samedi 11 août 2018

Les Iles Eoliennes, paradis des amateurs de vulcanologie

Stromboli. Qui n’a pas rêvé de ce bloc de rochers noirs, que la blonde Ingrid Bergman essayait de fuir, dans le film de Rossellini sorti en 1950 ? Eh bien, à Stromboli, la vie n’a guère changé malgré l’afflux des touristes. Une beauté âpre à couper le souffle. Pas de route, juste des sentiers et des bateaux, pour aller d’un lieu à l’autre. Les touristes grimpent en colonnes bien encadrées sur les flancs du volcan, toujours actif, pour assister aux éruptions nocturnes. Puis repartent en bateau, après avoir dévalisé les magasins de souvenirs et les cafés. L’île retrouve alors son calme, sa vie traditionnelle, indifférente à l'éventualité d’une éruption subite.
Stromboli fait partie de l’archipel des Eoliennes, sept îles volcaniques, situées à quelques kilomètres au nord de la Sicile. Le paradis des vulcanologues qui peuvent varier les plaisirs : monter aux sommets, admirer les cratères, la lave en fusion, les émanations de gaz sulfureux, ramasser des éclats d’obsidienne, de pierre ponce, de kaolin. Et dégringoler ensuite parmi les genêts et bougainvillées jusqu’aux petits villages blancs, pour profiter des joies de la mer.

La plus grande des îles, c’est Lipari. Un lieu de vacances idéal, avec sa citadelle, son musée, son joli port. Une petite Italie en miniature, où la vie s’arrête entre les passages des ferrys et hydroglisseurs qui apportent toutes les ressources du continent, marchandises, touristes, travailleurs, jusqu’à l’eau potable. Le matin, les triporteurs s’installent aux carrefours pour vendre du poisson ou des fruits frais. Le soir, touristes et habitants se retrouvent pour la rituelle passeggiata entre la rue piétonne et le port. La dolce vita.
Vulcano est une immense soufrière, l’escalade de son Gran Cratere est facile, si l’on n’est pas sensible aux émanations. Salina est une réserve naturelle, couverte de câpriers et de vignes qui produisent le vin de Malvoisie. Panarea se la joue jet-set, ses fonds sous-marins sont superbes. Les minuscules Alicudi et Filicudi sont des ilots simplement formés d’un cône volcanique sur lequel quelques maisons abritent une dizaine d’habitants.
Depuis Lipari, les bateaux desservent régulièrement toutes les îles, chacune ayant son originalité. Mais partout des sentiers, des falaises, des grottes, des plages de sable noir, galets, ou rochers, permettent de pêcher et chasser crabes, oursins et coquillages. Et de profiter de la baignade. Pour rejoindre l’archipel, il faut d’abord aller en Sicile, puis gagner le port de Milazzo, enfin prendre le bateau. Malgré ce trajet compliqué, en été, les îles sont surbookées. C’est au printemps ou en automne qu’il faut savourer ce petit paradis de mer, de feu et de fleurs, où l’on vit hors du temps. Ciel azur, mer infiniment bleue, rochers noirs, brise garantie, car les îles éoliennes sont le domaine d’Eole, dieu des vents. Les quatre éléments sont réunis pour combler toutes les attentes des visiteurs.

Article publié dans le JTT du jeudi 9 août.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire