lundi 3 décembre 2012

Chronique littéraire : Le Coeur Cousu, de Carole Martinez

Ecrit dans un style lyrique et merveilleux, qui tisse en fil d'or des liens entre broderie, rêve, mystère et féminité, un livre envoûtant. A la fois conte poétique et récit palpitant, d’une imagination débridée, il nous entraîne dans un monde baroque, onirique, hors du temps.

Frasquita vit la difficile vie d'une femme, dans un village du Sud de l'Espagne, où traditions, religiosité, pauvreté sont le lot commun. Mais elle possède un don extraordinaire : elle coud comme une fée, rend la vie aux vêtements par ses broderies somptueuses, ses raccommodages artistiques, rapièce même les hommes. On la soupçonne de sorcellerie.
Jouée aux cartes et perdue par son mari, elle fuit à travers une Andalousie en pleine révolte, entraînant avec elle ses enfants, tous pourvus de dons bizarres, eux aussi. L'une chante et son chant calme  la foule, l'autre peint sur les murs des motifs exubérants, la troisième se nourrit de lumière, le quatrième parle aux morts, et la dernière écrit. J'oubliais la muette, qui devient... conteuse.
La fuite éperdue de Frasquita et ses enfants, leur survie difficile, révèlent toute la gamme des violences faites aux femmes, ainsi que la force inaltérable du lien maternel. L'alternance des joies et des peines, avec son lot d’oubli, d'entraide. Et la renaissance, par l'amour et le don.

Carole Martinez, comédienne, professeur  de français, romancière, est née en 1966. Le Coeur cousu, son premier roman en 2007, a obtenu un succès considérable et de nombreux prix. Du domaine des Murmures, en 2011 a obtenu le Goncourt des Lycéens.
Le Coeur cousu est disponible en Folio poche au prix de 8,60€.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 29 novembre 2012.

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