vendredi 5 août 2016

Polyphonies corses : Le Choeur et le coeur de Sartène

Mardi soir, à Tournon, le concert de polyphonies corses a débuté par une minute de silence, en hommage aux victimes de l'attentat du matin, dans l'église de Saint-Etienne-de-Rouvray. Impossible de ne pas évoquer ce drame, sa signification pour notre société. Jean-Paul Poletti est allé plus loin, en demandant à l'assistance de rester debout lors de l'interprétation d'une pièce extraite de la Misa de profundis (messe des morts). Sous les voûtes de Saint Julien, l'harmonie parfaite des six voix masculines a retenti comme un chant divin, touchant profondément le public.

Le concert de ce chœur de polyphonies corses est un spectacle complet, grâce à la verve généreuse de son chef, qui introduit chaque morceau par une anecdote, un rappel historique, une précision musicale, ou une considération philosophique, le tout avec simplicité, chaleur et détermination.
Sartène est « la plus corse des villes corses ». Avec ses quatre couvents, dont celui des Franciscains, elle bénéficie d'une culture musicale fortement ancrée depuis plusieurs siècles. C'est donc du répertoire religieux que sont extraits la majorité des chants proposés. Quelques incursions profanes : la roue de la vie, Gira, une berceuse populaire, Dormi, une illustration de la Divine Comédie de Dante, pour rappeler l'influence de l'Italie dans la culture corse.

Le public a ovationné la perfection des interprétations, servies par la belle acoustique de la Collégiale. Un rappel, puis deux, puis trois. Jean-Paul Poletti a fait monter l'enthousiasme d'un cran en invitant les participants à former trois pupitres pour interpréter Cantu (je chante). Pianissimo, puis fortissimo ... L'apothéose fut le déploiement du drapeau corse, au quatrième rappel, avec bien sûr, l'interprétation de l'hymne corse, en réalité un hymne à Marie, la sainte patronne de l'île. Quand religion et patriotisme sont intimement mêlés, pour sauvegarder une culture, a insisté le Chef de Chœur, en regard de l'actualité tragique...

Article publié dans le JTT du jeudi 4 août.

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