jeudi 9 avril 2020

La Cartoucherie de Bourg-lès-Valence


L’histoire de la Cartoucherie est intimément liée à celle de la région. Construit en 1850, par un industriel visionnaire, Noël Sanial, ce « palais industriel » fut d’abord une manufacture textile, produisant des Indiennes par impression sur coton, et filant la soie pour les canuts lyonnais. En 1859, 750 employés, dont 300 enfants de 8 à 15 ans, 350 hommes et 100 femmes y travaillaient du lever au coucher du soleil. De nombreux problèmes (pénurie de coton américain à cause de la guerre de Sécession, maladie du ver à soie, incendies accidentels) conduisirent l’entreprise à la faillite en 1866. Après diverses spéculations, l’état racheta les locaux pour en faire une cartoucherie nationale. Le désastre de la guerre de 1870 demandait réparation, les militaires furent chargés de gérer l’entreprise, qui perdura de 1874 à 1964.


La condition ouvrière s’organisait : le droit de syndicat fut instauré en 1884, le repos dominical en 1906, la semaine de 49h en 1914. Mais le statut des femmes restait très différent de celui des hommes, elles gagnaient la moitié moins. En 1912, elles avaient constitué un groupe féministe qui manifestait déjà pour la paix. La guerre de 1914 fit abandonner tous les acquis sociaux, il fallait travailler jour et nuit, les fours ne s’arrêtaient pas. 2500 femmes ont été embauchées, qu’on a évidemment licenciées une fois la paix revenue. Puis la seconde guerre a vu les machines plombées pour ne pas être livrées à l’ennemi. La Résistance, pour qui la poudre était détournée, s’organisait, souvent par le biais des femmes. Puis après les guerres coloniales, le besoin en cartouches s’épuisa et la Cartoucherie s’arrêta.
Les cartouchières, comme toutes les ouvrières de la révolution industrielle en France, sont les grandes oubliées de l’histoire. A Valence, c’est d’autant plus vrai que la préfecture ayant été bombardée en 1944, toutes les archives de l’époque ont disparu. Pourtant, ce sont elles qui ont maintenu la production pendant les guerres, les crises, dans des conditions extrêmement dures, tout en élevant leurs enfants.

Un atelier d’écriture destiné aux anciens ouvriers de la Cartoucherie a été organisé par le centre social de Bourg-lès-Valence et les archivistes en 1995, alors que le site était complètement désaffecté. Dix-huit ouvriers et ouvrières ont ainsi rédigé leurs témoignages, expliquant le travail au quotidien, entre difficultés, danger, précarité et solidarité avec les collègues. La friche industrielle promise à la démolition a alors pris sa place dans la mémoire collective de Bourg-lès-Valence. De ce fait, la municipalité a voté la conservation d’une partie des lieux, puis sa réhabilitation par l’architecte Philippe Prost, expert en bâtiments industriels et militaires. La Cartoucherie a donc pu renaître sous la forme d’une pépinière d’entreprises spécialisées dans le cinéma d’animation, dont le célèbre studio Folimage en 2009.

Un grand projet d’aménagement du parc de la Cartoucherie est en cours : il s’agit de transformer les vastes espaces encore en friche pour offrir un véritable poumon vert à la population. Le canal Flavie, la grande plaine qui borde le bassin et la gare de la Cartoucherie seront réaménagés en un parc urbain de plus de 2.5 hectares offrant jeux, promenades, espace pour événements. Un programme beaucoup plus réjouissant que la production de munitions !

Article publié dans le JTT du jeudi 9 avril.

dimanche 5 avril 2020

Chronique littéraire : Un bonheur que je ne souhaite à personne, de Samuel le Bihan

Samuel Le Bihan, né en 1965 à Avranches, en plus d’être un acteur sympathique, est un père de famille dévoué à ses enfants, dont une petite fille autiste. Sous couvert d’une fiction, il raconte dans ce récit toutes les difficultés rencontrées lorsqu’on veut intégrer un tel enfant dans la société.

La France est particulièrement en retard dans le domaine de l’accompagnement de l’autisme, les lois de la République (chaque enfant a le droit d'être scolarisé) ne sont pas toujours respectées, faute de moyens, de volonté. Il faut se battre à chaque étape de la vie de l’enfant pour lui assurer une sociabilisation et un avenir.

Laura est l’archétype de la mère galvanisée par l’amour de son fils César, autiste, elle mène au quotidien un combat pour le voir épanoui. Elle doit aussi gérer son fils aîné, un ado en crise.  Son mari l’a quittée, c’était trop dur à assumer pour lui. Bref, Laura est sur tous les fronts, c’est une battante qui essaie toutes les pistes, s’investit dans la création d’une association d’accueil, organise des actions avec les parents, multiplie les démarches pour que l’Education nationale fournisse une solution … jusqu’au burn-out. Mais au fil de son combat, Laura se fait des amis, des vrais. Avec patience et détermination, malgré les inévitables défaites, elle connaîtra le bonheur de voir César trouver sa place.

Un livre poignant et militant, qui révèle la situation des autistes en France et le combat de leurs parents, en mots simples et avec un grand souffle d’espérance.
En poche chez J'ai lu.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 2 avril.

jeudi 2 avril 2020

Journal de confinement : La floraison d’un iris

Petit-déjeuner en face de ma terrasse. Grand ciel bleu, gage de beau temps. Dans une jardinière, je remarque le premier iris, prêt à éclore. Une couleur violette est déjà bien visible sur ses pétales soigneusement enroulés. Il s’ouvrira aujourd’hui, c’est sûr.

Je traînasse à table, j’ai tout mon temps, il faut occuper la journée… Le soleil pointe au-dessus du muret, il inonde peu à peu le balcon. Soudain, il atteint l’iris. Magie de la vie : les pétales frémissent, et commencent à se déployer. Comme dans un documentaire botanique, en une demi-heure, le déploiement des pétales se fait sous mes yeux, au ralenti. La fleur se déplie, s’épanouit totalement dans une symphonie bleue et pourpre.

A côté de lui, d’autres iris ont grandi d’une dizaine de centimètres pendant la nuit. Leurs fleurs sont fermées, les couleurs ne sont pas encore visibles. Bientôt, elles aussi se déploieront sous la caresse du soleil. J’essaierai d’être au rendez-vous pour assister à leur naissance en direct.
La contemplation de la nature est une vraie source de joie et de paix.

Pas belle la vie ?

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 2 avril.

dimanche 29 mars 2020

Un baptême en ULM à l’occasion de la Journée des Femmes


Opération « Femmes de l’air » : C’est ainsi que l’aéroclub de Saint-Victor, le bien nommé Air des Choix, a imaginé d’attirer les femmes en cette journée du 8 mars. Car dans le domaine des pilotes d’ULM, on est loin de la parité : sur une vingtaine d’adhérents au club, 4 femmes seulement. Pourtant, ce n’est pas faute de convivialité : lors des précédentes manifestations, deux pilotes ont même reçu la distinction suprême, celle de pilote le plus avenant !

L’aéroclub de Saint-Victor a été créé en 2012. Le grand problème a été de trouver un terrain dans cette zone agricole cultivée. Heureusement, un des membres du club a accepté de prêter le sien. La piste est maintenant homologuée, elle peut accueillir toutes sortes d’ULM : pendulaires, multiaxes, autogires, paramoteurs. Depuis 2017, chaque année à l’occasion de la Journée des femmes, le club renouvelle l’opération « Femmes de l’air », en proposant un baptême en ULM au tarif réduit de 40€. En ce beau dimanche ensoleillé, elles étaient une quinzaine, prêtes à s’envoler pour découvrir leur région d’en haut.

Après avoir revêtu casque, gants et combinaison renforcée, pour affronter le froid (-5° en altitude), le départ s’effectue en douceur le long des abricotiers en fleurs, puis c’est l’envol, très haut, très vite. A 100 km/h, on atteint rapidement la vallée du Doux, puis celle du Rhône, on survole les vignes, Tournon et Tain, face au Vercors enneigé, et déjà commence le retour. Aucune secousse, peu de bruit, que du plaisir devant le superbe paysage ondulé de l’Ardèche verte. De là-haut, les perspectives changent, pas facile de repérer tout ce qu’on connaît, les villages assoupis, les bâtisses de pierres dorées, les champs cultivés entourés de haies. Atterrissage parfaitement maîtrisé, félicitations au pilote, avant un café à la buvette organisée par les bénévoles. Une belle émotion, et un vrai changement d’air !

Prochaines manifestations du club : la Fête de l’air, les 9-10 mai, avec des baptêmes, une exposition de modèles réduits … puis un grand pique-nique rassemblant des ULM de toute la région en automne. Des permanences sont organisées les 1er et 3è samedis matin du mois, à la piste de Deyras. Pour tous renseignements : https://airdeschoix.fr ou 06.85.56.10.62.

Article publié dans le JTT du jeudi 26 mars.

jeudi 26 mars 2020

Sur les pas de Bonaparte à Valence

Napoléon Bonaparte a fait deux séjours à Valence, le premier en 1785-86, il avait alors 16 ans et suivait sa préparation militaire au prestigieux régiment La Fère. Jeune lieutenant timide, il fut un lecteur insatiable, exploitant toutes les richesses des bibliothèques de cette ville à l’université réputée. Puis en 1791, en pleine effervescence révolutionnaire, âgé de 22 ans, il s’impliqua alors dans les nombreux clubs savants et politiques. Il s’y fit des amis, Montalivet, Championnet, de Sucy, Aurel, Bou, et connut quelques amours, Caroline du Colombier, Adélaïde de Saint-Germain, Amélie de Laurencin. Devenu général, puis empereur, il ne les oublia pas, leur confiant de grandes responsabilités dans les armées ou à sa cour.
Le service patrimoine de Valence organise des balades « Sur les pas de Bonaparte ». C’est l’occasion de découvrir l’espace muséal qui lui est consacré, au rez-de-chaussée de la Maison des Têtes. Un espace inauguré en décembre dernier, qui présente aussi l’histoire militaire de Valence. La ville, par sa situation géographique, avait une tradition de place militaire. Mais la construction de casernes dans les années 1730, l’arrivée de l’école d’artillerie et du célèbre régiment La Fère, l’importance du Polygone comme champ de manœuvres (42 ha) ont permis à Valence d’obtenir le statut de « place de guerre ». Une plaque apposée place des Clercs rappelle d’ailleurs que 28 généraux drômois ont servi sous la Révolution et l’Empire. Une contribution très importante.

La statue en bronze de Bonaparte lisant, au bord du boulevard Bancel, la fresque du square Bonaparte, ne sont que quelques-unes des 23 étapes du parcours proposé par l’office du tourisme, matérialisé sur la chaussée par des clous en bronze à son effigie. Le parcours commence et se termine à l’espace Bonaparte de la Maison des Têtes, lieu d’exposition et d’information. On y découvre une partie de la collection de l’association « Bonaparte à Valence », une association qui n’a ménagé ni sa peine ni ses deniers, pour obtenir enfin un cadre patrimonial digne de Bonaparte. Afin d’honorer son passage à Valence, passage déterminant dans sa construction d’homme de guerre et d’état.

Article publié dans le JTT du jeudi 2 avril.

Chronique littéraire : Les Bourgeois, de Alice Ferney


Un livre passionnant et d’une ampleur extraordinaire, qui brosse toute l’histoire du XXème siècle à travers la vie d’une famille hors-norme, les Bourgeois.

Bourgeois ils s’appellent, bourgeois ils sont. Henri et Mathilde Bourgeois, catholiques traditionalistes, à l’aise dans la société du début du vingtième siècle, font 10 enfants entre 1920 et 1940. Ils auront ensuite 40 petits-enfants jusque dans les années 1960, et nombre d’arrière-petits-enfants.  Les uns et les autres sont confrontés aux événements qui adviennent. Guerre de 1914, dévaluation de 1929, Front populaire, guerre de 1939, guerre d’Indochine, d’Algérie, Trente glorieuses, Mai 1968…  Au travail savant de documentation s’ajoute l’intérêt d’une prise de vue originale. Chaque événement est vécu par le prisme d’un membre de la famille Bourgeois, ses réactions, ses choix.

La lecture est passionnante, du point de vue des faits, interprétés autrement, et de la psychologie humaine avec ses innombrables facettes. La nature profonde de l’homme apparaît au-delà du cas particulier. Enfance douloureuse, mariage réussi, carrière choisie ou ratée, forment des personnalités différentes malgré la généalogie et l’éducation.
Alice Ferney réussit ainsi à mêler avec bonheur la vie intime de ses personnages, leurs aspirations, les joies et les deuils qui les frappent, avec un contexte de réalisme des faits. C’est un subtil mélange de roman et d’histoire.

Alice Ferney, économiste et écrivaine, est née à Paris en 1961.
Elle a publié ses premiers romans dès 1993 aux éditions Actes Sud.
Les Bourgeois sont disponibles en poche dans leur collection Babel.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 26 mars.

mardi 24 mars 2020

Journal de confinement : Ma copine du balcon

           -          Tu es seule, tu es vieille, tu es cardiaque !!
C’est ce que m’a asséné ma fille au téléphone, pour m’enjoindre de ne plus quitter mon appartement, même pour faire quelques courses.
- Eh … Tu parles de qui, là ?
Je n’allais pas accepter cette définition si cruelle sans me battre.
- Je force le trait, mais c’est pour ton bien, Maman ! Ne sors plus !
Si on me prend par les sentiments… J’ai accepté d’être responsable et civique.

Au bout d’une morne journée, ayant épuisé les plaisirs de la lecture, de la cuisine, de la radio, de l’ordi, (je ne suis pas fanatique du ménage) un message m’a intriguée : soyez à 20h sur votre balcon pour applaudir les services de santé. Pourquoi pas ? C’est un passe-temps comme un autre.

A 20h, me voici sur le balcon, je commence à applaudir dans un silence total, normal, c’est l’heure du sacro-saint JT. Soudain j’entends d’autres applaudissements sur le balcon à côté. Je guette par-dessus le muret, j’aperçois ma voisine. Une jeune femme qui habite sur le même palier que moi, et que je n’ai jamais rencontré depuis mon emménagement, il y a trois mois… Quelle chance, un être humain à portée de voix !

Après avoir copieusement applaudi, nous engageons la conversation. Sommes contentes de pouvoir bavarder, regrettons de ne pas l’avoir fait jusque-là. Evoquons un peu nos activités, elle est toujours en vadrouille, en tant qu’opticienne mobile, je suis souvent à mon bureau, pour écrire mes chroniques. Une connivence sympathique s’installe.

Le lendemain matin, je mets sur son paillasson un stock de vieilles lunettes, pour l’association à laquelle elle participe. Elle pose plus tard un livre devant le mien. Et depuis ça continue, échange de petits mots, de journaux, de films, de baguettes croustillantes sur le paillasson … et le soir, grandes conversations au clair de lune.

J’ai une copine de balcon. Pas belle la vie ?

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 26 mars.


jeudi 19 mars 2020

Connaissez-vous le beatbox ?




La terminologie exacte est human beatboxing (= boîte à rythmes humaine). Cela consiste à faire de la musique en imitant des instruments uniquement avec sa bouche. Une discipline proche du rap, apparue dans les ghettos de New York.

Samedi, la MJC de Tain a proposé un spectacle de human beatbox, intitulé : L’histoire de Petit K. Ce conte musical a enchanté les enfants, les ados et leurs parents, la nouvelle salle de spectacles de la MJC était comble. Matthieu Jacinto, dit Joos, les a initiés au beatbox, à travers le parcours initiatique de Petit K, un mélange de performance musicale, théâtre, humour et poésie. Conçu pour être participatif, ce spectacle fut un grand moment d’échange et d’apprentissage entre le conteur et le public. Les jeunes candidats se sont bousculés pour monter sur scène !
La compagnie « Les nouvelles envolées du théâtre de Privas » productrice du spectacle promeut une éducation artistique et culturelle pour tous, dédiée en partie à la culture urbaine. On la retrouvera en mai à Saint-Donat, pour le festival des Monstrueuses Rencontres, et à Tournon en juin, pour la Fête de la musique.

Article publié dans le JTT du jeudi 12 mars.

samedi 14 mars 2020

Une leçon de tolérance à l’UPVH


Au Siècle des Lumières (XVIIIème) l’esprit français régnait sur l’Europe, un esprit d’ouverture illustré par les philosophes Voltaire, Montesquieu et Diderot entre autres. Pourtant l’époque était à l’intolérance, on pouvait être emprisonné simplement en professant des idées contraires à la loi, ou à la religion. Ce fut le cas de Diderot, qui n’en continua pas moins de publier ses œuvres progressistes.

L’« Entretien d’un philosophe avec Madame la Maréchale de … », présenté à l’UPVH par Philippe Vialle, professeur de lettres, est un dialogue intelligent et drôle, entre deux personnages d’avis opposés : Diderot qui défend un athéisme jugé immoral pour l’époque, et la maréchale, belle dame cultivée mais très pieuse. Cette joute verbale est un régal de finesse, de séduction même, dont le but est d’ébranler les préjugés de chacun.

Diderot professe une morale naturelle, améliorée par l’éducation, guidée par la recherche du bonheur. La maréchale se réfère à Dieu en toute chose de la vie. Lui prétend séparer morale et religion. Elle s’étonne de son honnêteté. Mais ce qu’il fustige avant tout, c’est le fanatisme religieux, cette « peste des âmes », entretenue par les superstitions. Si loin de la signification étymologique du mot religion, qui vient de re-ligere, relier (les hommes). Après des discussions argumentées, les deux protagonistes tombent d’accord : il faut lutter contre l’intolérance, avec la seule arme possible, le langage, en prenant soin d’échanger sans mépris ni violence.

Moralité : Plutôt que de regarder le journal TV, pourvoyeur de noirceur et d’angoisses, où pérorent des bavards sûrs de détenir la vérité, plutôt que de parcourir les réseaux sociaux et leurs outrances, dont l’affaire Mila est un terrible exemple, lisez Diderot !

Article publié dans le JTT du jeudi 12 mars.


dimanche 8 mars 2020

Balade contée gourmande entre Tournon et Tain


Pour fêter Carnaval, et réjouir les nombreux enfants en vacances ainsi que leurs grands-parents, l’office de tourisme Ardèche-Hermitage a organisé mardi 25 février une déambulation gourmande entre les deux rives du Rhône. Dégustation de mots, puis de mets, pour une trentaine de participants.

Margot, en robe de princesse, a entraîné le public au pays des rêves. Cric, crac, les histoires sont sorties de son sac. Parti de l’office du tourisme de Tournon, le joyeux cortège s’est promené jusqu’à Tain. Ménageant quelques pauses stratégiques, Margot a évoqué à travers ses contes les gourmandises du terroir, le Rhône, les oiseaux, l’amour … jusqu’à l’office du tourisme de Tain, où pogne, chocolat et jus d’abricot se sont matérialisés devant les yeux, comme échappés par magie d’un conte rhodanien. Plus question d’écouter, mais de déguster. Cric, crac, les histoires sont rentrées dans son sac.


D’autres animations semblables seront proposées aux vacances de Pâques et en été.
Contact : Offices de tourisme de Tain et de Tournon. Tél : 04 75 08 10 23

Article publié dans le JTT du jeudi 5 mars.

jeudi 5 mars 2020

Le marché aux truffes de Saint-Paul-Trois-Châteaux


De décembre à mars, tous les dimanches matin, entre 9h et 12h30, une foule compacte se presse à travers les ruelles de la vieille ville jusqu’à la place de l’Estan. C’est là, autour d’une belle fontaine de pierre, que se tient le marché organisé par les 18 trufficulteurs de Saint-Paul, Valréas et Grignan. Un véritable cérémonial, mais aussi une excellente occasion de déguster !

Né de la volonté des trufficulteurs de sortir la truffe de son univers secret, ce marché s’adresse aux professionnels mais aussi aux particuliers. Chaque trufficulteur, en chapeau noir et écusson de la confrérie, expose les truffes cavées (recueillies) dans la semaine. Une cueillette ou plutôt une chasse où le chien joue un rôle déterminant. C’est lui qui flaire Tuber Melanosporum, au parfum puissant, bien cachée au pied des arbres, souvent des chênes. Le trufficulteur (rabassié) peut alors creuser la t
erre, prélever le diamant noir et récompenser son chien. Les truffes présentées sont brossées, triées par catégories, sont soumises à la Commission de contrôle réunie avant le marché.

Il existe 3 qualités de truffes :
Extra pour les truffes de qualité supérieure. Forme arrondie et régulière. Ne doit présenter aucune détérioration et doit être supérieure ou égale à 20 grammes. Ce sont les plus chères : 115 € pour 100 g.
Catégorie I : C'est une truffe de bonne qualité avec quelques défauts d'aspects dans la couleur et la forme. Son calibre supérieur ou égal à 10 grammes.

Catégorie II : ce sont toutes les truffes restantes à condition de respecter un calibre supérieur ou égal à 5 grammes.

Sans même acheter des truffes, on peut se régaler immédiatement : Tout autour de la place, restaurants et stands gastronomiques proposent des plats agrémentés de copeaux de truffe. Ravioles, noix de Saint-Jacques, ou chou au chocolat Valrhona, il y en a pour tous les goûts, à des prix abordables. Tout cela accompagné des crus du Tricastin. Et pourquoi pas, ensuite, une petite visite à la Maison de la Truffe voisine ? Vous apprendrez tout sur le monde mystérieux de la truffe noir, dont le Tricastin est le premier producteur en France. Et la promenade dans les ruelles médiévales de Saint-Paul-Trois-Châteaux mérite le détour.

Article publié dans le JTT du jeudi 5 mars.


dimanche 1 mars 2020

Le kiosque de la Viarhôna


C’est sous un soleil estival, le premier jour des vacances scolaires, que Bruno Bert et sa femme Christelle ont réouvert le kiosque « Entre deux ponts » sur la promenade au bord du Rhône à Tain. Les premiers clients les attendaient de pied ferme, attirés par une carte sucrée, dont 36 glaces artisanales de la maison ardéchoise Terre Adélice.

Bruno et Christelle sont ravis d’avoir trouvé cette opportunité, proche de Romans où ils habitent. Ce ne sont pas des débutants, ils exerçaient auparavant la même activité en Lozère. Boissons chaudes, crêpes et gaufres, fabriquées sur place, pour se réchauffer, ou sodas, bières, smoothies, granitas, et un choix de 15 coupes de glaces pour se rafraîchir. Les gourmands de tous âges pourront ainsi se délecter, les sportifs faire une pause réconfortante, en profitant d’une situation agréable sur le quai du Rhône

Le kiosque sera ouvert à partir de 13 h tous les jours pendant les vacances scolaires. En dehors des vacances, tous les jours fériés, mercredis, samedis et dimanches. Jusqu’à 22 h en été. Un complément ou une motivation à la promenade entre les deux ponts…


Article publié dans le JTT du jeudi 27 février.

mardi 25 février 2020

Le retour de la Russie sur la scène internationale


L’UPHV a encore attiré un public nombreux pour cette leçon de géopolitique, qui permet de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Difficile de rapporter la brillante conférence animée par Alain CHAFFEL, docteur en histoire, mais quelques grandes lignes expliquent ce retour de puissance et la pérennité de Poutine au pouvoir.

Tout d’abord, il faut savoir que la Russie n’a aucune tradition démocratique. Depuis toujours, elle a été sous l’emprise des tsars, puis des dictateurs communistes. Le peuple ne se projette donc pas dans une démocratie à l’occidentale. Ce qu’il veut, et que Vladimir lui apporte, c’est retrouver sa place prépondérante dans le monde. Le nationalisme est très ancré dans l’âme russe. Et Poutine, en chef idéal, a su utiliser toutes les cartes pour restaurer le prestige du pays et s’imposer sur la scène politique mondiale. D’où sa popularité.

Après l’effondrement de l’URSS en 1991, la Russie a perdu ¼ de son territoire et ½ de sa population. C’est actuellement un très grand pays de 17 millions de km2, peuplé seulement de 150 millions d’habitants. Qui ne pèse pourtant pas lourd dans l’économie du monde : seulement 2% du PIB mondial, alors que la Chine est déjà à 15%, l’UE à 22% et les USA en tête avec 24%.
Mais la force de la Russie, c’est d’abord son immense capacité énergétique, en pétrole et en gaz, grâce auxquels elle signe des accords commerciaux avec tous les pays demandeurs. Fin stratège, Poutine négocie ainsi avec des pays de bords opposés, les ex-Républiques communistes, peuplées de nombreux Russes, mais
aussi l’Iran, l’Inde, la Chine, la Turquie. Elle monnaie aussi sa maîtrise en industrie nucléaire. Sa puissante armée soutient les rébellions sécessionnistes, en Géorgie, en Ukraine, pour agrandir son influence, retrouver les frontières d’antan. Elle intervient au Moyen-Orient, en Syrie, profitant de l’enlisement américain en Irak. Les manipulations électorales de la Russie à travers Internet et les chaînes de radio et TV sont avérées. Elle soutient financièrement les partis populistes en Europe. 

La seule faiblesse apparente de la Russie, c’est le mécontentement du peuple, soumis à des conditions de vie difficiles, alors que les oligarques sont riches à millions. La majorité des Russes n’a pas profité du passage d’un régime totalitaire à un libéralisme incontrôlé, et les sanctions économiques prises contre la Russie ont ajouté à la méfiance vis-à-vis de l’Occident. C’est plutôt du côté de la Chine que Poutine se tourne. Un pays dont la suprématie s’est imposée en quelques années. Ce sera justement l’objet de la prochaine conférence de l’UPVH le 17 mars.

Article publié dans le JTT.


mardi 18 février 2020

Chronique littéraire : Idiss, de Robert Badinter

Robert Badinter, né à Paris en 1928, est connu pour son combat contre la peine de mort, dont il obtint l’abolition en tant que Garde des Sceaux en 1981. Avocat, professeur, essayiste, homme politique, il évoque ici sa grand-mère Idiss, à qui il fut très attaché. Dans un style émouvant et sobre, c’est toute l’histoire des Juifs émigrés de Russie qui se dévoile sous nos yeux.

Idiss est née en 1863 en Bessarabie, un territoire russe situé près de la Roumanie, où la violence contre les Juifs sévissait. Son époux Schulim, après cinq années passées dans l’armée du tsar, n’arrive pas à nourrir leur famille, avec deux garçons puis Charlotte, née en 1899. Pauvreté, menaces, froid, faim, ils se décident à fuir leur pays. En 1912, ils arrivent à Paris et vivent d’un petit commerce de vêtements d’occasion. Après la Première guerre mondiale, où la famille est miraculeusement épargnée, Idiss connaîtra les plus belles années de sa vie, avant d’être rattrapée par une autre guerre, sans pitié pour les Juifs cette fois.

Avec sensibilité et pudeur, R. Badinter raconte une histoire de gens simples, ballottés dans une époque troublée, qui luttent pour s’intégrer. Leurs joies sont la famille, le travail, la réussite. Ils attachent une grande importance à l’éducation, à la solidarité entre membres de la communauté. Malgré tout, la nostalgie règne. Charlotte épousera Simon Badinter, exilé comme elle, qui fera commerce de fourrures, avant d’être arrêté par la Gestapo. Claude et Robert, leurs enfants, répondront aux exigences parentales en faisant de brillantes études.

Une histoire familiale pleine d’enseignements, emblématique de beaucoup d’histoires d’émigration. Mais plus encore, un récit intime et sensible, qui touche le cœur de n’importe quel lecteur.

Idiss est maintenant disponible en Livre de Poche.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 13 février 2020.

lundi 10 février 2020

La Cité de la Chaussure à Romans


A ne pas confondre avec le Musée de la Chaussure ! Au contraire, la Cité joue l’avenir, l’intégration dans le 21ème siècle. Son objectif est de valoriser le savoir-faire local des ouvriers du cuir, et de maintenir l’image de marque de Romans comme capitale de la chaussure. Comment ? En produisant des chaussures Made in Romans, en les proposant à la vente sur place ou sur Internet, et en attirant un tourisme soucieux du savoir-faire français.

Le projet est né il y a 10 ans après la fermeture des établissements Charles Jourdan. Christophe Chevalier, PDG du groupe Archer, refusant la malédiction, a décidé de perpétuer la vocation de Romans, mais autrement. En initiant la création de petits ateliers de fabrication de chaussures, dans des secteurs de niche, en leur proposant de s’unir en coopérative, pour commercialiser à moindre frais, en relation directe avec les clients. Et en surfant sur le label « Made in France ».

Une quinzaine de petites entreprises se sont ainsi lancée dans la région romanaise. Parmi elles, Archer, Made in Romans, 1083, Milémil, Magic Feet à Saint-Donat, Faugier à Tournon… Leurs ateliers sont dispersés, mais toutes commercialisent leur production ensemble, dans une même boutique de 300m2 : la Cité de la Chaussure. Cette structure, édifiée sur les 6000 mètres carrés d’un ancien Intermarché, a été inaugurée en juin, elle partage sa surface avec l’Office de Tourisme de Romans dans une synergie bienvenue. L’implantation est stratégique, en plein centre-ville, 36 place Jean Jaurès, entre Marques Avenue et le Jacquemart. En plus de faire des achats, le public peut visiter sur rendez-vous les ateliers de production.

Des encarts didactiques au centre de la boutique rappellent les étapes de la fabrication des chaussures : découpe des pièces de cuir, couture des différents morceaux pour faire la partie supérieure de la chaussure, la tige, puis montage sur ébauchoir et pose des semelles. Une mention spéciale à la maison Ector qui présente la fabrication de sneakers à partir de bouteilles de plastique recyclées. Le top du made in France écologique.

Bientôt un snack avec des produits locaux complétera l’offre de façon conviviale. La Cité de la Chaussure a bien d’autres projets, elle espère dans les années futures redorer le blason romanais et fournir une centaine d’emplois dans la filière du cuir. En produisant local, en promouvant le savoir-faire des Romanais, en développant une consommation soucieuse de ses racines, en s’intégrant dans le tourisme culturel. Bonne chance à eux pour 2020 !



Boutique ouverte du lundi au samedi de 10h à 19h. Contact : ​​04.75.48.41.58

Pour la visite des ateliers, prendre RV avec l’Office de tourisme : 04.75.02.28.72

Article publié dans le JTT du jeudi 6 février 2020.

mercredi 5 février 2020

Calixte II, pape franc-comtois et isérois


Guy de Bourgogne naît aux environs de 1060, au château de Quingey (Doubs), domaine de son père.  Fils du comte palatin Guillaume le Grand, il est lié à toutes les familles régnantes d’Europe. Il reçoit une éducation solide à l’école du chapitre de la cathédrale Saint-Jean, à Besançon, dès l’âge de huit ans. Guy poursuit ses études jusqu‘à devenir docteur en droit civil et théologien.

Guy est au cœur d’un impressionnant réseau familial, il est par alliance oncle du roi de France Louis VI, cousin germain de l’empereur germanique Henri IV, et beau-frère de la reine d’Espagne. Il est donc à la fois proche du pape et de l’empereur, alors qu’à l’époque une querelle mine les relations entre ces deux personnages : la querelle des investitures (l’empereur avait décidé de nommer lui-même pape et évêques, les traitant comme des fonctionnaires).

En 1085 ou 1086, le frère aîné de Guy, Hugues de Bourgogne est nommé archevêque de Besançon. Un autre diocèse se trouve vacant : celui de Vienne (Isère), Guy, jeune chanoine, y est élu archevêque en 1088, alors qu’il n’a pas trente ans. Il entame une réorganisation efficace des églises et abbayes de son diocèse. Malgré une querelle récurrente avec l’évêque de Grenoble, au sujet d’une territoire limitrophe, les papes successifs apprécient les qualités de négociateur de Guy. Nommé légat du pape, il gère d’importantes missions en France et en Europe.

En 1118 le pape Gélase II, obligé de fuir Rome occupée à nouveau par les troupes de l’empereur et un antipape à sa solde, se réfugie en France. Mais il tombe malade et meurt à l’abbaye de Cluny. Une élection y est alors rapidement organisée le 1 février 1119, et Guy est élu pour sa ténacité, sa connaissance des affaires de l’Eglise, son réseau d’influences. Nommé pape, il est couronné à la cathédrale Saint-Maurice de Vienne le 9 février 1119 sous le nom de Calixte II.

Dans une longue tournée à travers la France, il organise des conciles à Toulouse, à Reims, réforme les ordres monastiques, rencontre les rois de France et d’Angleterre, règle toutes sortes de conflits, de privilèges, consacre des églises, comme celle de Saint-Antoine-l’Abbaye. Avant de rejoindre Rome, où il est reçu avec enthousiasme par la population et le clergé. L’antipape prend la fuite. La ville est ravagée par les conflits, Calixte se charge à la fois du gouvernement de l’Eglise et des problèmes d’urbanisme. Il déploie une activité considérable en tous domaines. Sa gloire est liée au règlement de la querelle des investitures qui dure alors depuis plus de 40 ans. L’empereur germanique Henri V, conscient de la puissance du pape Calixte II, accepte un compromis (Würzburg 1121 puis Worms 1122) établissant la paix et précisant le partage des pouvoirs temporel et spirituel.

Après cinq années d’intense activité, la santé du pape se détériore. Il meurt à Rome le 13 décembre 1124. Il est enterré dans la basilique Saint-Jean-de-Latran.

En 2019, le neuf-centième anniversaire de son accession au trône de Saint-Pierre a donné lieu à de nombreuses célébrations à Besançon, à Quingey, à Vienne et à Saint-Antoine-l’Abbaye. L'occasion de redécouvrir ce pape illustre dont Franche-Comté et Isère peuvent être fières.


Plus de détails et de photos dans l'Esprit Comtois N° 19 qui vient de sortir en kiosques.

lundi 20 janvier 2020

Les mystères du Nombre d'or

La salle A003 du lycée Gabriel Faure de Tournon n’était pas trop grande mercredi soir pour accueillir une trentaine de passionnés. Pour une fois, il ne s’agissait pas de devoir surveillé, mais d’une conférence de l'UPVH sur un nombre magique, aux propriétés étonnantes, qui a traversé l’histoire : le nombre d’or, utilisé en peinture, architecture, botanique, présent dans le corps humain, sans oublier ses étonnantes propriétés mathématiques.

Le nombre d’or, ou divine proportion, est le rapport entre la longueur et la largeur d’un rectangle considéré comme le canon de l’harmonie. C’est un nombre irrationnel, désigné par la lettre grecque phi : φ = (1+ v2):2 soit environ 1.618...avec une infinité de décimales. Phi, en hommage à Phidias, architecte du Parthénon, dont la façade est un des exemples de l’utilisation du nombre d’or en architecture. On le retrouve aussi dans la grande pyramide de Khéops, les cathédrales comme Notre-Dame de Paris, dans les rapports entre les ellipses des châteaux d’eau de Philolaos à Valence… Le nombre d’or a toujours passionné artistes et scientifiques, et au premier plan Leonardo da Vinci, dont le célèbre Homme de Vitruve en est une illustration parfaite. 

Pierre Bonnet, ancien directeur du collège Saint-Louis n’a pas eu de peine à captiver son auditoire, allant jusqu’à donner des exercices de tracés de rectangles d’or, de spirales dorées, et autres étoiles divines… dévoilant jusqu’aux proportions humaines soi-disant idéales ! De quoi gamberger ... d’ailleurs le nombre d’or a suscité des nombreuses théories ésotériques au fil des siècles. 

En dehors des peintres qui l’ont utilisé, comme Botticelli, Seurat, Vinci avec sa Joconde, nous avons tous dans notre poche une illustration du nombre d’or : la carte bancaire, dont le format respecte la divine proportion. Une carte d'or, en somme, à ne pas trop faire chauffer en période de soldes !

Article publié dans le JTT du jeudi 16 janvier 2020.

jeudi 9 janvier 2020

Chronique littéraire : Là où les chiens aboient par la queue, de Estelle-Sarah Bulle


A travers trois personnages atypiques, Lucinde la couturière arriviste, Antoine la petite trafiquante, et Petit-Frère, l'employé sérieux, l'auteur raconte la vie de sa famille et l'histoire de la Guadeloupe depuis 1940. Une histoire de misère et de racisme, de rire et de débrouillardise, dans un style fluide, aux saveurs épicées, aux expressions imagées.

La Guadeloupe, dans les années quarante, est une île pauvre, tenue par les békés, propriétaires des bananeraies et des exploitations de canne à sucre, soumise à des politiciens véreux. Les autochtones survivent à coups de petites combines, cultivant l'insouciance contre la précarité, malgré un racisme omniprésent dans une société métissée à tous les degrés.

Le bouleversement des valeurs traditionnelles commence avec l'arrivée massive des bateaux. Touristes en goguette, produits de la société de consommation, les classes populaires découvrent qu'ailleurs, on vit mieux, autrement. Ainsi chacun commence à rêver de partir en France, où tout paraît si facile.

Après les émeutes de 1967 et leur violente répression, le père de l'auteur tente sa chance. C'est ainsi qu'Estelle-Sarah naît dans une banlieue parisienne. Où on cultive la nostalgie du pays, tout en essayant de s'intégrer. D'autres difficultés adviennent, l'exil et le racisme, mais la double culture est propice à l'expression poétique.

Estelle-Sarah Bulle est née à Créteil en 1974. Elle travaille dans des institutions culturelles. Ce premier roman passionnant a obtenu le prix Stanislas. Il est disponible en poche chez Liana Levi.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 9 janvier 2020.

jeudi 2 janvier 2020

Les Lumières de Valence


Les Lumières de Lyon ont fait école ! Chaque soir, on peut admirer sur la façade de la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence un magnifique spectacle d’images racontant la ville. C’est la grande nouveauté des Féeries d’Hiver, à côté des incontournables grande roue et village de Noël. Avantage par rapport à Lyon : si les spectateurs se succèdent nombreux pour profiter du spectacle, il n’y a aucune cohue.

Le spectacle de 20 minutes est joué en boucle, jusqu’au 5 janvier, de 18h à 20h30. Il présente l'histoire de Valence en lumières et en musique, depuis l'époque romaine jusqu'à aujourd'hui, évoquant diverses facettes emblématiques, comme le Rhône et la N7, le pape Pie VI et Mandrin, la diaspora arménienne ou le studio d'animation Folimage. Et bien sûr la gastronomie, avec le vin, les fruits, les Suisses et les berlingots Pic.

C’est une volonté de la Région Auvergne-Rhône-Alpes : devenir la région des lumières, et mettre en valeur l'entreprise qui réalise ces animations, Les Allumeurs de Rêves, basés en région lyonnaise. D'autres sites sont à l'honneur : la cathédrale de Vienne, le château d’Aubenas, et plus près d’ici la Tour Jacquemart à Romans, où un petit spectacle de 4 minutes intitulé le Mystère de la Tour déroule chaque soir ses images féeriques, au grand plaisir des enfants.

Deux balades familiales à faire à la tombée de la nuit, pour profiter des illuminations et partager la magie de Noël.

Article publié dans le JTT du jeudi 2 janvier 2020.