mercredi 29 juillet 2026

La prestigieuse école de mosaïque de Spilimbergo

Spilimbergo est une petite ville italienne, nichée au cœur du Frioul-Vénétie Julienne. Son nom d’origine autrichienne rappelle que le Frioul a été sous la dépendance des Habsbourg jusqu’en 1866. Malgré un terrible tremblement de terre en 1976, le patrimoine historique et artistique de cette province mérite le détour. Mais ce qui en fait un centre mondialement connu, c’est la Scuola Mosaicisti del Friuli , qui cultive l'art de la mosaïque. La ville elle-même, avec ses bâtiments ornés de mosaïques, témoigne de cette longue tradition. 

Fondée en 1922, cette institution unique en son genre perpétue une tradition millénaire. Son installation à Spilimbergo est stratégique : au bord du fleuve Tagliamento et au pied des Dolomites. Les activités artisanales s’y sont développé dès l'Antiquité ; les influences romaine, byzantine, et vénitienne, ont imprégné la région d'une culture artistique. L'abondance de matériaux, notamment les pierres et les tesselles, a également contribué à l'essor de cet art.

La scolarité s’adresse aux plus de 18 ans de tous les pays et dure 4 ans. L’école forme des mosaïstes professionnels qui ensuite décoreront les bâtiments administratifs ou religieux du monde entier, églises, musées, aéroports, stades ... Toutes les mosaïques sont réalisées avec de simples outils, marteau et billot avec pointe acérée, pour découper les tesselles de toutes les couleurs.


On peut visiter cette école exceptionnelle. Dès l’entrée, c’est l’émerveillement devant la qualité des réalisations exposées en plein air : copies de Guernica de Picasso, de tapisserie de Lurçat, totems modernes multicolores… puis l’escalier et sa rampe extraordinaire conduit vers les différents ateliers : étude des mosaïques romaines en première année, byzantines en deuxième année, portraits en troisième année, enfin créations contemporaines. Les couloirs de chaque étage de l’école sont décorés d’œuvres toutes plus belles, plus stupéfiantes, les unes que les autres. Plus de 800 ! La patience, la créativité, l’utilisation de matériaux divers donnent des résultats spectaculaires.

L'école joue un rôle important dans la promotion et la sauvegarde de cet art ancestral. Mais la Scuola Mosaicisti del Friuli n'est pas simplement une école ; c'est un centre de recherche, de création et de transmission d'un savoir-faire unique. Elle s'inspire des techniques de mosaïque grecque, romaine, et byzantine, mais ne s'y limite pas. L'école encourage l'innovation et l'expérimentation, permettant aux élèves de développer leur propre style et leur propre interprétation de cet art millénaire. C'est un foyer d'innovation et de créativité, et un symbole de la vitalité de l'art de la mosaïque dans le monde contemporain. 

lundi 27 juillet 2026

Les Rosalies de Tain l'Hermitage

Sur le quai Arthur Rostaing, entre le pont et le kiosque à glaces, une nouvelle proposition estivale a vu le jour depuis le 15 juin : un petit tour en Rosalie.

Qu’est-ce qu’une Rosalie ? C’est un véhicule à pédales collectif, avec un auvent, des sièges côte à côte, et une direction simple. Plusieurs options sont possibles : à 2, 4 ou 6 places, avec assistance électrique ou classique. Idéal pour faire des balades ludiques en famille ou entre amis. Elles sont très appréciées dans les destinations touristiques, et Tain en est une !

Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce sont les locaux plus que les touristes qui viennent louer les Rosalies pour passer un moment sur la Viarhona, ou faire l’aller-retour de Tain à Tournon. Tournon qui ne sera pas oublié, puisque l’an prochain, les Rosalies de Marzoe s’installeront aussi sur le quai Farconnet.

Les Rosalies agrémenteront le quai Rostaing et le square Schuman de Tain jusqu’au 30 septembre, de 14h à 22h chaque jour. Tarif : une demi-heure à partir de 16€, suivant les modèles.

Article publié dans le JTT du jeudi 30 juillet 2026.

jeudi 16 juillet 2026

Chronique littéraire : Col rouge, de Catherine Charrier

Une saga familiale, qui se déroule entre 1860 et 2020, à travers l’histoire des « Cols rouges », ces manutentionnaires de l’Hôtel Drouot, le célèbre hôtel des ventes parisien, qui occupaient une charge harassante mais lucrative, réservée aux Savoyards. Cette charge s’achetait et se cooptait sur un modèle égalitaire assez inédit.

François est le premier à oser descendre en 1860 de ses montagnes pour l’occuper. Une fois installé, il demande à sa jeune femme Berthe de le rejoindre. Mais le trajet en diligence entre la Tarentaise et Paris n’est pas sans danger, et les conséquences vont obérer la vie familiale sur plusieurs générations.

Son fils Léon est le second à pénétrer à l’hôtel Drouot et y faire carrière. Puis ce sera le tour des générations suivantes, Joseph, Gaston, Henri, Jules… jusqu’à la fin du monopole des cols rouges en 2010, à la suite de nombreux trafics. Les objets qui passent de main en main disent tout de la société. C’est l’occasion pour l’auteure de brosser le contexte social traversé par la famille : l’histoire de la France, les guerres, la révolution industrielle, l’exode rural, l’évolution du pays, le matérialisme des Trente glorieuses, les grèves, le combat des femmes.

Catherine Charrier écrit avec fluidité et érudition, soutenue par une documentation riche. Son histoire des Cols rouges, à travers une galerie de manutentionnaires aux caractères forts et de collectionneurs qui hantent les salles des ventes, constitue un sujet original et passionnant. Son roman est addictif.

Catherine Charrier, née à Alençon dans les années 1960, après de brillantes études à l’école du Louvre et HEC, travaille à Paris dans une agence de pub.

Col Rouge est son troisième roman. Il est disponible en Livre de Poche.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 16 juillet 2026.


samedi 11 juillet 2026

La base aquatique Eyrium en Ardèche

Au cœur de la Vallée de l’Eyrieux, longé par la Dolce Via, ce lieu de détente fait bien des heureux en période de canicule. Entre eau, ombre et soleil, des équipements et services parfaitement adaptés permettent d’y passer une journée agréable à tout âge.

Le complexe aquatique Eyrium est idéalement situé dans un domaine ombragé et fleuri de 1650 m2. C’est un lieu de fraîcheur et détente prisé de tous, avec une immense piscine, une petite pataugeoire, deux toboggans en spirale, des jeux d’eau… où l’on peut nager ou patauger à volonté. Tout autour, le grand parc invite à s’installer sous les arbres pour pique-niquer. Si on préfère le soleil, transat et parasol sont proposés à la location. Pour agrémenter la détente, des jeux de tennis de table, baby-foot, boules sont aussi à disposition. Un snack-bar sur place et un restaurant juste à côté complètent l’offre touristique. Bref, à Eyrium, on trouve tout ce qu’il faut pour passer une belle journée d’été en famille ou entre amis.

La base aquatique Eyrium a été réalisée en 1993 au Cheylard, en rive gauche du plan d’eau des Collanges, à 800 m en amont du barrage. Sa conception s’inscrivait dans la stratégie de développement touristique de l’arrière-pays ardéchois. Objectif : Mise en valeur du patrimoine naturel, respect de l’environnement, à travers des activités douces comme la pêche, la randonnée et le cyclisme. Labellisé « pôle d’excellence rurale » en 2010, Eyrium accueille chaque été environ 25 000 visiteurs.

Que vous veniez à pied, en voiture ou à vélo, vous tomberez sous le charme de cette piscine qui a « quelque chose en plus ».

Le centre aquatique fonctionne du 15 juin au 31 août, tous les jours de 11h à 20h.

Tarif : 7.80€ pour les adultes, 5.70€ pour les enfants de plus de 6 ans. Tarif réduit à partir de 17h.

Article publié dans le JTT du jeudi 30 juillet 2026.

dimanche 5 juillet 2026

Laurence Allart fait revivre les destins de femmes oubliées

Laurence est céramiste et sculptrice. Dans son atelier de Beaumont-les-Valence, elle peaufine actuellement des statuettes de femmes au destin dramatique pour sa prochaine exposition. Femmes réelles ou fictionnelles, héroïnes historiques ou mythologiques, c’est d’abord leur histoire qui passionne Laurence. Elle réunit alors une importante documentation avant de se lancer dans le modelage, en laissant libre cours à son empathie pour elles.

Hélène de Tournon, Madame Butterfly, Padmé, Judith … reprennent ainsi vie sous ses mains, juste avant que leur destin bascule. Hélène meurt d’amour pour son Philibert, Madame Butterfly de désillusion après avoir été abandonnée par son séducteur, Padmé Amidala, amoureuse de Luke Skywalker ne survit pas au passage du côté des forces obscures. Quant à Judith, elle se sacrifie pour sauver sa ville en entrant dans la tente du général assyrien Holopherne, qu’elle finit par décapiter !

Laurence, passionnée de culture japonaise, pratique ainsi avec le destin de ses femmes une forme de kintsugi, cette technique japonaise qui répare les céramiques brisées en couvrant leurs fissures avec de la poudre d'or. Et ainsi les magnifie. Le Japon occupe une place centrale dans son imaginaire, en témoigne sa participation actuelle à la superbe exposition « Inspirations Japon » à l’’Artsolite. 

Infirmière de formation, après avoir travaillé dans diverses structures, épuisée, Laurence a éprouvé elle-même le besoin de changer totalement de vie. Depuis son enfance, elle dessinait, modelait, et tout naturellement c’est à travers la poterie, puis la sculpture qu’elle a trouvé un nouveau souffle. Des cours de poterie et modelage à la MJC de Beaumont-les -Valence en 2010, jusqu’à sa participation au Carré des créateurs de Tournon, puis à Sculptur’Art à Tain, et Chemin des artistes en Drôme, elle a affirmé son talent. Et c’est elle qui maintenant donne des cours de modelage à Beaumont-les-Valence.


Membre du collectif Zinzolin de Valence, elle est sollicitée partout pour exposer : en juin au musée de l’Estampe de Bourgoin-Jallieu, puis au Palais delphinal de Saint-Donat, en décembre à la salle des Clercs, et toute l’année à l’’Artsolite, où ses petits formats en céramique et bronze (réalisés par la fonderie Adobati) rencontrent un beau succès.

Article publié dans Regard Magazine de juillet-août 2026.