dimanche 17 février 2013

Chronique littéraire : Le dîner, de Herman Koch


Voilà un menu gastronomique qui risque fort d’être indigeste ! Car Hermann Koch, observant les faux-semblants, gratte où ça fait mal, et pose une question dérangeante : Jusqu’où peut-on couvrir les dérives de ses enfants ? La réponse est terrible.

Un restaurant gastronomique, deux frères et leurs épouses. L’un est un homme politique connu, qui songe surtout à ses électeurs, à son image. L’autre est un ancien prof plutôt sarcastique vis-à-vis de la société. Les femmes, elles, ont toujours soutenu leurs enfants, et continuent, jusqu’à la faiblesse.
Aux hors d’œuvre, la satire sociale se met en place. Souci des apparences. Avec le plat principal  la conversation glisse des potins mondains au drame immonde dont se sont rendus coupables leurs fils. Pas n’importe quoi : le meurtre d’un SDF. Pourtant, ni la culpabilité, ni la compassion ne sont au rendez-vous. Les convives restent sur leurs gardes, mentent, chacun calculant au mieux les chances de son propre fils : comment effacer cet épisode honteux ? Faut-il garder le silence, nier, protéger ? Le dessert sera glacé et glacial.

Terrible leçon sur les dérives d’une société, où les parents ne donnent plus de repères à leurs enfants, parce qu’ils ont eux-mêmes abandonné toute morale.

Herman Koch a obtenu un succès phénoménal avec ce roman. Né à  Arnhem en  1953, c’est un acteur, scénariste et journaliste célèbre aux Pays-Bas. Le Dîner est maintenant disponible en format 10/18 au prix de 7.69€.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 14 février 2013.

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