Tout d’abord, il faut savoir que la Russie n’a aucune tradition démocratique. Depuis toujours, elle a été sous l’emprise des tsars, puis des dictateurs communistes. Le peuple ne se projette donc pas dans une démocratie à l’occidentale. Ce qu’il veut, et que Vladimir lui apporte, c’est retrouver sa place prépondérante dans le monde. Le nationalisme est très ancré dans l’âme russe. Et Poutine, en chef idéal, a su utiliser toutes les cartes pour restaurer le prestige du pays et s’imposer sur la scène politique mondiale. D’où sa popularité.
Mais la force de la Russie, c’est d’abord son immense capacité énergétique, en pétrole et en gaz, grâce auxquels elle signe des accords commerciaux avec tous les pays demandeurs. Fin stratège, Poutine négocie ainsi avec des pays de bords opposés, les ex-Républiques communistes, peuplées de nombreux Russes, mais
aussi l’Iran, l’Inde, la Chine, la Turquie. Elle monnaie aussi sa maîtrise en industrie nucléaire. Sa puissante armée soutient les rébellions sécessionnistes, en Géorgie, en Ukraine, pour agrandir son influence, retrouver les frontières d’antan. Elle intervient au Moyen-Orient, en Syrie, profitant de l’enlisement américain en Irak. Les manipulations électorales de la Russie à travers Internet et les chaînes de radio et TV sont avérées. Elle soutient financièrement les partis populistes en Europe.
La seule faiblesse apparente de la Russie, c’est le mécontentement du peuple, soumis à des conditions de vie difficiles, alors que les oligarques sont riches à millions. La majorité des Russes n’a pas profité du passage d’un régime totalitaire à un libéralisme incontrôlé, et les sanctions économiques prises contre la Russie ont ajouté à la méfiance vis-à-vis de l’Occident. C’est plutôt du côté de la Chine que Poutine se tourne. Un pays dont la suprématie s’est imposée en quelques années. Ce sera justement l’objet de la prochaine conférence de l’UPVH le 17 mars.
Article publié dans le JTT.