pour éviter les blagues, les moqueries ? Ou même le dégoût, le rejet, le statut d'impure.
Les règles, les menstrues, sont la définition même du sexe féminin. C'est ce sang qui permet à la femme de procréer ... La survie de l'espèce est un pouvoir, une responsabilité, considérables. Alors pourquoi ne l'enseigne-t-on pas à l'école ? Ne mérite-t-il pas du respect ? Et d'autres vocables que ragnagna, avoir ses ours, écraser les tomates … ?

Rien n'est plus embarrassant pour une femme que de sentir soudain le sang couler entre ses jambes. Mais si les préservatifs sont en vente libre partout, on ne trouve aucun distributeur de protections périodiques dans les lieux publics, même dans les lycées ou devant les pharmacies...  Pourquoi ?

De plus, cet achat régulier, nécessaire à la vie quotidienne, impacte le budget des femmes. Pourtant, il a fallu attendre 2016 pour que les protections ne soient plus taxées comme objets de luxe à 20 % ! Qui fait la loi ?

La composition chimique pose maintenant d'autres problèmes. Plus rien n'est fabriqué en coton, et à l'heure des perturbateurs endocriniens, on peut être inquiet. Les producteurs de tampons et serviettes hygiéniques refusent de fournir la composition de produits qui seront introduits dans l'intimité des muqueuses. Il faut faire pression, mais comment ?

A lire : « Ceci est mon sang », d’Elise Thiébaut. Une révolution sanglante mais pacifique.

samedi 6 janvier 2018

Trompettes et orgue à Tain : Une master-class sans frontières


L'église était comble, jeudi 28 décembre, pour écouter l'enfant du pays, concertiste  de renommée internationale : André Henry, né au Cheylard en 1969.

Brillant trompettiste, après avoir exercé comme soliste dans des ensembles prestigieux à travers le monde entier, il est actuellement professeur à l'université de Tokyo Ondai. Pour ce concert donné en l'église de Tain, il était accompagné de cinq jeunes trompettistes japonais, tous élèves ou anciens élèves étudiant actuellement au Conservatoire National de Paris ou Lyon.  A l'orgue, une autre musicienne japonaise réputée, Junko Ito-Bornage, titulaire des grandes orgues de la Cathédrale de Belley (Ain). Chacun d'eux a eu l'occasion d'exprimer son talent en solo, dans les préludes, concertos, pièces de Bach, Corelli, Bizet … Une, deux, trois ou six trompettes, accompagnées à l'orgue, ont résonné avec éclat sous les voûtes de l'église.

Concert franco-japonais, avec deux générations en présence, un bel exemple de transmission. Encore enrichi par la présence au final de trompettistes de l'orchestre d'Harmonie Tain-Tournon, enchantés de se joindre au Maître et à ses étudiants pour interpréter des mélodies de Noël.

Le sens de la soirée était le partage sous toutes ses formes, la logistique étant supportée par  l'association caritative « Opération Centrafrique », dont le siège est au Cheylard. Une association qui s'occupe de soigner et éduquer les enfants de Centrafrique depuis 1985, sous la houlette de Sœur Bénédicte. Ardéchois et Drômois, réunis fraternellement pour la subventionner, ont profité d'un concert d'exception, sans frontières d'âge, de niveau, de pays ... L'esprit de Noël était là.

Article publié dans le JTT du jeudi 4 janvier 2018.

jeudi 28 décembre 2017

Maria Feodorovna, une tsarine "franc-comtoise" en Russie


Elle s'appelait Sophie-Dorothée de Wurtemberg, avait passé son enfance entre le château de Montbéliard et celui d'Etupes, dans l’actuel Doubs. Une enfance princière, mais familiale, où l'on cultivait les arts, la tendresse, la simplicité. Quelle force d'adaptation elle a dû montrer lorsque l'impératrice Catherine II de Russie l'a choisie pour épouser son fils unique, le futur Paul Ier, en 1776 ! Le conte de fée avait son revers.

D'abord, elle a dû se convertir à la religion orthodoxe, changeant son nom pour devenir Maria Feodorovna. Ensuite, elle s’est adaptée à une cour où les complots, les meurtres, les coups d’état étaient monnaie courante, Catherine ayant elle-même fait tuer son mari le tsar Pierre II par son amant pour régner à sa place. Bien sûr le grand-duc Paul, son époux, détestait sa mère, qui le tenait à l’écart de toute décision. Enfin, dès que Maria Feodorovna a donné naissance à un héritier mâle, le futur Alexandre I, en 1777, suivi d’un deuxième, Constantin, en 1779, Catherine les lui a enlevés pour les éduquer elle-même. Bref, une belle-mère despotique, pas simplement sur le plan politique ! Elles n’avaient qu’un point commun : toutes deux princesses de souche prussienne, elles appréciaient les fastes de la cour et respectaient à la lettre l'étiquette.
Catherine offrit le palais de Pavlovsk comme résidence à Paul et Maria après la naissance d'Alexandre.

Maria Feodorovna a montré de la patience, de l’intelligence, de la bonté et une conduite exemplaire. Une bonne santé aussi, en mettant au monde dix enfants, quatre garçons et six filles, jusqu’en 1798. Elle était dotée de nombreux talents : musicienne, aquarelliste, adorait aussi fabriquer des objets de sa main, travaillait l'ambre et l'ivoire sur un tour. Passionnée de jardins, elle s'est investie toute sa vie à embellir celui de sa résidence de Pavlovsk. Un palais de style palladien, élégant et raffiné, aux dimensions humaines, situé dans un superbe parc de 600 hectares de prairies, bosquets, cascades, agrémenté de pavillons dédiés à l’amitié, la musique… Très loin de l’ostentation des palais grandioses de Catherine, Peterhof ou Tsarskoïe Selo.

Autre cadeau impérial : après la naissance du deuxième prince, en 1781, Maria et Paul ont eu l'autorisation de faire un long tour d'Europe, sous couvert d'anonymat. Le « Comte et la Comtesse du Nord » ont pu ainsi visiter la Pologne, l'Autriche, la Hollande, la Belgique, l'Italie, l'Allemagne et la France. Accueillis par Louis XVI et Marie-Antoinette à Versailles, qui leur fit grande impression, ils profitèrent de ces quatorze mois de voyage pour acheter des œuvres d'art afin de meubler Pavlovsk. Porcelaines de Sèvres, tapisseries des Gobelins, tableaux, marbres antiques et nombreuses horloges qu’ils collectionnaient.

A Pavlovsk, Maria Feodorovna s’occupait de sa nombreuse famille, mais pas seulement : elle réunissait un cercle littéraire, organisait des représentations théâtrales, des concerts. Déterminée et énergique, appréciant la frugalité, elle fut la première à s'intéresser aux malades et handicapés, créant des institutions d'éducation pour les aveugles, les sourds-muets et aussi pour les filles. Tsarine en titre après la mort de Catherine, en 1796, elle s’occupa des diverses autres résidences impériales, organisant de superbes réceptions, tout en multipliant les œuvres de bienfaisance et soutenant généreusement les arts. Après l’assassinat de Paul en 1801, devenue impératrice douairière sous les règnes de ses fils Alexandre I puis Nicolas I, elle se retira à Pavlovsk jusqu’en 1828, éduquant ses plus jeunes enfants, continuant ses œuvres de bienfaisance, et embellissant sans cesse le palais et son parc.

Ce merveilleux palais fut en partie détruit pendant le siège de Léningrad. Restauré à l’identique, il fait maintenant partie de l’ « anneau d’or » des palais impériaux autour de Saint-Pétersbourg. C’est le plus poétique, le plus romantique, le plus humain. Et le favori des touristes français.



Article publié dans le JTT du jeudi 28 décembre 2017.

jeudi 21 décembre 2017

Le croiseur Aurore, symbole de la Révolution d’Octobre 1917



Le croiseur Aurore est une des stars incontournables du tourisme lié au centenaire de la Révolution russe. Sur les eaux de la Neva, à Saint-Pétersbourg, parfaitement restauré, ce monumental cuirassé accueille maintenant les visiteurs avec une rigueur toute militaire.

Au matin du 25 octobre 1917, les bolcheviks contrôlaient tous les points stratégiques de Petrograd, sauf l'Ermitage, où se trouvait le Gouvernement provisoire. Les dirigeants de l'insurrection demandèrent alors à l'Aurore de tirer à blanc sur l'Ermitage. Le croiseur exécuta l'ordre, donnant le signal de l'assaut. D'où son statut de symbole de la révolution d'octobre.

Le navire entra en service en juillet 1903 sous les vivats de la foule. C'était un croiseur de 127 mètres de long sur 17m de large, pouvant atteindre les 20 nœuds (40 km/h), avec un équipage de 20 officiers et 550 matelots. Il participa à la guerre contre le Japon en 1904-1905 puis devint un navire-école. En 1914 l'Aurore intégra la flotte de la Baltique, armé de 18 canons, 3 lance-torpilles et 35 mines.

Stationné à Petrograd, (qui deviendra Leningrad), l'Aurore se retrouva au début 1917 au milieu des événements révolutionnaires. Le 12 mars, des matelots réclamèrent au capitaine la libération de trois propagandistes montés sur le navire. Pour les disperser, le capitaine et le premier officier tirèrent sur les marins. Le lendemain, les marins se mutinèrent et prirent le contrôle du navire, puis s'organisèrent en comité révolutionnaire. L'Aurore devait rejoindre le reste de la flotte, mais le commandement bolchevik qui préparait alors l'insurrection s'y opposa.

Après la guerre civile, le croiseur servit à nouveau de navire-école de la flotte de la Baltique, de 1924 à 1930. Durant la Guerre d'Hiver contre la Finlande en 1939-1940, il effectua des patrouilles contre les sous-marins. Pendant l'invasion allemande en 1941, l'Aurore participa à la défense de Leningrad, et fut gravement endommagé.

Restauré entre 1945 et 1947, utilisé pour la formation des élèves de l'Ecole navale, il devint un navire-musée en 1957. Son histoire et celle du cuirassé Potemkine (mutinerie de 1905, sabordage en 1919) ont fait l'objet de films mythiques du célèbre cinéaste Eisenstein, à l'audience internationale.
Etrangement, peu de visiteurs, sauf des étrangers motivés, visitent le croiseur Aurore. Les conditions climatiques ne sont pas en cause : à Saint-Pétersbourg, on préfère le tourisme impérial au centenaire révolutionnaire !

Article publié dans le JTT.

jeudi 14 décembre 2017

Chronique littéraire : Venus d'ailleurs, de Paola Pigani

Une histoire de migrants dans la région lyonnaise, qui permet de comprendre le chemin difficile de ceux qui essaient de s’intégrer à une nouvelle vie.

Mirko et Simone sont frère et sœur, tous deux réfugiés kosovars. Leur itinéraire en France commence au centre d’accueil du Puy-en-Velay, passe par un logement provisoire au Chambon-sur-Lignon, avant l’obtention du statut de réfugié, et une vie presque normale avec un travail à Lyon. Un dépaysement obligé, répété, qui leur garantit liberté et assistance, en leur permettant d’apprivoiser peu à peu leur pays d’accueil.
Tous deux ne réagissent pas de la même manière à cette nouvelle vie. Simone est une battante, malgré l’humiliation des petits boulots, elle veut s’intégrer par-dessus tout, tandis que Mirko, plus nostalgique, plus sauvage, se cantonne dans le rêve. Il élève des murs dans une entreprise le jour, et va la nuit peindre dans les décharges, taguant les résidus de notre société de consommation. Le téléphone avec son frère resté au pays exacerbe ses regrets d’être parti.
Dans un style simple et poétique, sans jugements mais avec empathie, Paola Pigani nous montre une réalité qu’elle connaît bien, et qui résonne dans l’actualité. Née en 1963 de parents émigrés italiens, elle vit actuellement à Lyon où elle partage son temps entre l’écriture et sa profession d’éducatrice.

Venus d’ailleurs est disponible en poche dans la collection Piccolo de Liana Levi.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 7 décembre.

samedi 9 décembre 2017

Les couleurs de la mode... au fil du temps


Michel Pastoureau, historien des couleurs, professeur à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes a étudié l’histoire des vêtements, à travers factures, registres, gravures, statues, tableaux, vitraux, lettres … de toutes époques. Malgré le déséquilibre entre les documents évoquant les costumes des riches et ceux concernant les pauvres, il arrive à reconstituer l’évolution des couleurs des vêtements à travers les siècles. Une histoire passionnante, reflet de notre culture.
Dans la Rome antique, on portait des vêtements blancs, une toge ample sur une tunique courte. La couleur pourpre, obtenue difficilement à partir d’un coquillage, le murex, était le symbole du pouvoir, donc réservée aux Empereurs. Mais dès le premier siècle, les femmes romaines ont acquis le droit de porter du jaune, puis du bleu et du vert, couleurs venues du monde barbare. Les hommes ont suivi et à la fin de l’empire romain, les couleurs des vêtements étaient variées, chaque pièce cependant étant unie.
Au Moyen-âge, la couleur bleue, propagée par les Germains, est devenue la couleur à la mode en France. Le top-modèle l’incarnant le mieux est la Vierge Marie, habillée de bleu sur toutes les représentations. Les rois s’en emparèrent, le bleu royal devint l’emblème de la France, quand les Anglais préféraient le rouge, et les Allemands le vert. Au 14ème  et 15ème siècles, on inventa la boutonnière. Un énorme progrès, jusque-là, il fallait sans cesse coudre et découdre les parties de vêtements. Une expression nous en est restée : dans les tournois, la Dame décousait et donnait comme bannière une de ses manches au Chevalier, qui l’accrochait à sa lance. S’il gagnait l’échange, il emportait la première manche, puis la deuxième … ensuite on se disputait la belle !
Les teinturiers n’étaient pas appréciés par la population : leurs préparations sentaient mauvais, polluaient les rivières, avaient un côté magique. Le bleu était obtenu à partir d’une plante, la guède, qu’on récoltait, coupait, laissait sécher, puis fermenter. Enfin roulée en boules de pastel (pâte) elle a fait la richesse de la Picardie et de la Toscane, avant d’être dépassée par l’indigo. Le rouge provenait de la garance, ou d’insectes comme le kermès ou la cochenille. Le jaune de la gaude. Le vert était une couleur ambiguë, à la fois couleur de l’espérance, entourant les accouchements, les mariages. Et couleur maléfique, car les pigments utilisés, dont le vert-de-gris, étaient particulièrement nocifs. Les pauvres teignaient eux-mêmes leurs vêtements, avec des couleurs qui s’altéraient rapidement, devenant bruns ou gris. Les filles se mariaient alors en robe rouge, car la robe rouge était la plus belle, celle qui gardait la teinture.
Les guerres de religion au 16ème et 17ème siècles ont fortement influencé l’usage des couleurs. Le Pape avait choisi le vêtement blanc et or, laissant le rouge aux cardinaux, soldats du Christ, et les teintes grises ou brunes aux ordres mendiants. Les protestants, eux, ont établi une hiérarchie des couleurs. Honnêtes : noir, blanc, gris, brun, bleu. Malhonnêtes : rouge, jaune, vert. Les portraits flamands de l’époque montrent des familles huguenotes entièrement vêtues de noir. A Genève, ville calviniste, porter un vêtement rouge conduisait au bûcher. En France, le noir est devenu couleur de deuil pour les familles riches, les seules qui pouvaient acquérir de nouvelles tenues en cette circonstance.
Au 18ème siècle, les couleurs vives étant passées au peuple grâce aux progrès techniques de la teinture, il fallait se distinguer en privilégiant les demi-teintes. La marquise de Pompadour appréciant le rose et le bleu clair, toute la cour de Louis XV a suivi. Après la Révolution, la mode est revenue à l’antique : à la cour de Napoléon, les femmes s’habillaient en blanc et jaune. Puis est venu le romantisme, associé d’abord au bleu, puis au noir. Est-ce à dire que nous vivons une époque romantique ?
Pour tout savoir sur les couleurs et leur symbolique, on peut consulter les nombreux ouvrages de référence écrits par Michel Pastoureau.

Article publié dans le JTT du jeudi 30 novembre.

lundi 4 décembre 2017

Cantates luthériennes

Samedi 25 novembre à Tournon, l'ensemble Archivolte et le Choeur Madrigal, sous la direction de Gérard Lacombe, ont enchanté le public par un récital de sublimes cantates, œuvres des compositeurs allemands du XVIIème siècle, Krieger (Die Gerechten werden weggeraft), Telemann (Trauer Kantate) et J.S. Bach ( BWV 106 Actus Tragicus).

Le concert était donné dans le cadre du 500ème anniversaire de la Réforme. En plus de la divine musique, l'assistance a profité d'un cours d'histoire magistral donné par le chef Gérard Lacombe. Les trois œuvres de musique funèbre présentées étaient emblématiques d'un genre important dans l'Allemagne, alors meurtrie par les guerres, de religion, de Trente Ans. Elles exaltent la foi qui permet de dépasser la mort, une délivrance, un passage vers le paradis.

Martin Luther, en traduisant la Bible en langue vulgaire, l'allemand, voulait que chacun puisse s'approprier les textes sacrés. Le grand chantier des luthériens fut donc de créer dès le XVIème siècle des écoles gratuites et mixtes, où le peuple pouvait apprendre à lire. Comme Luther était lui-même musicien, il composa des cantiques (chorals) destinés à être chantés par l'assemblée des fidèles, affirmant comme Saint Augustin que « chanter, c'est prier doublement ». Ainsi en Allemagne une révolution musicale a accompagné la révolution religieuse.

Au XVIIème siècle, les compositeurs, rivalisant de créativité, ont enrichi la liturgie chantée luthérienne d'apports venus d'Italie. De nouvelles formes musicales sont apparues, motet, madrigal, cantate, oratorio, grandes fresques polyphoniques où Telemann et Bach ont excellé.

Les trois cantates, hommage à la Réforme, magnifiées par le talent de musiciens et chanteurs, ont résonné sous les voûtes de la Chapelle catholique des Saints-Cœurs, soulignant qu'aujourd'hui l'œcuménisme et la tolérance sont une réalité à vivre au quotidien.

Article publié dans le JTT du jeudi 30 novembre.