samedi 21 octobre 2017

Henri Mouhot, explorateur génial et méconnu


Nul n’est prophète en son pays. C’est particulièrement vrai pour Henri Mouhot, né à Montbéliard en 1828, explorateur et naturaliste de haute volée, que ses expéditions en Asie du sud-est ont conduit à redécouvrir notamment les temples d’Angkor. Grand voyageur et photographe très apprécié partout en Europe, il a aussi tissé en Indo-Chine des liens amicaux avec les rois de Siam, du Cambodge, du Laos, ainsi qu’avec leurs populations. Par ses expéditions, il a collecté une quantité importante de coquillages, insectes, papillons, serpents, laissé des carnets riches en descriptions géographiques, botaniques et ethnographiques, ainsi que de nombreux dessins et aquarelles. Ajoutons que ce touche-à-tout de génie était unanimement reconnu comme savant, modeste, chaleureux … Eh bien, cet homme exceptionnel, célèbre dans le monde anglo-saxon, n’est connu ni en France, ni même en Franche-Comté !
Dès l’adolescence, Henri Mouhot manifeste un goût pour les voyages lointains et aventureux. C’est ainsi qu’à 18 ans, il part enseigner le français à Saint Pétersbourg, comme de nombreux Montbéliardais de l’époque. Pourquoi ? Parce que la princesse Sophie-Dorothée de Montbéliard était devenue tsarine en épousant Paul Ier, et à la cour de Russie, on parlait français. Il y reste une dizaine d’années, enseignant à Saint-Pétersbourg, puis à Moscou, à Voronej sur le Don. Il en profite pour parcourir l’immense empire russe. Il observe, prend des notes, dessine et photographie, une science récente à laquelle il s’initie sous la houlette d’un élève de Daguerre.
Retour en France en 1854. Avec son frère Charles, il entreprend de sillonner l'Europe, photographiant, exposant les clichés, expliquant l’usage du matériel. Puis il se marie … avec une anglaise, Ann Park, liée à la famille de Mungo Park, célèbre explorateur britannique, et s’installe à Jersey. Mais le virus des voyages est le plus fort. Henri Mouhot, grand lecteur de récits exotiques, veut partir à la découverte des contrées mystérieuses de l’Asie du sud-est. Malgré ses demandes, le gouvernement de Napoléon III refuse de l’aider, il doit se financer lui-même, avec le soutien de la vénérable Royal Geographical Society de Londres.
Le 27 avril 1858 il s’embarque à Londres avec le projet d’explorer les royaumes de Siam, de Cambodge et de Laos et les tribus qui occupent le bassin du grand fleuve Mékong.  Il débarque à Bangkok, cité cosmopolite, est reçu par le roi qui lui donne l’autorisation d’explorer le pays. Et part sur une simple pirogue, en compagnie de deux rameurs et de son inséparable chien. L’aventure commence. Cette première exploration dans une région inviolée par l’homme blanc est l’occasion de se familiariser avec les populations, les usages, d’apprendre à se déplacer et à vivre dans une nature souvent hostile et d’accumuler une somme considérable de connaissances sur la faune et la flore, qu’il consigne dans ses carnets.

Retour à Bangkok, étiquetage, conditionnement, classement des collections de papillons, mise au propre des notes, envoi des caisses par bateau à Londres. Puis il repart le 23 décembre 1858 pour une deuxième expédition. A bord d’une barque de pêcheur il explore les archipels du golfe du Siam, au prix de réels dangers (naufrage, présence de pirates), puis aborde le rivage cambodgien à Kampot. Fort de l’appui du roi, il part reconnaître des territoires des « sauvages Stiengs », dont il étudiera les mœurs, montrant ses qualités d’ethnologue. Puis il se dirige vers l’ouest du pays, attiré par des rumeurs selon lesquelles un immense palais, oublié et englouti dans la jungle, a pu servir de capitale à un « grand empire khmer ». Accompagné par un missionnaire français, il se met en route vers la cité mythique.

Après trois jours de marche dans la jungle, c’est le choc. Le 4 avril 1860, Angkor apparaît. Son enthousiasme est sans bornes. Pendant plus d’un mois, il relève les moindres détails du monument, arpente, mesure, dessine, décrit. Et quand ses travaux parviennent en Europe, c’est l’émerveillement
La troisième expédition dure 4 mois au Siam, l’occasion de récolter serpents, coléoptères, de laisser son nom à certaines espèces de coquillages. La quatrième le conduit encore plus loin, au Laos, en traversant à dos d’éléphant la jungle jusqu’à Luang Prabang. 
En septembre 1861, épuisé, il s’arrête près de Na Lè, au bord du Nam Kam. Atteint par la fièvre jaune, il meurt le 10 novembre 1861, à 35 ans. Ses serviteurs l’enterrent et rapportent ses bagages au consulat français.
Son frère et sa veuve feront publier ses carnets et donneront ses collections à différents musées.

Henri Mouhot fut un homme et un explorateur exceptionnel. Ses renseignements précis et complets ont permis de connaître et de comprendre l’Asie du sud-est. Ses carnets ont connu un succès mondial. Ses collections ont enrichi les musées anglais. A l’heure où il n’y a plus de terres inconnues à découvrir, c’est la vie et l’œuvre d’Henri Mouhot, qui méritent d’être explorées !

jeudi 12 octobre 2017

Chronique littéraire : Maman, de Sylvie Vartan

On connait tous Sylvie, vedette de la chanson française depuis la période yéyé. Avec ses shows à l’américaine, elle a fait une carrière internationale, est devenue pour le public l’icône d’un monde de paillettes. Mais si sa vie actuelle ressemble à un conte de fées, il n’en a pas toujours été ainsi.

Dans cette biographie rédigée à l’aide de Lionel Duroy, Sylvie Vartan raconte son enfance en Bulgarie, sa fuite de la dictature communiste à l’âge de huit ans, son arrivée en famille à Paris, avec une malle en osier pour tout bagage. Le père, la mère, Sylvie et son frère Eddie, ont vécu tous les quatre dans une unique chambre d’hôtel pendant quatre ans. Les enfants ont dû apprendre le français, s’intégrer à l’école. Grâce au travail des parents, au soutien des amis, leur situation de réfugiés miséreux s’est peu à peu améliorée. Une salle de bains au bout de deux ans, puis un appartement en cité. Jusqu’à l’émergence d’Eddie, puis de Sylvie, dans la musique et le showbiz.
Une telle enfance vous marque pour toujours. Sylvie a voué toute sa vie un attachement fusionnel à sa mère qui lui a sauvé la vie et appris à se réjouir du moindre petit bonheur. Une mère qui, elle aussi, avait connu quelques décennies avant le même destin d’émigrée, fuyant la Hongrie à l’âge de 8 ans avec ses parents, pour se réfugier à Sofia en Bulgarie. Eddie lui ne s’est jamais remis de son adolescence fracassée par la misère et le rejet, traînant son mal de vivre. 

C’est en Amérique que Sylvie a refait sa vie. Qu’elle a adopté une petite fille bulgare, reproduisant ainsi à sa façon le destin des émigrés, déplacés de génération en génération. Mais avec l’amour comme viatique, on peut soulever des montagnes. C’est la belle morale de ce récit émouvant, qui tord le cou aux idées reçues.

« Maman » est disponible en poche chez J’ai lu.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 5 octobre 2017.

jeudi 5 octobre 2017

La découverte des gorges du Verdon

En un siècle, la région du Verdon a subi un bouleversement total. Terre isolée, aride, peu peuplée, où la survie était difficile, elle n'était guère chantée que par les poètes comme Giono. L'exploration complète des gorges du Verdon, les travaux hydrauliques qui ont suivi, la création d'infrastructures touristiques, ont transformé cette partie ingrate de la Haute Provence en une région bénie des dieux.

Le Verdon est une rivière tumultueuse qui prend sa source à 2819 m près du col d'Allos et se jette dans la Durance 175 km plus bas, à Vinon, près de Manosque. Il a creusé un canyon vertigineux, le plus grand d'Europe, avec des falaises hautes de 700 m. Curieusement, celui-ci n'a pas connu la notoriété précoce de son grand frère étatsunien, déjà Parc national en 1919. La faute à l'enclavement de la Haute Provence, sa pauvreté, l'absence d'infrastructures routières. Et le danger à pénétrer dans les gorges, aux crues redoutables. Seuls les locaux connaissaient quelques accès au torrent, depuis leurs villages perchés, ainsi que la présence de grottes habitées dès le paléolithique (60 sites préhistoriques découverts, dont le musée de la Préhistoire de Quinson conserve les collections).

A la fin du 19ème siècle, le Touring Club de France et le Club Alpin commencent à promouvoir le site sauvage et spectaculaire des gorges : aménagement d'un sentier d'accès au Verdon, d'une route en corniche, avec belvédères, et d'un refuge. Mais le cours du Verdon reste inaccessible. Par ailleurs un problème plus global se pose : assurer l'approvisionnement en eau potable des villes comme Aix, Toulon et Marseille, dont la population explose. Solution : Capter les eaux abondantes du Verdon et donc entreprendre des travaux hydrauliques. Des tunnels de dérivation, des canaux sont construits à la pioche par des centaines d'ouvriers piémontais.

En août 1905, l'exploration complète des gorges du Verdon est tentée par le spéléologue, géographe et hydraulicien Edouard-Alfred Martel. C'est une aventure dangereuse, mais parfaitement préparée. Une quinzaine d'hommes, dirigés par Martel et guidés par Isidore Blanc, l'instituteur du pays, fin connaisseur des lieux, arrivent en 4 jours à descendre le canyon du Verdon de bout en bout. Leurs lourdes embarcations sont endommagées dans les remous, portées dans les chaos rocheux, les bains forcés sont nombreux, le matériel éparpillé. Le ravitaillement n'est pas toujours assuré depuis les falaises, mais tout le monde s'en sort vivant. Le Verdon a été vaincu, toute la presse relate l'exploit.
Les relevés de Martel puis d'autres scientifiques servent à élaborer de nouveaux travaux hydrauliques. Cinq barrages et autant de retenues d'eau sont édifiés entre 1929 et 1975. Les terres agricoles voisines bénéficient alors d'une irrigation bienvenue, l'eau potable est acheminée en ville. Les routes d'accès se multiplient et le tourisme se développe rapidement.

Depuis les lacs de Sainte-Croix et d'Esparron, on peut maintenant pénétrer dans les gorges jadis infranchissables, se promener en pédalo ou en paddle dans une partie du canyon. On peut aussi randonner sur l'aérien sentier Blanc-Martel, long d'une vingtaine de km environ. La région du Verdon est devenue en 1997 un Parc Naturel Régional. Actuellement ses 188 000 hectares accueillent plus d'un million de touristes chaque année. Lacs et torrent aux eaux turquoise, sentiers de randonnées, routes en corniche, points de vue sublimes, c'est le lieu privilégié de tous les amateurs de nature, de sport, de faune et flore sauvages.

A voir :
Le film Verdon Secret, qui retrace l'épopée Blanc- Martel avec des images spectaculaires.

Article publié dans le JTT du jeudi 28 septembre 2017.

jeudi 28 septembre 2017

Le retable de Montbéliard ressuscité

Le retable de Montbéliard Mömpelgarder Altar est une œuvre d’art magnifique datant de la Renaissance qui a disparu mystérieusement au 17ème siècle. Montbéliard était alors possession du duché de Wurtemberg, donc de l’empire allemand (jusqu’en 1793, où il fut annexé par la République française). Entreposé à Stuttgart, par un héritier du duc Georges de Wurtemberg, le retable fut volé par les Autrichiens pendant la guerre de Trente Ans. Butin de guerre, une pratique courante entre factions ennemies : Les Autrichiens étaient catholiques, Stuttgart et le Wurtemberg étaient protestants.  Le retable de Montbéliard est resté depuis en Autriche, où il constitue un des joyaux du Musée historique de Vienne.

Une superbe copie de ce trésor vient d’être installée cette année au temple Saint-Martin de Montbéliard. Pourquoi une copie et pas l’original ? Parce que la valeur du retable, exécuté en 1540, est inestimable. Son simple déplacement coûterait une fortune en assurances, et on n’est même pas sûr qu’il soit encore transportable. De dimensions impressionnantes : 4m sur 1.85m fermé, il comporte 6 volets ornés recto-verso, soit 12 panneaux de 12 tableaux chacun. Au centre, une grande crucifixion de 1m sur 1m, entourée de douze panneaux. En tout 157 scènes racontent la vie de Jésus, d’après le Nouveau Testament.

Ce fabuleux livre d’images pieuses a été commandité par le duc Georges I de Wurtemberg, suzerain de Montbéliard. Fraîchement converti à la Réforme, il a voulu se perfectionner dans sa nouvelle religion en l’étudiant à travers un catéchisme illustré. Pas question de l’étudier en latin, alors chaque scène du retable est surmontée d’un extrait du texte biblique rédigé en allemand. Le tout peint à la main. Cette grandiose réalisation est la première bande dessinée de l’histoire. Grâce à Heinrich Füllmaurer, un expert en peinture de Herrenberg (Wurtemberg). Ce peintre et ébéniste était un décorateur chevronné qui maîtrisait parfaitement la perspective à l’italienne, les architectures classiques, les portraits, les couleurs, les drapés, les arrière-plans bucoliques. Pour le choix des scènes, extraites des quatre évangiles, il a pris conseil d’un spécialiste de la Bible de Luther. Résultat : Chacun des 157 tableaux est une merveille de minutie, peinte à l’huile sur bois d’épicéa, et raconte une histoire en plusieurs plans. Le retable a coûté une fortune au duc Georges, à l’époque il était déjà considéré comme un chef d’œuvre.

Actuellement ce trésor est intransportable. Mais la Société d’Emulation Montbéliardaise, désireuse de le faire connaître au public, n’a pas reculé devant la difficulté. D’autant que le temple Saint-Martin, plus ancien édifice protestant de France, est l’œuvre de l’architecte Heinrich Schickhardt, lui-même né en 1558 à … Herrenberg ! Cette double légitimité a conforté l’envie de contourner l’obstacle. Après avoir récolté 40 000 € de fonds, la SEM a décidé de faire exécuter une copie par les meilleurs artisans régionaux.

Il a fallu d’abord demander au musée viennois le droit de reproduire chacune des 157 scènes bibliques. Photos, scans, traitement, puis impression sur panneaux PVC, montage sur cadres en bois, avec charnières et serrures. Une doreuse sur cuivre en Alsace a donné à l’ensemble l’éclat qu’il méritait. Le résultat final est d’une qualité visuelle remarquable, totalement semblable au retable du XVIème siècle, moins la prédelle (le soubassement) et le couronnement (sommital). Il constitue, outre sa vocation religieuse, une mine de documents historiques.

Depuis juin 2016, le fac-similé du retable est installé à demeure à l’intérieur du temple Saint-Martin de Montbéliard. Des visites sont maintenant organisées par l’office de tourisme, la société d’émulation et la paroisse protestante. On peut aussi aller admirer le retable individuellement, mais sans le toucher, car seuls les conférenciers ont l’autorisation de le manipuler. Qu’à cela ne tienne, la technologie est au service de l’art : une tablette numérique, installée à côté du retable, permet de visionner sur écran chacune des peintures, et d’en apprécier la finesse, la portée pédagogique. En cliquant sur la bulle rédigée en allemand, la traduction en français apparaît : que pourrait demander le bon peuple de Montbéliard en plus ?

Eh bien, d’admirer le retable chez soi. C’est possible grâce au site monretable.free.fr mis au point par le Pasteur Jean-Pierre Barbier. Apprécier les 157 tableaux n’est plus réservé à Monseigneur le Duc, mais accessible à tous les internautes.

Article publié dans L'Esprit Comtois numéro 10 (automne 2017).

jeudi 21 septembre 2017

Chronique littéraire : La renverse, de Olivier Adam

C’est à la fois la chronique d’un drame de l’enfance et celle d’un scandale politico-judiciaire. Olivier Adam s’inspire de faits qui ont défrayé l’actualité : un maire accusé de viol, avec la complicité de sa maîtresse, par deux employées de la mairie. Il traite le sujet à travers les yeux d’Antoine, fils de cette maîtresse.

Antoine et son frère ont vécu douloureusement le cauchemar du scandale, de la garde à vue, de l’éviction de leur mère. Aucune explication de leurs parents, leur père a soutenu sa femme, tous deux refusant de voir les dégâts occasionnés chez leurs enfants par cette affaire sordide, ignorant l’opprobre dont ils étaient l’objet dans la rue, à l’école, multipliant les mensonges, les interdictions, contre l’évidence.
Antoine et son frère n’ont eu qu’une solution : fuir, quitter la maison, pour essayer de recommencer à vivre. Mais remonter la pente, après un tel séisme, ce n’est pas simple.

Olivier Adam a construit son livre avec maestria, il distille peu à peu les indices d’une intrigue tenue, étouffante. Nous découvrons la complexité de l’affaire, de ses conséquences. Il fouille la psychologie de ses personnages, gratte de plus en plus profond, jusqu’à ce que la plaie à vif se dévoile et permette d’envisager la guérison. C’est la renverse, l’inversion du courant. Un roman passionnant, lourd, et très réussi, sur les inconséquences du pouvoir.

Né  à Paris en 1974, Olivier Adam est un écrivain et scénariste à succès, couronné de nombreux prix. Il a auparavant travaillé dans le domaine culturel, l’édition (le Rouergue) et participé à la création des Correspondances de Manosque.

La renverse est disponible en poche chez J’ai lu.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 21 septembre.


vendredi 15 septembre 2017

Besançon capitale du livre !

Vendredi 15 septembre, je dédicacerai "O mia Patria" au stand des libraires, dans le cadre du festival du livre, place de la Révolution, à Besançon.




lundi 11 septembre 2017

Le musée d'art sacré de Mours-Saint-Eusèbe


L'église romane de ce village proche de Romans accueille une exceptionnelle collection d'objets religieux du XIVème au XXème siècles, rassemblée par un passionné. Un patrimoine chargé d'histoire et de symboles, mais aussi d'une immense valeur artistique, témoignant du savoir-faire exceptionnel et de la créativité des artisans en matière d'orfèvrerie, de tissage, broderie (peintures au fil de soie), mais aussi de papeterie (tableaux et reliquaires en paperolles), au cours des siècles.
Après le concile Vatican II (1962-65), l’Église catholique consciente de la nécessité de se moderniser, simplifie le déroulement des messes. Le prêtre ne sera plus dos mais face au public. Les tenues d'apparat, les autels majestueux, et des milliers d'objets de culte ou de dévotion sont alors remisés dans les greniers des cures, ou dispersés. Le Père des Cilleuls, conscient de leur valeur artistique, décide de les collecter pour les sauvegarder. Pendant près de 50 ans, ce visionnaire rassemble ainsi dans son église une collection d'objets se rapportant à la vie religieuse d'antan. Tableaux, sculptures, retables, mais aussi reliquaires, tabernacles, ciboires, calices, ostensoirs, antiphonaires et une série de vêtements sacerdotaux brodés de toute beauté. Une petite partie de ces chefs d'oeuvre de maîtrise, ainsi que quelques pièces étonnantes, comme les gaufriers à hostie, les tampons d'impression d'images pieuses, un autel portatif de la guerre de 1914-18, est visible dans l'église de Mours, à l'occasion de visites organisées les dimanches à 16h
En réalité, le Père des Cilleuls a collecté plus de vingt mille pièces de grande valeur artistique, qui dorment dans des réserves. Comment valoriser le reste du trésor ? Si un musée leur était dédié, il serait un des plus importants musées d'art sacré de France. Où  le construire ? Comment le financer ? Jusque là jalousement gardé par les habitants de Mours à travers une association de bénévoles, le petit musée actuel doit se mettre aux normes.  Comment conserver, sécuriser des œuvres d'art, exposées dans un lieu de culte ouvert ?  C'est Valence Romans Agglo, à travers son label « Pays d'art et d'histoire » qui gère maintenant le dossier et programme les visites.

Que tous les saints Eusèbe, martyrs ou bienheureux, lui portent secours !

tél : 04 75 79 20 86

Article publié dans le JTT du jeudi 7 septembre.