samedi 3 août 2013

Chronique littéraire : Les oreilles de Buster, de Maria Ernestam

Tuer sa mère. C'est ce qu'Eva décide, à l'âge de sept ans. Petite fille détestée et délaissée par une mère frivole et perverse, elle s'exerce d'abord sur Buster, le méchant boxer des voisins. Puis continue à se venger directement des souffrances qu'elle endure, avec méthode et sans scrupule.
Longtemps après, grand-mère passionnée par ses rosiers, elle entreprend de rédiger son journal, pour se soulager de tous les secrets, les non-dits, qui ont écrasé sa vie. Et pour s'expliquer vis-à-vis de sa fille Suzanne, en pleine détresse.

Père faible et absent, mère égocentrique, Eva n'a compté que sur elle-même pour survivre, avancer, et régler ses comptes. Injustices, désamour, ruptures, solitude émaillent son parcours, mais le contexte reste opaque. Qui est Sven ? Qui est John ? Comment Suzanne est-elle née ? Les rapports mère-fille et homme-femme sont ici disséqués au scalpel. L'intrigue est bien menée, les révélations surprenantes. Malgré des apparences convenues, une famille bourgeoise dans le Stockholm des années 1960, rien n'est normal dans le déroulement de la vie d'Eva.

Maria Ernestam est née en Suède en 1959. Son roman a obtenu le prix Page des Libraires en 2011.
Il est disponible en Babel Poche au prix de 9,80€.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 1 août 2013.

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