vendredi 6 juin 2014

Réforme scolaire : la quadrature du cercle

La réforme des rythmes scolaires devait s’appliquer partout dès la rentrée de septembre 2013. Reportée par certaines municipalités jusqu’à la rentrée 2014, elle est en train de fondre comme neige au soleil.
Dans ma petite ville, après consultation des parents, voilà ce qu’il en reste : les élèves iront en classe de 8h à 11h et de 13h30 à 16h30 le lundi, mardi, jeudi, ainsi que le mercredi et vendredi matin, la dernière après-midi étant consacrée à des activités périscolaires. Plus question d’un allègement du temps de travail quotidien, on réduit la semaine. A l’encontre des rythmes préconisés par les spécialistes du développement de l’enfant.

J'avais pourtant espéré une réforme profonde. Avec un Président de gauche, une majorité de gauche, les conditions étaient idéales pour tenter de réformer l’éducation nationale, bastion traditionnel de l’électorat de gauche. Eh bien non, la réforme ne passe pas mieux que si elle venait de droite. Les  raisons en sont multiples : les municipalités démunies devant la gestion et le financement du périscolaire. Les habitudes, les acquis : parents ne voulant pas payer les activités, casse-tête pour ceux qui travaillent, enseignants refusant de sacrifier leur mercredi. Mais où est le bien de l’enfant ?

Pourtant, une réforme de fond est nécessaire. L’école de la République est inadaptée à la société actuelle et n’assure même pas l’intégration dans le monde du travail. Les profs font des miracles pour essayer de structurer, d’intéresser des enfants qui ne pensent qu’à déserter, soutenus par des parents désabusés.

Les autres systèmes scolaires, allemand, suisse, suédois… ne sont pas parfaits, mais ils sont pragmatiques : généralisation du numérique, apprentissage, séjours sportifs. Ils privilégient la prise de responsabilité, l’autonomie, la créativité. Et les élèves vont en cours cinq jours par semaine.

Il n’y a pas que les horaires à modifier. Le nombre d’élèves par classe, la reconnaissance des enseignants, la simplification administrative (le nombre d’autorisations nécessaires décourage toute initiative), le respect mutuel profs- parents… Quant aux programmes ? Si on y intégrait la conduite automobile, la cuisine, le travail manuel, la botanique et  l’astronomie, voire la programmation informatique ou l’histoire des religions, on aurait tous envie d’aller à l’école !


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