vendredi 21 juillet 2017

Chronique littéraire : Le temps est assassin, de Michel Bussi


Un thriller palpitant, un mystère total, où chaque chapitre distille un indice que le chapitre suivant infirme. On ne peut lâcher l’intrigue diabolique concoctée par l’auteur.

Un décor de rêve, la Corse, et plus particulièrement la sauvage Balagne, en été. Sur une route tortueuse un accident mortel a eu lieu en 1989, qui a coûté la vie aux parents et au frère aîné de Clotilde. En 2016, la même Clotilde, seule survivante, a enfin le courage d’affronter son passé et d’emmener mari et fille sur les lieux. Mais là, une lettre l’attend. Pas n’importe quelle lettre : elle a été écrite quelques jours avant par sa mère, morte…

Michel Bussi a choisi une double narration. D’une part le carnet intime de Clotilde à 15 ans, trop jeune pour sortir en boîte, trop grande pour suivre les parents, et qui observe les excès des uns, les erreurs des autres. Un carnet qui expliquerait beaucoup de choses, mais qui a mystérieusement disparu. D’autre part l’avancement de l’enquête menée par Clotilde, qui veut comprendre, 27 ans plus tard. Et se met en danger.

Les personnages aux réactions très affirmées (les adultes) ou en recherche (le groupe d’ados) sont parfaitement analysés. Le contexte corse et son omerta, la vie de couple et ses lassitudes, les relations ados-adultes, l’appât du gain, du sexe, chaque groupe a de bonnes raisons d’être coupable. Mais qui est passé à l’acte ? Qui a provoqué l’accident ? Des fantômes ?
Après avoir perturbé le lecteur dans des soupçons irrationnels, la réponse finale éclate dans toute sa complexité, les deux cercles ayant une part de responsabilité, dont l’assassin, et surtout l’auteur, ont admirablement su tirer parti.

Michel Bussi, né en 1965 dans l’Eure, professeur de géographie politique à Rouen, est devenu le deuxième écrivain français en nombre de livres vendus, après Guillaume Musso. Un succès bien mérité, couronné par de nombreux prix, on ne peut résister à ses énigmes diablement ficelées.

« Le temps est assassin » est disponible en poche chez Pocket.

Chronique publiée dans le JTT.

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