jeudi 16 juillet 2026

Chronique littéraire: Col rouge, de Catherine Charrier

Une saga familiale, qui se déroule entre 1860 et 2020, à travers l’histoire des « Cols rouges », ces manutentionnaires de l’Hôtel Drouot, le célèbre hôtel des ventes parisien, qui occupaient une charge harassante mais lucrative, réservée aux Savoyards. Cette charge s’achetait et se cooptait sur un modèle égalitaire assez inédit.

François est le premier à oser descendre en 1860 de ses montagnes pour l’occuper. Une fois installé, il demande à sa jeune femme Berthe de le rejoindre. Mais le trajet en diligence entre la Tarentaise et Paris n’est pas sans danger, et les conséquences vont obérer la vie familiale sur plusieurs générations.

Son fils Léon est le second à pénétrer à l’hôtel Drouot et y faire carrière. Puis ce sera le tour des générations suivantes, Joseph, Gaston, Henri, Jules… jusqu’à la fin du monopole des cols rouges en 2010, à la suite de nombreux trafics. Les objets qui passent de main en main disent tout de la société. C’est l’occasion pour l’auteure de brosser le contexte social traversé par la famille : l’histoire de la France, les guerres, la révolution industrielle, l’exode rural, l’évolution du pays, le matérialisme des Trente glorieuses, les grèves, le combat des femmes.

Catherine Charrier écrit avec fluidité et érudition, soutenue par une documentation riche. Son histoire des Cols rouges, à travers une galerie de manutentionnaires aux caractères forts et de collectionneurs qui hantent les salles des ventes, constitue un sujet original et passionnant. Son roman est addictif.

Catherine Charrier, née à Alençon dans les années 1960, après de brillantes études à l’école du Louvre et HEC, travaille à Paris dans une agence de pub.

Col Rouge est son troisième roman. Il est disponible en Livre de Poche.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 16 juillet 2026.


samedi 11 juillet 2026

La base aquatique Eyrium en Ardèche

Au cœur de la Vallée de l’Eyrieux, longé par la Dolce Via, ce lieu de détente fait bien des heureux en période de canicule. Entre eau, ombre et soleil, des équipements et services parfaitement adaptés permettent d’y passer une journée agréable à tout âge.

Le complexe aquatique Eyrium est idéalement situé dans un domaine ombragé et fleuri de 1650 m2. C’est un lieu de fraîcheur et détente prisé de tous, avec une immense piscine, une petite pataugeoire, deux toboggans en spirale, des jeux d’eau… où l’on peut nager ou patauger à volonté. Tout autour, le grand parc invite à s’installer sous les arbres pour pique-niquer. Si on préfère le soleil, transat et parasol sont proposés à la location. Pour agrémenter la détente, des jeux de tennis de table, baby-foot, boules sont aussi à disposition. Un snack-bar sur place et un restaurant juste à côté complètent l’offre touristique. Bref, à Eyrium, on trouve tout ce qu’il faut pour passer une belle journée d’été en famille ou entre amis.

La base aquatique Eyrium a été réalisée en 1993 au Cheylard, en rive gauche du plan d’eau des Collanges, à 800 m en amont du barrage. Sa conception s’inscrivait dans la stratégie de développement touristique de l’arrière-pays ardéchois. Objectif : Mise en valeur du patrimoine naturel, respect de l’environnement, à travers des activités douces comme la pêche, la randonnée et le cyclisme. Labellisé « pôle d’excellence rurale » en 2010, Eyrium accueille chaque été environ 25 000 visiteurs.

Que vous veniez à pied, en voiture ou à vélo, vous tomberez sous le charme de cette piscine qui a « quelque chose en plus ».

Le centre aquatique fonctionne du 15 juin au 31 août, tous les jours de 11h à 20h.

Tarif : 7.80€ pour les adultes, 5.70€ pour les enfants de plus de 6 ans. Tarif réduit à partir de 17h.

dimanche 5 juillet 2026

Laurence Allart fait revivre les destins de femmes oubliées

Laurence est céramiste et sculptrice. Dans son atelier de Beaumont-les-Valence, elle peaufine actuellement des statuettes de femmes au destin dramatique pour sa prochaine exposition. Femmes réelles ou fictionnelles, héroïnes historiques ou mythologiques, c’est d’abord leur histoire qui passionne Laurence. Elle réunit alors une importante documentation avant de se lancer dans le modelage, en laissant libre cours à son empathie pour elles.

Hélène de Tournon, Madame Butterfly, Padmé, Judith … reprennent ainsi vie sous ses mains, juste avant que leur destin bascule. Hélène meurt d’amour pour son Philibert, Madame Butterfly de désillusion après avoir été abandonnée par son séducteur, Padmé Amidala, amoureuse de Luke Skywalker ne survit pas au passage du côté des forces obscures. Quant à Judith, elle se sacrifie pour sauver sa ville en entrant dans la tente du général assyrien Holopherne, qu’elle finit par décapiter !

Laurence, passionnée de culture japonaise, pratique ainsi avec le destin de ses femmes une forme de kintsugi, cette technique japonaise qui répare les céramiques brisées en couvrant leurs fissures avec de la poudre d'or. Et ainsi les magnifie. Le Japon occupe une place centrale dans son imaginaire, en témoigne sa participation actuelle à la superbe exposition « Inspirations Japon » à l’’Artsolite. 

Infirmière de formation, après avoir travaillé dans diverses structures, épuisée, Laurence a éprouvé elle-même le besoin de changer totalement de vie. Depuis son enfance, elle dessinait, modelait, et tout naturellement c’est à travers la poterie, puis la sculpture qu’elle a trouvé un nouveau souffle. Des cours de poterie et modelage à la MJC de Beaumont-les -Valence en 2010, jusqu’à sa participation au Carré des créateurs de Tournon, puis à Sculptur’Art à Tain, et Chemin des artistes en Drôme, elle a affirmé son talent. Et c’est elle qui maintenant donne des cours de modelage à Beaumont-les-Valence.


Membre du collectif Zinzolin de Valence, elle est sollicitée partout pour exposer : en juin au musée de l’Estampe de Bourgoin-Jallieu, puis au Palais delphinal de Saint-Donat, en décembre à la salle des Clercs, et toute l’année à l’’Artsolite, où ses petits formats en céramique et bronze (réalisés par la fonderie Adobati) rencontrent un beau succès.

Article publié dans Regard Magazine de juillet-août 2026.

lundi 29 juin 2026

Graff en Vallée, un festival qui colore les murs

Chacun connaît Saint-Nazaire-en-Royans, son aqueduc et son bateau à roue sur l’Isère. On y passe souvent sans s’arrêter, sur la route du Vercors, alors que le centre ancien du village mérite le détour. Plus encore depuis qu’une association de graffeurs, Graff en Vallée, y organise chaque année au début de l’été une semaine de création de fresques murales. Cette année, les artistes réaliseront leurs œuvres sur place du 10 au 20 juillet.

Qu’ils travaillent au pinceau, à la bombe, à la brosse, au rouleau ou même au pulvérisateur, qu’ils utilisent la peinture à l’huile, le pastel, le collage, la vingtaine de graffeurs invités interrogent tous notre monde, à travers des sujets naturalistes, mythologiques ou carrément psychédéliques. Ce sont des professionnels qui viennent de Valence, Grenoble, Lyon ou Paris, du Mexique ou du Brésil.  Invités par Raffu, artiste local, pour le festival Graff en Vallée, ils apprécient cette semaine de rencontres et de création, où ils sont accueillis et logés au pays.

Leurs graffs, qui nécessitent des heures ou des jours de travail, suivant la dimension, vont recouvrir les murs oubliés de Saint-Nazaire et le parc du Château Laurent, leur donnant un nouvel éclat ludique. Ne manquez pas de vous arrêter pour les découvrir, et mieux encore de faire cet été la visite guidée Street art, organisée depuis l’office de tourisme (au départ du bateau). Une belle promotion des arts graphiques en milieu rural.

  • Les festivités commencent à Saint-Nazaire-en-Royans (26190) le 28 juin avec un atelier, repas et tombola Street art.
  • La semaine Graff en Vallée se déroule du 10 au 20 juillet.
  • Une création à l’’Artsolite à St Jean en Royans est prévue du 20 au 26 juillet.
  • Et toute l’année, on peut profiter des œuvres réalisées en se baladant dans le village.
  • Réservation :  06 14 42 99 15 
Article publié dans le JTT le jeudi 25 juin 2026.

jeudi 25 juin 2026

Les écoliers tainois reçus à Grignan

Lundi matin, une joyeuse troupe de CE2 de l'école Jean Moulin , accompagnés par leur institutrice Véronique Pic et l’historien Michel Cotte, a pris le bus pour Grignan. La sortie était offerte par l’association VMF (Vieilles Maisons de France), une association privée de sauvegarde du patrimoine, qui organise chaque année depuis 2016 pour les scolaires un concours intitulé « Le Patrimoine, toute une histoire ».

Cette année, le thème choisi étant « patrimoine industriel » l’institutrice V. Pic a immédiatement rebondi : à Tain, on fêtait le bicentenaire de la passerelle Seguin ! Pendant toute l’année scolaire, elle a multiplié les recherches historiques avec ses élèves, sollicitant M. Cotte, la bibliothèque, l’office du tourisme… Les enfants ont ainsi parcouru l’histoire de Tain, en explorant la géographie, la technologie, les arts plastiques (une exposition de leurs maquettes de la passerelle a même été réalisée). Avant de créer une affiche et un flyer pour répondre au concours.


Quand il a été question de mettre un emblème sur leur passerelle, les élèves ont proposé Madame de Sévigné, qui fait aussi partie de l’histoire de Tain, par son naufrage. Sans le sauvetage par les mariniers locaux, on ne la connaîtrait guère ! Mais ce qui a plus frappé les enfants dans cette épopée, c’est que la marquise n’a pas pu remercier elle-même le notable qui l’avait hébergée, car à l’époque une femme ne pouvait pas écrire à un homme qui n’était pas de sa famille. Ils ont décidé, sous la direction de Véronique, d’écrire des lettres à sa place… Et ce qui n’était qu’un exercice de français est devenu une expo présentée au château de Grignan ce printemps.

Double reconnaissance donc pour la classe de CE2, qui a aussi obtenu le 1er prix départemental de VMF ainsi que le 2e prix régional avec son projet. C’est donc à Grignan, invités par VMF, que les élèves ont reçu leur diplôme, ainsi qu’un abonnement à une revue artistique et du matériel pédagogique, après avoir profité d’une exceptionnelle visite du château. Une belle aventure, avec des rebondissements riches en apprentissages, pour laquelle il faut rendre hommage à Véronique Pic, la cheville ouvrière du projet, elle-même passionnée de patrimoine.

Article publié dans le JTT  du jeudi 25 juin  2026.

vendredi 19 juin 2026

Balade en Côte Rôtie

Située entre Condrieu et Ampuis, la petite commune de Tupin-et-Semons a admirablement mis en valeur son patrimoine de Côte Rôtie en installant un belvédère original, à 293 m de hauteur. Ce balcon sur le vignoble, inauguré en 2024, permet aux visiteurs de contempler un panorama à couper le souffle sur les coteaux viticoles et jusqu’au Rhône. Pour le faire découvrir, la municipalité a aussi mis en place des sentiers, dont celui des grands crus, qui permettent aux amateurs de viticulture de comprendre l’histoire du célèbre vignoble.

A côté du belvédère, l’église Notre-Dame-de-Semons mérite une visite, pour sa bannière de procession et sa statue en bois de Vierge à l’Enfant. Autrefois, une autre Vierge de pierre décorait son porche. Elle surveillant la navigation et le patron marinier qui oubliait de la saluer par un « Je vous salue Marie » était mis à l’amende par son équipage.

Un sentier en bas des coteaux conduit à l’autre site remarquable du village : l’île du Beurre, sur le Rhône. Un nom dérivé du mot bièvre, ou ber, ancien nom du castor. Séparée de la Viarhôna par une lône, la nature y est restée intacte et l’île est devenue une terre d’asile pour les espèces sauvages. Depuis les cabanes d’affût et les observatoires installés au fil de l’eau, on peut surprendre martin-pêcheur, héron cendré, grand cormoran, aigrette, ragondin et castor…

Par un jour de canicule, il faut privilégier le matin pour aller au belvédère, pour ne pas rôtir dans la côte, avant de pique-niquer ensuite dans la fraîcheur de l’île. La dégustation de Côte Rôtie est en option !





mardi 16 juin 2026

Nicolas Bouvier à Montélimar

Figure majeure du récit de voyage, Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain et photographe suisse, auteur de plusieurs ouvrages dont le fameux L’Usage du Monde, la bible de tous les écrivains voyageurs. Le Musée d’art contemporain du Centre Saint-Martin à Montélimar accueille une exposition de ses œuvres sous le titre « Voyage au Levant ».

Les écrits de Nicolas Bouvier accompagnent les photos prises lors de ses trois séjours au Japon (1955-1956, 1964-1966 et 1970). Ses images dialoguent avec celles d’autres photographes qui illustrent l’archipel à la même période, comme Werner Bischof, William Klein, Henri Cartier-Bresson. Mais aussi avec la collection d’estampes de l’époque Edo (1603-1868) du peintre Pierre Boncompain, qui a fait l’objet d’une donation au musée.

Nicolas Bouvier, dès l’enfance, se passionnait pour les atlas et les cartes et rêvait de voyager. Il a réalisé son rêve. À 19 ans, il est envoyé en reportage en Finlande puis, deux ans plus tard, traverse le Sahara algérien à la demande de quotidiens genevois.  En 1951, il effectue un premier voyage au long cours de Venise jusqu’à Istanbul. Puis, en juin 1953, avec son camarade de collège le peintre Thierry Vernet, il part en Fiat Topolino de Belgrade à Kaboul, en traversant la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran et le Pakistan. La débrouillardise est nécessaire : avant le départ, ils apprennent à démonter et remonter entièrement la Fiat ! Cette première expérience fondamentale de l’itinérance est racontée par Bouvier dans L’Usage du monde, illustrée par les dessins à l’encre de Thierry Vernet.

Après un an et demi de voyage à deux, Nicolas Bouvier continue seul à travers l’Inde, afin de gagner la Chine, puis Ceylan. En octobre 1955, il quitte Ceylan pour le Japon où il reste une année, rédigeant pour vivre des articles pour les magazines japonais ou suisses. Il découvre la photo. Il rentre en Suisse fin 1956. Avec son épouse Éliane, il retourne ensuite vivre au Japon de 1964 à 1965. Puis en 1970, à l’occasion de l’exposition universelle d’Osaka. Trois ouvrages, fruits de ces voyages, Japon (1967), Chronique japonaise (1975) et les poèmes en prose édités en 1982, sont présentés à Montélimar, ainsi que des enregistrements audio et vidéo.

Nicolas Bouvier a continué de parcourir et d’écrire le monde jusqu’à son décès à Genève en 1998. Son œuvre est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature de voyage. On connaît particulièrement sa citation « On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.

Nicolas Bouvier, Voyage au Levant, du 12 mai au 31 octobre 2026 au MAC de Montélimar.