C’est le fruit du plaqueminier, (anciennement appelé figue caque), un arbre originaire de Chine. Abondamment cultivé au Japon, dont il est le fruit national, avec plusieurs centaines de variétés, c’est un des plaisirs de l’automne dans la Drôme.
jeudi 18 novembre 2021
En forme avec le Kaki
mardi 9 novembre 2021
Chronique littéraire : Loin, de Alexis Michalik
Ballotés à travers l’Autriche, Berlin, la Turquie,
l’Arménie, puis la Géorgie, le Soudan et l’Inde, ils cherchent à retrouver le
père d’Antoine et Anna, parti sans donner de nouvelles il y a vingt ans. Il
faut compter sur la chance et aussi sur leurs capacités à rebondir, pour
trouver d’infimes indices à interpréter. Cette quête foisonnante des origines
permet d’approcher simplement mais sans superficialité la société des
différents pays traversés. Elle montre aussi la grande culture de l’auteur et
son sens de l’humour.
Alexis Michalik est né en 1982 à Paris. Acteur et scénariste
à succès, il a obtenu de nombreux prix au théâtre (Edmond) et joué dans des
films et séries télévisées (Kaboul kitchen). Ce touche-à-tout insatiable a
réussi un premier roman étourdissant avec ce carnet de voyages et d’aventures
sans limites.
« Loin » est maintenant disponible en Livre de
poche.
Chronique publiée dans le JTT en novembre 2021.
vendredi 5 novembre 2021
Charles Gauthier, de la campagne haut-saônoise aux Salons parisiens
Charles Gauthier (1831-1891) est un sculpteur de renom, ami
de Bartholdi, dont l’œuvre prolifique est dispersée partout en France. Pourtant
la Franche-Comté, sa terre natale, l’a oublié et ne possède que peu d’exemples
de son travail. Une injustice pour cet enfant de Chauvirey-le Châtel, en
Haute-Saône, où il naquit le 7 décembre 1831, dans une famille de modestes
cultivateurs. Une toile peinte par Eugène Glück en 1875 le représente à la
mairie du village, un honneur bien mérité. Car, pour passer de la campagne de Chauvirey aux salons
artistiques de Paris, il a fallu beaucoup de travail et surtout une bonne
étoile au jeune paysan. Laissons la parole à son ami Bartholdi, qui s’exprima
lors de son éloge funèbre :
« Le hasard décida de la carrière de Gauthier :
c’était un enfant laborieux et docile, mais il rêvait de tout autre chose que
la vie rurale. Un jour arriva à Chauvirey un restaurateur de tableaux et de
sculptures, M. Bulet, qui venait faire des travaux à l’église ; il se mit
en quête d’un gamin de bonne volonté disposé à lui rendre service ; le
jeune Gauthier saisit avec empressement cette occasion de s’affranchir, au
moins provisoirement, de sa vie journalière. Il avait alors 13 ans ; ce
fut le point de départ de sa carrière.
Le patron fut si satisfait de son auxiliaire et constata
chez lui des aptitudes si marquées qu’il le prit comme apprenti et l’emmena
partout où l’appelèrent ses travaux. Bientôt convaincu que son apprenti
méritait de faire des études plus étendues, il insista auprès de sa famille
pour en obtenir l’agrément. Parents et amis entrèrent en campagne et obtinrent
du Conseil Général une subvention qui, si minime qu’elle fût (500 francs),
permit au jeune Gauthier de passer quelques années à l’Ecole de dessin de
Besançon, puis à l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon. Ce furent des années de
labeur tenace et de privations qu’il traversa vaillamment.
Ses succès à l’Ecole de Dijon lui en présageaient de plus
importants à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il y entra en 1854 et, jusqu’en
1862, il y épuisa, à l’atelier de François Jouffroy, la série des mentions et
des médailles. A deux reprises il put se croire Prix de Rome, mais des concurrents
plus heureux lui furent préférés, et il dut se contenter du second Grand Prix
en 1861. Il semble que cet échec apparent fut presque un stimulant nouveau pour
Gauthier, et grâce à l’énergie de son caractère, il prit rang rapidement parmi
les jeunes statuaires qui se révélèrent au public à cette époque. Depuis 1865
et jusqu’en 1890, il exposa à chaque Salon des œuvres qui le signalèrent. Il
obtint coup sur coup des médailles et, en 1872, il fut décoré de la Légion
d’honneur.
L’énumération de ses œuvres est longue et la froideur
d’une nomenclature ne saurait rendre tout le mérite, le travail, l’ardeur, que
représente l’ensemble d’une production de ce genre. Gauthier avait une grande
facilité de travail, son talent reposait sur les études sévères et consciencieuses
qu’il avait faites ; mais il avait su ajouter à ces études un charme
personnel, une grâce parfumée de Renaissance qui n’enlevait rien à la solidité
des principes de son éducation. L’ensemble de son œuvre a une grande valeur
artistique et celui de sa vie inspire un profond respect. Gauthier fut aussi
apprécié pour son caractère que son talent. Il fut fréquemment membre du jury
du Salon et adjoint par l’Institut au jugement des concours pour le Grand prix
de Rome. Pendant près de dix ans il fut professeur à l’Ecole Nationale des Arts
Décoratifs : son zèle et son dévouement lui valurent la haute estime et
l’affection de ses collègues et de ses élèves. »
C’est ainsi que Auguste Bartholdi rendit hommage à son ami
Charles Gauthier, décédé d’un refroidissement le 5 janvier 1891, à soixante
ans. Gauthier fut enterré au cimetière du Montparnasse, où reposent de
nombreuses personnalités du monde artistique. (Bartholdi l’y rejoindra quelques
années plus tard, en 1904). C’est Jules Blanchard, ancien élève de Jouffroy
comme Gauthier, qui sculpta le buste ornant sa tombe.
De l’œuvre prolifique de Charles Gauthier il reste peu de témoignages visibles en Franche-Comté, mais beaucoup en France. A Vesoul, on peut admirer le buste du Docteur Gevrey en bronze, dans la rue des Casernes. Le docteur Gevrey (1807-1888) est un médecin et philanthrope de la ville, qu’il soigna héroïquement toute sa vie et surtout lors d'une épidémie de choléra en 1854-55, ce qui lui valut d’être nommé chevalier de la Légion d'honneur. Le musée de Vesoul en revanche ne possède que quelques copies en plâtre ou terre cuite dans ses réserves. En particulier Le Jeune braconnier, dont l’original en marbre est exposé dans le parc du château de Fontainebleau.
A Besançon, Charles Gauthier réalisa la première statue en
bronze de Jouffroy d’Abbans, en plein centre-ville, elle surmontait une
fontaine devant l’église de la Madeleine. Cette statue fut inaugurée le 17
août 1884 en présence de Félix Faure
et de Ferdinand de Lesseps. Elle fut hélas
fondue pendant la guerre de 1914 (une autre statue de Jouffroy d’Abbans est
actuellement en place près du pont Battant). On en trouve une maquette au musée
des Beaux-Arts de Besançon, ainsi que le bas-relief en plâtre Chryséis
rendue à son père par Ulysse, qui permit à Gauthier d’obtenir le second
Prix de Rome en 1861. A Bolandoz, petite commune du Doubs, une superbe Marianne
sculptée par Gauthier orne la fontaine municipale, devant le beau lavoir. Ce
buste en bronze a été posé sur une colonne érigée à l’occasion du centenaire de
la Révolution, en 1889.
A Nancy, se trouve le monument au sergent Blandan, ce militaire, fils d’une famille de Lons-le-Saulnier, est mort en héros en 1842 pendant la guerre coloniale à Boufarik en Algérie. Gauthier a érigé cette statue de bronze dès 1843 ; placée à Boufarik, elle a été ensuite rapatriée à Nancy. C’est dans le Paris façonné alors par Haussmann qu’on trouve le plus d’œuvres de Charles Gauthier : à l’église de la Trinité, au musée Carnavalet, à l’Opéra, l’Hôtel de ville, l’église Notre-Dame-des-Victoires, le palais du Trocadéro… Notons La philosophie sur la façade de la Sorbonne. Il a aussi décoré plusieurs maisons particulières. Mais le plus accessible à tous ses admirateurs se trouve sur la fontaine du Théâtre-Français, en face de la Comédie-Française, où ses quatre sculptures d’enfants assis, en bronze, supportent la vasque. D’autres œuvres sont dispersées dans les parcs et musées de France.
Article publié dans l'Esprit Comtois numéro 24 (été 2021).
mercredi 27 octobre 2021
En trottinette électrique dans les vignes
Une animation originale attendait les amateurs de sensations
fortes samedi à la Cave de Tain : parcourir les vignes en trottinette
électrique tout terrain. Les engins mis à disposition sur le parking de la Cave
étaient impressionnants : pas de trottinettes de ville, non, mais la
version XXL avec des grosses roues de VTT. Une fois les candidats harnachés,
casqués, gantés, avec dans le sac à dos la batterie qui ne pèse pas moins que
7kg, les animateurs de Trot Trot Trot ont donné les consignes pour la
randonnée. Attention au départ ! C’est rapide, il faut avoir de bons
réflexes et garder l'équilibre.

Par les chemins goudronnés, le groupe est monté aisément sur
la colline de l’Hermitage, histoire de se familiariser avec les trottinettes, avant
d’aborder plus difficile : les sentiers caillouteux jusqu’au belvédère de
Pierre-Aiguille. Une pause pour admirer le panorama, le temps splendide
contribuant à l’euphorie générale. Après la redescente plutôt scabreuse à
travers les vignes, le taux d’adrénaline au maximum, les participants ont pu se
détendre lors d’une dégustation bien méritée.
La nouvelle salle de dégustation de la Cave est une bulle de
verre qui embrasse le vignoble de l’Hermitage, délicatement doré par l’automne.
Bénédicte, de Terres de Syrah, a développé les caractéristiques des différents
cépages, marsanne, roussanne, syrah, en insistant sur leurs arômes respectifs,
des plus légers, fleurs d’acacia, agrumes, pêches, miel, aux plus intenses,
prune, mûre, girofle, poivre, truffe… Avant de passer aux travaux pratiques en
proposant Saint-Péray Fleur de Roc 2018, Crozes-Hermitage blanc Les Hauts
d’Eole 2019, Crozes-Hermitage rouge les Hauts du Fief 2017, Saint-Joseph rouge
Esprit de Granit 2018… pour terminer en beauté sur un élégant Hermitage rouge
2017.
Terres de Syrah, l’antenne oenotouristique de la Cave de Tain, propose ainsi des animations variées tout au long du Fascinant week-end : promenades et dégustations en trottinette, en buggy, en bateau sur le Rhône ou dans le Train des Gorges, visite des chais, ateliers de dégustations… Ces manifestations sont reconduites tout au long de l’année. En particulier le partenariat avec l’agence Trot Trot Trot, une petite entreprise sportive et innovante basée à Génissieux, qui organise des randonnées découvertes dans la Drôme des Collines.
jeudi 21 octobre 2021
Essayez l'aviron !
Le club d’aviron de Tain-Tournon, c’est d’abord un lieu idyllique, en pente
douce vers le Rhône, sous les ombrages, au nord de Tain. Le Rhône scintille au
soleil, le vent est léger, le moment est idéal pour oser ce corps à corps avec
le fleuve.
Une équipe sympathique accueille et gère le public venu aux
séances d’initiation. D’abord un animateur montre les mouvements indispensables
à la navigation, et les novices s’exercent sur des rameurs disposés sur l’herbe
(ergomètres). Ensuite, des équipes sont constituées, avec trois débutants, un
barreur et un rameur confirmés. Elles navigueront sur une embarcation école, solide
et stable. Car les embarcations légères et fines des pros ne sont pas faciles à
maîtriser.
On sort les bateaux du hangar, on les porte à l’embarcadère,
c’est un exercice collectif. Idem pour les paires de rames, qu’il faut verrouiller
à leur place. La manœuvre suivante est délicate : grimper dans le bateau… d’abord poser un pied, glisser le deuxième pied dans un espace minuscule, et s’asseoir, cette fois c’est un exercice d’équilibre. Puis on saisit les rames, et quand toute l’équipe est prête, le chef de bord, assis face aux quatre rameurs, donne le départ.
Et ça y est, on quitte le ponton, on s’éloigne rapidement sur l’eau… Mais pas question de rêver, il faut suivre les consignes, apprendre à manœuvrer, trouver un rythme commun, s’y tenir. L’esprit d’équipe est indispensable. Le bateau remonte le Rhône en direction de la Table du Roy. Sensation merveilleuse de glisser au ras de l’eau, de faire corps avec le fleuve. Rappel à la réalité quand les rames s’entrechoquent, quelqu’un a perdu la cadence ! Il faut se recaler, se concentrer sur la manœuvre suivante, le demi-tour. Attendre sagement au bord qu’une péniche passe, avec l’impression d’être un fétu de paille face à ses vagues.
La descente du fleuve en direction de la Teppe est plus
rapide, à peine le temps de découvrir Tain et Tournon sous un angle nouveau, il
faut garder le rythme, rester concentré. Puis un autre demi-tour, à l’endroit
où le Rhône s’élargit, et c’est la remontée jusqu’au club, le passage sous les
ponts, et déjà l’embarcadère. Manœuvre d’approche hésitante, on s’y reprend, on
y arrive. Sortie du bateau délicate, les muscles contractés. Contrairement à ce
qu’on imagine, ce sont les jambes qui travaillent plus que les bras. La terre
ferme est là ! Soulagement et ravissement. Quelle belle expérience !
Et déjà un autre équipage se présente, on laisse la place, étourdis par tant de sensations nouvelles en si peu de temps. On voudrait recommencer tout de suite…
La solution : s’inscrire au club qui propose en ce début de saison des séances d’initiation gratuite tous les samedis de septembre, le matin pour les adultes et l’après-midi pour les jeunes à partir de 10 ans. L’aviron peut se pratiquer à tout âge, et à tout niveau, du loisir à la compétition. Il existe même une section handisport qui accueille les personnes avec handicap. Une préparation physique complémentaire, l’Avifit, permet à tous ceux qui le désirent de se muscler en salle, pendant toute l’année. On peut aussi profiter des animations ponctuelles, défis, opérations caritatives qui se succèdent tout au long de l’année.
contact@avirontaintournon.fr tél: 0475087019
Article publié dans le JTT du jeudi 21 octobre 2021.
mardi 12 octobre 2021
Randonnée en Provence
L’hébergement du soir à Carry-le Rouet a
enchanté tout le monde. Et le lendemain, une grande balade sur les sentiers escarpés
du bord de mer, du fort de Niolon à Ensuès la Redonne en passant par la
calanque de Méjean a permis à tous de profiter d’un grand bain de soleil et de
nature. Le retour à Saint-Jean-de-Muzols a été l’occasion de beaux échanges
entre les participants, une convivialité qui caractérise l’Accueil.
samedi 2 octobre 2021
Le carreau mosaïque de Viviers
La présence des cimenteries à Viviers explique cette mise au
point de carreaux polychromes en ciment comprimé, sans cuisson, par trois Vivarois :
Etienne Larmande puis Louis-François Damon, inventeurs du procédé, et Auguste
Lachave. Les seuls pavages existants étaient alors en pierre, en marbre ou en
granito, des matériaux très onéreux que les applicateurs travaillaient sur
place. Le carreau de ciment, solution alternative originale, solide et bien
moins chère, connaît donc rapidement un immense succès.
Le procédé révolutionnaire est découvert par l’ingénieur
ardéchois Étienne Larmande et relaté par Yves Esquieu, professeur d’art
: « La chaux hydraulique, seule ou mélangée dans de certaines proportions
à de l’argile calcinée, du sable et de l’eau, produit une matière aussi dure
que de la pierre ordinaire sans qu’il soit besoin d’aucune cuisson. »
Les carreaux sont coulés dans un moule en fonte d’acier qui définit leur
format. À l’intérieur du moule vient se positionner le diviseur, un séparateur
de couleurs destiné à la création des motifs. Yves Esquieu précise : « Pour
pouvoir incruster des dessins polychromes, Larmande demanda à un serrurier de
Viviers, Auguste Lachave, de concevoir le matériel de fabrication, notamment
les “diviseurs” de bronze destinés à répartir les couleurs. »
À l’intérieur de chaque cloisonnement du diviseur, le
fabricant injecte de la couleur puis ôte le diviseur, afin que les couleurs
arrivent en jonction. L’artisan pose ensuite la chape composée de ciment
Portland et de silice (sable) sur la couche d’usure. Elle définit l’épaisseur
des carreaux ciment (12 mm pour les murs et 16 à 19 mm pour les sols) et fait
leur solidité. Cet ensemble encore positionné
dans le moule part sous presse pour être compacté, puis sorti de son moule.
Ensuite, les carreaux sont plongés dans des bacs d’eau pour qu’ils durcissent
avant d’être séchés.
Présenté à l’Exposition universelle de 1867 à Paris, le carreau mosaïque de
ciment obtient un franc succès et fait rapidement le tour de l’Europe. Puis, en pleine période de
colonisation, ce procédé simple permettant de faire de plaisants motifs colorés
à bas coût s’est diffusé aux quatre coins de la planète. On en retrouve en
Indochine, au Maghreb, en Afrique, partout où la France avait des colonies.
Les artisans de tous les pays se sont rapidement emparés de
la technique. « Du moment qu’il existait une cimenterie, il était facile
de faire appel à un ferronnier ou un dinandier pour créer le diviseur propre à
réaliser les motifs colorés. Ensuite, une seule presse hydraulique était
requise, un procédé mécanique simple qui a permis à ces carreaux de se
développer partout », explique Delphine Laporte, designer spécialisée en
« zellige » marocain. En Espagne, notamment à Barcelone, les carreaux
de ciment connaissent une période de faste à l’époque moderniste et leurs
motifs Art nouveau continuent à faire aujourd’hui le tour du monde.
Cette passionnante exposition rend hommage aux anciennes fabriques de carreaux de ciment de la région, notamment à Viviers et Bourg-Saint-Andéol. Et glorifie une invention purement ardéchoise dont le monde entier s’est emparé. Elle est visible jusqu’au 26 septembre, du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 17h à la maison des Chevaliers de Viviers.
Article publié dans le Jtt.




