Prenant le contrepied de cette phrase inscrite par le
Facteur Cheval sur le mur de son Palais, Prune Nourry propose une exposition de
ses œuvres entièrement pensée pour être touchée. Les sculptures présentées dans
l’espace muséal ont été réalisées en un plâtre spécial, et peuvent donc être
nettoyées chaque soir. Elles sont ainsi accessibles à tous, adultes, enfants,
public voyant ou déficient visuel.
Prune Nourry est une artiste de renommée internationale, qui
puise son imagination dans toutes les cultures, toutes les époques. Des Vénus
paléolithiques aux jeunes filles chinoises en terre cuite, alignées comme
l’armée de Xi’an, en passant par les Amazones bandant leur arc et les créatures
chimériques hindoues, elle promène son regard sur la condition féminine. Les
femmes qui ont posé pour elle à la Maison des Femmes, un lieu refuge de
Saint-Denis où elle a installé son atelier, sont toutes des victimes de
violence et résilientes.
Le corps, le toucher, constituent un fil rouge dans les
recherches de Prune Nourry. Le toucher, en particulier, indispensable à son
travail, qu’elle a failli perdre lors d’une chimiothérapie. Elle a alors entrepris
une collaboration avec l’Institut des jeunes aveugles, la réalisation d’un
timbre en relief et en braille pour la Poste. C’est ce timbre représentant une
main qui ouvre l’exposition actuelle.
La main qui pétrit, c’est aussi celle du Facteur, qui a bâti
son Palais en y laissant partout ses empreintes. Cette main qui construit, qui
modèle, qui sculpte,

Article oublié dans le JTT du jeudi 30 juillet 2026.
















