
Pâques est la fête la plus importante de l’Église
Arménienne. Une Église qui fut longtemps l'institution principale du peuple
arménien, soumis aux vicissitudes de l’histoire. Il y a donc une quasi-identité
entre ce peuple et son église. En France, on compte plus de 600 000
Arméniens de souche ou d’ascendance, qui perpétuent les traditions, notamment
dans la région de Valence.
Le jour de Pâques, familles et amis se réunissent autour
d’un dîner constitué de mets à base d’œufs, de poissons et de légumes
accompagnés de riz pilaf aux fruits secs, sans oublier les desserts au miel et
aux amandes et le délicieux
tcheurek (pain brioché tressé et sucré). En
général, tous ces plats sont disposés ensemble sur la table pour que chacun profite de la convivialité.

Quelques jours avant, on prépare les œufs durs, qui sont traditionnellement colorés en rouge, selon une méthode naturelle : cuisson dans un bouillon de pelures d'oignons. L’œuf symbolise les quatre éléments, sa coquille serait le ciel, sa membrane : l’air, le blanc : l’eau et le jaune : la terre. La couleur rouge incarne joie et beauté, mais aussi le sang versé par le Christ rédempteur. Il est de tradition d'échanger des œufs durs rouges avec ses proches le jour de Pâques, en se saluant par l'invocation « Christ est ressuscité ! »

Le mome
nt très attendu, juste avant le repas, c’est la bataille d'œufs. Chaque invité, après avoir choisi un œuf décoré dans la corbeille, le tient bien droit, pointe contre pointe de l’œuf du voisin. D'un coup sec, chacun essaie de casser l’extrémité de l'œuf de l’autre. Celui dont l’œuf ne se brise pas est
gagnant (il gagne l'œuf de l'autre), et continue le jeu.
Ensuite, le repas pascal peut commencer avec la dégustation des oeufs.
L’histoire de l’Arménie est aussi complexe que celle de son
église. Ainsi, les Arméniens célèbrent Pâques le même jour que les chrétiens,
contrairement aux orthodoxes qui le fêtent une semaine plus tard, ce qui
rappelle les liens passés avec l’église catholique. Mais le Noël arménien est, lui,
fêté le 6 janvier, selon le calendrier orthodoxe, religion à laquelle l’église
arménienne a aussi été liée par le passé ! Maintenant, elle est
indépendante de Rome comme de Constantinople, sous la responsabilité d’un
Patriarche.
Ce qu’il faut retenir, c’est que le royaume d'Arménie fut le
premier État à adopter le christianisme comme religion officielle, grâce
à saint Grégoire, probablement vers l’an
301. Quant aux origines de
l'Église arménienne, elle remonte aux
apôtres
Jude
et
Barthélemy, au Ier siècle. Et plus loin encore,
c’est sur le Mont Ararat (5165 m), symbole de l’Arménie historique, que se serait
posée l’Arche de Noé.
Article publié dans le JTT du jeudi 23 avril.