Une superbe copie de ce trésor vient d’être installée cette année au temple Saint-Martin
de Montbéliard. Pourquoi une copie et pas l’original ? Parce que la valeur
du retable, exécuté en 1540, est inestimable. Son simple déplacement coûterait
une fortune en assurances, et on n’est même pas sûr qu’il soit encore transportable.
De dimensions impressionnantes : 4m sur 1.85m fermé, il comporte 6 volets
ornés recto-verso, soit 12 panneaux de 12 tableaux chacun. Au centre, une
grande crucifixion de 1m sur 1m, entourée de douze panneaux. En tout 157 scènes
racontent la vie de Jésus, d’après le Nouveau Testament.Actuellement ce trésor est intransportable. Mais la Société d’Emulation Montbéliardaise, désireuse de le faire connaître au public, n’a pas reculé devant
Il a fallu d’abord demander au musée viennois le droit de
reproduire chacune des 157 scènes bibliques. Photos, scans, traitement, puis impression
sur panneaux PVC, montage sur cadres en bois, avec charnières et serrures. Une
doreuse sur cuivre en Alsace a donné à l’ensemble l’éclat qu’il méritait. Le
résultat final est d’une qualité visuelle remarquable, totalement semblable au
retable du XVIème siècle, moins la prédelle (le soubassement) et le
couronnement (sommital). Il constitue, outre sa vocation religieuse, une mine
de documents historiques.
Depuis juin 2016, le fac-similé du retable est installé à demeure
à l’intérieur du temple Saint-Martin de Montbéliard. Des visites sont maintenant
organisées par l’office de tourisme, la société d’émulation et la paroisse
protestante. On peut aussi aller admirer le retable individuellement, mais sans
le toucher, car seuls les conférenciers ont l’autorisation de le manipuler. Qu’à
cela ne tienne, la technologie est au service de l’art : une tablette
numérique, installée à côté du retable, permet de visionner sur écran chacune
des peintures, et d’en apprécier la finesse, la portée pédagogique. En cliquant
sur la bulle rédigée en allemand, la traduction en français apparaît : que
pourrait demander le bon peuple de Montbéliard en plus ?
Eh bien, d’admirer le retable chez soi. C’est possible grâce
au site monretable.free.fr mis au point par le Pasteur Jean-Pierre
Barbier. Apprécier les 157 tableaux n’est plus réservé à Monseigneur le Duc,
mais accessible à tous les internautes.
Article publié dans L'Esprit Comtois numéro 10 (automne 2017).





