samedi 15 décembre 2012

Chronique littéraire : 1Q84, de Haruki Murakami


Q comme « qiû » (9 en japonais), mais surtout Q comme question, lorsque le monde devient étrange, avec l’apparition de deux Lunes et des « Little People ». Avec 1Q84, le fantastique fait irruption dans une aventure réelle palpitante, on quitte 1984 pour un monde parallèle.

Les chapitres suivent alternativement les péripéties de la vie de Tengo, prof de math et écrivain, et d’Amamoé, prof d’arts martiaux et tueuse à gages. Deux trentenaires marqués par un passé douloureux. On perçoit leurs failles, leurs points communs, avant de les suivre dans leur impossible objectif, liquider un violeur pour l’une, réécrire le livre génial mais inachevé d’une adolescente pour l’autre.
Les autres personnages, Fukuéri, la jeune fille, Ayumi, la vieille dame, Komatsu l’éditeur, Maître Erisomo, sont des êtres originaux, qui expriment toute la complexité du Japon des années 1980. Pays du sourire, de la technologie efficace, mais aussi société machiste, corruption politique, montée des sectes et omniprésence de l’argent. Beaucoup de détails concrets d’une grande minutie, nourriture, habillement, musique, littérature, actualités, qui rendent très vivant ce portrait du Japon.

L’intrigue passionnante, pleine de rebondissements, mélange habilement analyse du Japon passé et contemporain, vie quotidienne et rituelle,  épouvante et science-fiction, à une histoire d’amour délicate. Malgré ce foisonnement, la lecture est facile et plaisante. 
Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949,  mondialement célèbre, est le maître incontesté du roman japonais surréaliste.
1Q84 est actuellement disponible en édition de poche 10/18 au prix de 9.12 €.(Trois tomes, qu’on peut déguster séparément, ou s’offrir en coffret cadeau).

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 13 décembre 2012.


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