En 1961-1962, Jackie Kennedy a entrepris de rénover
l’intérieur de la
Maison Blanche , avec le souci de mettre en valeur l’histoire
de l’Amérique. Elle a fait tapisser le salon de réception des diplomates avec
un papier peint panoramique ancien représentant les ports de New York, Boston,
et leurs activités, ainsi qu’une parade à West-Point et un paysage des chutes
du Niagara. Ce papier peint panoramique, créé en en 1833, a nécessité 1650
planches gravées, dont la fabrication et la pose ont été assurées par la
manufacture alsacienne Zuber, propriétaire du modèle. Intitulé « Scènes
d’Amérique du Nord », il raconte l’histoire et la vie sur la côte Est des Etats-Unis
au 19ème siècle.


Quant au rez-de- chaussée, il est consacré à la technique. Le papier
peint a été le témoin de la vie des 18ème et 19ème siècles. Décliné en diverses
qualités : du plus ordinaire, avec une seule couleur pour les gens
modestes, au plus luxueux, nécessitant jusqu’à 80 planches, il est passé d’une
production artisanale (peint à la main) à une production
industrielle, grâce à
l’avènement des machines. La première a permis d’imprimer à la main sur un
rouleau de papier continu, puis la suivante a utilisé des cylindres gravés pour reproduire
le motif, une autre a permis d’appliquer vingt-quatre couleurs successives ... Au
départ, un artiste peignait un motif, un assistant décomposait le motif en
plusieurs calques correspondant à chaque couleur. Des graveurs sculptaient
ensuite des planches de bois suivant les calques, un travail qui pouvait
prendre des mois. Enfin seulement venait la phase d’impression : enduire les
planches de couleur, les tamponner sur le rouleau de papier, en suivant des
repères, avant de les faire sécher.
Article publié dans le JTT du jeudi 16 février 2017.
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