La Drôme est riche en petits aérodromes, avec notamment
Saint-Rambert d’Albon, Romans et Valence-Chabeuil. De là, des pilotes proposent
une virée dans les airs sur demande. C’est au Creux de la Thine que nous avons
rendez-vous, à 14h, un jour de grand soleil. Un petit avion rouge et blanc est
posé sur la pelouse, un Robin qui peut charger 3 personnes maximum. Le pilote
nous accueille et nous mettons au point le parcours : survoler le Vercors.
Monter dans l’avion, c’est un peu sportif, car un tout petit
passage est ménagé sur l’aile, puis il faut se contorsionner pour entrer dans
l’habitacle. Ceinture, casque et micro, nous voilà parés. Le pilote déroule sa
check liste de vérifications, fait le plein et nous engage sur la longue piste
enherbée, face au vent.
Très vite, on prend de l’altitude, et il est difficile pour
un néophyte de se repérer car tout défile rapidement. Vitesse 200 km/h,
altitude 900 m. La Tour d’Albon disparaît, nous partons vers le sud, le Rhône
comme repère. Déjà Tain et Tournon se profilent, les coteaux semblent
minuscules. Virage à gauche, direction Romans, puis Barbières et le Vercors.
Passage au-dessus de Léoncel, puis le col de la Machine et voilà Vassieux. Le
mémorial ressemble à un trait dans la montagne, la piste d’atterrissage des
planeurs nazis est évidente. Puis la forêt de Lente se déploie, jusqu’au Royans
et aux Quatre montagnes, enfin c’est la spectaculaire descente le long des
falaises de la Bourne. La Drôme des collines apparaît comme une mosaïque de
petites parcelles agricoles, à peine le temps de distinguer le Palais idéal
dans son ilot de verdure, que c’est déjà l’atterrissage.
Conduire un avion en vol semble assez aisé, car le ciel est sans
obstacle. C’est trompeur, les dangers surgissent à toute vitesse, et ce sont
les contrôleurs aériens auxquels nous sommes branchés dès le départ qui nous
avertissent : Un hélicoptère décolle à Valence, un planeur arrive à
Vassieux, un avion arrive d’Annonay… Ils suivent notre progression et leurs
appels radio crépitent sans cesse pour assurer notre sécurité.
Nous sortons tout étourdis du cockpit. Un vol en petit avion
n’a rien à voir avec un vol long-courrier ! Être balloté au moindre
courant d’air, se concentrer sur le paysage qui défile, les oreilles saturées
par les appels des contrôleurs, c’est tout un ensemble qui perturbe les sens et
parfois aussi l’estomac ! Après une heure de vol, nous retrouvons la terre
ferme, soulagés et ravis, pour débriefer avec le pilote au bar voisin.
Survoler notre région permet de prendre conscience de sa diversité, sa beauté, sa richesse. Ça mérite bien une centaine d’euros !














