samedi 14 mars 2020

Une leçon de tolérance à l’UPVH


Au Siècle des Lumières (XVIIIème) l’esprit français régnait sur l’Europe, un esprit d’ouverture illustré par les philosophes Voltaire, Montesquieu et Diderot entre autres. Pourtant l’époque était à l’intolérance, on pouvait être emprisonné simplement en professant des idées contraires à la loi, ou à la religion. Ce fut le cas de Diderot, qui n’en continua pas moins de publier ses œuvres progressistes.

L’« Entretien d’un philosophe avec Madame la Maréchale de … », présenté à l’UPVH par Philippe Vialle, professeur de lettres, est un dialogue intelligent et drôle, entre deux personnages d’avis opposés : Diderot qui défend un athéisme jugé immoral pour l’époque, et la maréchale, belle dame cultivée mais très pieuse. Cette joute verbale est un régal de finesse, de séduction même, dont le but est d’ébranler les préjugés de chacun.

Diderot professe une morale naturelle, améliorée par l’éducation, guidée par la recherche du bonheur. La maréchale se réfère à Dieu en toute chose de la vie. Lui prétend séparer morale et religion. Elle s’étonne de son honnêteté. Mais ce qu’il fustige avant tout, c’est le fanatisme religieux, cette « peste des âmes », entretenue par les superstitions. Si loin de la signification étymologique du mot religion, qui vient de re-ligere, relier (les hommes). Après des discussions argumentées, les deux protagonistes tombent d’accord : il faut lutter contre l’intolérance, avec la seule arme possible, le langage, en prenant soin d’échanger sans mépris ni violence.

Moralité : Plutôt que de regarder le journal TV, pourvoyeur de noirceur et d’angoisses, où pérorent des bavards sûrs de détenir la vérité, plutôt que de parcourir les réseaux sociaux et leurs outrances, dont l’affaire Mila est un terrible exemple, lisez Diderot !

Article publié dans le JTT du jeudi 12 mars.


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