vendredi 15 avril 2016

Chronique littéraire : Un hiver à Paris, de Jean-Philippe Blondel

JP Blondel décrit avec simplicité et minutie le mal-être des étudiants confrontés à l’hyper sélectivité des classes préparatoires, l’élitisme méprisant des profs, la surcharge de travail. Son héros, Victor, un jeune provincial, s’adapte difficilement à une bourgeoisie intellectuelle parisienne dont il ignore les codes. La perte de contact avec ses parents, l’incompréhension de ses camarades, le déstabilisent. Il se sent isolé, à l’écart, et se demande comment et combien de temps il va tenir.
 
Le suicide de Mathieu, un étudiant avec qui il avait échangé quelques mots un jour de grande solitude, change la donne. Bombardé ami de la victime, il devient intéressant aux yeux des autres khâgneux, des profs, du proviseur, et des parents de Mathieu. Victor est à la fois profondément ébranlé par la mort de son copain, et intrigué par l’intérêt qu’il présente. Il expérimente et goûte ainsi de nouvelles relations. Une évolution qui va lui permettre d’affirmer sa vocation. Il sera prof, mais un prof  au contraire de celui qui les torture en hypokhâgne, et écrivain, pour écrire tout ce qu’il voit et ne dit pas.

Dans ce livre passionnant, on retrouve Jean-Philippe Blondel au meilleur de sa plume. Un prof avec qui on aurait aimé suivre des cours ! Ecrivain prolifique, il sait mettre en mots les souffrances de l’adolescence, la sienne n’ayant pas été épargnée par le malheur. Avec une belle empathie pour son personnage, il le laisse peu à peu trouver sa place. Un message qui suscite l'espoir.

Ce roman est disponible en poche chez Pocket.

Chronique publiée dans le JTT.

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