dimanche 30 novembre 2025

Chronique littéraire : Les guerriers de l'hiver, de Olivier Norek

 

Une épopée méconnue, celle de la guerre déclarée par la Russie de Staline à la Finlande en novembre 1939. La Finlande, petit pays de 3 millions d’habitants, n’aurait dû poser aucune difficulté à l’ogre russe, et pourtant sa résistance est incroyable. Grâce à leur connaissance du climat et du pays, les Finlandais opposent une guérilla efficace aux troupes russes massives mais mal organisées.

Olivier Norek raconte la guerre à travers le destin de quatre amis appelés du même village, Simo, Onni, Toivo et Pietari. Quatre jeunes Finlandais à peine adultes, qui n’ont que leur endurance et leur amitié pour tenir face au froid, à la peur, au déluge d’obus, à la mort de leurs camarades. Parmi eux Simo se distingue par ses qualités de tireur d’élite, il devient la hantise des Russes qui le surnomment La Mort Blanche.

Cette histoire extraordinaire fait écho à l’invasion de l’Ukraine. Elle permet aussi de prendre conscience du rôle minable de la France et des Alliés dans cette guerre. Et de mesurer combien nous devons à cette résistance inimaginable, puisque Hitler a choisi ensuite d’attaquer la Russie affaiblie. Une tragédie qui a conduit à une délivrance.

Un roman passionnant et riche, mené de main de maître par le roi du polar, Olivier Norek, né en 1975 à Toulouse. Cet écrivain et scénariste français, après des missions humanitaires internationales et une carrière dans la police, se consacre avec succès à l’écriture.

 « Les guerriers de l’hiver » a obtenu le prix Renaudot des lycéens et le prix Giono en 2024. Il est disponible en poche chez Pocket.

Chronique publiée dans le JTT. 

mardi 25 novembre 2025

Jean-Michel Othoniel sublime Avignon


La célèbre ville d’art ne manque déjà pas de charmes, mais pour fêter ses 30 ans d’inscription à l’Unesco, elle a donné carte blanche à Jean-Michel Othoniel pour en magnifier la beauté.

Jean-Michel Othoniel né en 1964 à Saint-Étienne, est un artiste contemporain membre de l’Académie des beaux-arts, internationalement connu pour ses créations en perles et briques de verre.  Il avait illuminé le Palais Idéal d’Hauterives en 2022. Du 28 juin 2025 au 4 janvier 2026, l’exposition « OTHONIEL COSMOS ou les Fantômes de l’Amour » déploie dans la cité des papes une gigantesque constellation artistique à travers dix lieux emblématiques de la ville. Cette exposition exceptionnelle a pour fil conducteur l’Amour, celui né en Avignon en 1327 entre le poète Pétrarque et sa dulcinée Laure.

L’artiste a élaboré 260 œuvres qui croisent la sculpture et la peinture, les briques et les perles, des astrolabes et des fontaines, de l’or et du verre, des totems et des nœuds infinis.  C’est le plus grand projet jamais conçu par le sculpteur, un gigantesque parcours qui investit le Palais des Papes, le Pont d’Avignon, le Musée du Petit Palais–Louvre en Avignon, le Musée Calvet, le Muséum Requien, le Musée Lapidaire, la chapelle Sainte-Claire, les Bains Pommer, la Collection Lambert et la Place du Palais. Sept établissements proposent une entrée gratuite, seuls le Palais des Papes, le Pont Bénézet et la Collection Lambert sont payants.

On peut déguster cette exposition hors du commun à petites doses, y revenir, ou suivre intégralement la chasse aux trésors à travers les sites historiques d’Avignon. Dans tous les cas, le régal pour les yeux sera au rendez-vous. Dépêchez-vous, l’exposition se termine le 4 janvier 2026.

Article publié dans le JTT du jeudi 27 novembre 2025.

dimanche 16 novembre 2025

Les 20 ans du Centre du patrimoine arménien

Créé en 2005 dans le centre historique de Valence, agrandi et rénové en 2018, avec un superbe habillage de façade sur le modèle des khatchkars, ces stèles en pierre sculptées emblématiques de l’Arménie, le CPA est devenu un lieu d’ouverture sur le monde, de rencontre entre les peuples et expressions artistiques. Pas moins de 16 000 visiteurs l’ont fréquenté en 2024 !

 A l’occasion de son vingtième anniversaire, le CPA propose une nouvelle exposition au public : L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps. Photographies d’Arménie et oeuvres contemporaines entrent en dialogue avec les trésors de la collection du Musée arménien de France : miniatures et objets liturgiques, céramiques et manuscrits.

Cette exposition interroge le sacré et montre l’importance de transmettre la culture, l’histoire et le patrimoine arménien malgré les récents conflits et déplacements de population. Les superbes paysages photographiés par Lydia Kasparian, les katchkars sublimés par Pascal Convert, la violence des événements contemporains documentée par Antoine Agoudjian, sont autant de regards sur la mémoire d’un peuple et de cris d’espoir en l’avenir.

Visites, ateliers, concerts, tout un programme festif vous attend au CPA, 14 rue Louis Gallet à Valence. Programme disponible sur le-cpa.com

L’exposition L’Arménie du sacré, sera visible du 14 juin 2025 au 1er février 2026.

 Article publié dans le JTT du jeudi 20 novembre 2025.

jeudi 6 novembre 2025

Escapade automnale à Montbrun-les-Bains

Montbrun est un petit village de la Drôme provençale, à l’extrémité sud-est du département, au pied du Ventoux. Il faut environ 2 h de route depuis Valence pour y arriver, mais en cette saison, le trajet est un enchantement. Après les vignes rousses de la vallée de l’Eygues, on pénètre dans le Parc régional des Baronnies, un chaos de petites collines imbriquées les unes dans les autres. Pas de ville par ici, mais une nature sauvage où d’immenses forêts mêlent chênes, hêtres, pins, châtaigniers… Les couleurs d’automne, rouge, brun, jaune, vert, orangé, s’y organisent en une palette somptueuse.

Montbrun lui-même est un des plus beaux villages de France, mais il n’est pas seul à susciter l’admiration. Partout des hameaux perchés, des vestiges de châteaux, des chapelles, des fermes fortifiées, des bories, des moulins, des terrasses, témoignent d’un habitat traditionnel qui a nécessité le développement de l’art de la pierre. Des pierres qui ne manquent pas dans cette géologie de strates calcaires. Les paysages varient pourtant entre le mythique Ventoux, le plateau d’Albion et les collines percées de défilés rocheux où s’engouffrent des torrents, comme le Toulourenc, dont le nom signifie tout ou rien, car il est capable de monter son niveau de 2 m en cas de fortes pluies.

Le tourisme vert est largement plébiscité, balades à pied, à vélo ou naturalistes, observation des étoiles (le ciel des Baronnies est un des plus purs de France), remise en forme au spa thermal, vol libre, escalade … Les petits marchés locaux proposent les produits du pays : olives et huile, châtaignes, amandes, tilleul, lavande, plantes aromatiques, miel et petit épeautre ainsi que fromages de brebis ou de chèvre.

Les Baronnies, cette région de petits fiefs que se disputaient les barons au Moyen-âge, ont gardé leur diversité, sous un climat qui va de méditerranéen à montagnard. C’est un endroit ensoleillé, perdu au bout du monde où on oublie tous les stress devant la beauté de la nature. L’idéal pour se ressourcer ou simplement s’émerveiller.

Article publié dans le JTT du jeudi 6 novembre 2025.