vendredi 7 décembre 2012

Première neige au Ballon d'Alsace


14h, nous sommes huit à affronter la tourmente, sur le parking de l’auberge. Environ 25 cm de neige fraîche au sol, des rafales. Ambiance Antarctique, température -1°, ressentie -6° précise la météo. Aucune visibilité.  Le blizzard glacé attaque à l’horizontale, l’équipement maximum est de rigueur. Nous chaussons les raquettes pour la première fois de l’hiver, pas convaincus. Eric nous entraîne dans la forêt en contrebas, là où le vent ne souffle pas. Et la magie de la neige opère. Vallon ouaté, arbres en tenue de soirée, ruisseau scintillant, on oublie nos doutes. Quelle chance d’être ici, de profiter de cette nature superbe ! Moment privilégié, on se sent tellement mieux qu’en ville, où la pluie doit être sinistre…
 La neige est lourde, sa profondeur irrégulière, la pente est raide, il faut rester vigilant. Quand la fatigue se fait sentir, une cépée de sapins nous offre un refuge magique, un nid à l’abri des branches enneigées, comme dans un conte de Noël. Nous abandonnons masques et cagoules, pour ce moment convivial. Le goûter, c’est important. Et jamais décevant, aujourd’hui crêpes, petits anges à la cannelle, thé, infusion, chocolat…

C’est au retour au sommet que les choses se gâtent. Les voitures sont congelées. La couche de neige épaisse, tassée par la dameuse, forme des bourrelets chaotiques à la sortie du parking. Le jour faiblit, tout est blanc, on ne distingue pas le ciel de la neige. Il faut partir, vite. Nettoyage des vitres, déblocage des portes, des essuie-glaces, rangement du matériel. La première voiture, courageuse, démarre mais stoppe juste devant un amas de neige, il faut contourner l’obstacle, elle repart. La deuxième voiture, téméraire, la suit trop vite, et se plante dans le tas de neige. Aïe ! Solidaires, on pousse, mais ça ne suffit pas. Eric trouve une pelle et dégage les roues, ouf, elle peut repartir. 

Eric part en dernier, pour rassurer tout le monde. La nuit est tombée, la route est glissante, la visibilité mauvaise. Il est prudent, pas le moindre coup de frein, qui mettrait le véhicule en travers. Moi ? Je me sens complètement sereine : traverser l’enfer blanc en voiture avec Eric, en discutant littérature, c’est comme regarder Croc-Blanc attaqué par les loups, du fond de son canapé…

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