lundi 9 novembre 2015

Le bicentenaire du Traité de Vienne (1815 ) : La Suisse redessinée

En 1814, après la défaite de Napoléon, les grandes puissances victorieuses se réunirent en congrès à Vienne pour réorganiser les frontières de l’Europe. Fêtes somptueuses et négociations secrètes se succédèrent pendant des mois, Metternich et Talleyrand s'y distinguèrent, un nouvel équilibre de l’Europe se dessina. Et s’il est un pays pour lequel le Congrès fut déterminant, c’est la Suisse.
A Bienne, l’exposition "La Suisse redessinée" au Nouveau Musée explore ce chapitre décisif de l’histoire suisse. En insistant sur la situation très particulière de la ville, ballottée de l'Evéché de Bâle à la république Rauracienne en 1792, du département français du Mont Terrible, créé par Bonaparte en 1793, à celui du Haut-Rhin en 1800, avant d'être intégrée au canton de Berne en 1815.

La confédération suisse n’a pas été épargnée par l’épopée napoléonienne. Envahie par les armées, ingérable car en proie à de permanentes dissensions, elle fut annexée par Bonaparte en 1798, qui instaura une république helvétique sous protectorat français. Il réforma les lois administratives, juridiques, en profita pour lever des troupes (12 000 à 15 000 Suisses dans la Grande Armée). Et imposa un gouvernement  fédéral, le seul compatible avec la rivalité des cantons. Il signa en février 1803 l’Acte de Médiation, qui  réunit  pour la première fois dix-neuf cantons.

Après la défaite de Napoléon, l'invasion par les troupes autrichiennes, les querelles entre cantons resurgirent, et la Suisse laissa les grandes puissances décider de son destin. Sauf qu’elle bénéficiait d’un atout de poids : le Vaudois Frédéric-César de la Harpe, précepteur puis secrétaire du tsar Alexandre Ier, participait aux débats. Il négocia le ralliement des cantons de Vaud, Argovie et Tessin aux autres cantons. L’organisation fédérale et la neutralité officielle de la Suisse furent établies dans l’acte final du Congrès de Vienne, en juin 1815.

1815 fut une année riche en bouleversements, et pas seulement politiques. L'exposition rappelle un événement (d)étonnant, en écho à nos préoccupations actuelles : l’éruption du volcan indonésien Tambora, à l'origine d'un terrible changement climatique. L’éruption, les raz de marée, détruisirent en partie l’Indonésie, tandis que l'énorme nuage de cendres fit baisser la température de la planète entière pendant plusieurs années, ruinant les récoltes, provoquant disettes, épidémies et révoltes en Europe. Une tragédie d'une ampleur comparable  à l'éruption de Santorin, qui entraîna la fin de la civilisation minoenne en 1650 avant J.-C..
Les soubresauts de de la planète entraînant des bouleversements politiques... De quoi s'interroger.

Pour les passionnés d'histoire globale :
"La Suisse redessinée", au Nouveau Musée de Bienne, jusqu’au 10/01/2016.
http://www.nmbienne.ch/

Sur le même sujet, mais d'un point de vue local : "Le Jura en Berne", au Musée de l'Hôtel-Dieu de Porrentruy, jusqu'au 27/03/2016.
http://www.mhdp.ch

Article publié dans le JTT.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire