Chloé est née à Valence en 1982 dans une famille passionnée
de sport. Son père était l’entraîneur du Valence Sportif, l’équipe de rugby
locale, au stade des Baumes. Après un cursus scolaire au lycée Saint-Victor,
elle a poursuivi ses études à Sciences Po Grenoble, option journalisme. Et
comme très tôt elle avait voulu jouer au rugby, et qu’on lui avait répondu « ce
n’est pas un sport de fille », elle y a créé la première équipe de rugby
féminin. Pas étonnant non plus que son mémoire final s’intitule « La place
des femmes dans le journalisme sportif ». Rebelle, elle aussi.
Montée ensuite à Paris, elle a travaillé à la TV pendant 15
ans comme journaliste, notamment aux côtés de Thierry Ardisson. Avant de se
tourner vers une nouvelle voie, l’écriture de BD. Le Covid a été déterminant
dans sa décision de changer de vie. Résultat : déjà 4 BD à son actif,
toujours en lien avec le sport. En 2021, « Générations poing levé »
raconte l’histoire de 10 sportifs qui ont pris des risques, Mohamed Ali,
Socrates, Megan Rapinoe… Ont suivi en 2025 des ouvrages sur la
footballeuse Grace Geyoro, puis sur les célèbres joueurs de ping-pong, les frères
Lebrun (sous forme de manga). Aujourd’hui, c’est Surya Bonaly, la célèbre
patineuse qui est à l’honneur. Chloé s’entoure de graphistes et coloristes pour
illustrer ses ouvrages.
Une amitié est née entre Surya et Chloé, depuis l’écriture
de « Générations Poing levé » où Surya figurait en bonne place. Car sa
carrière illustre parfaitement le thème, une lutte constante contre les
préjugés. Être noire, athlétique, coachée par sa mère, qui créait aussi ses
tenues éclatantes, n’entraient pas dans les critères du monde du patinage il y
a 30 ans. Surya après avoir brillé pendant des années aux championnats de
France, d’Europe et du monde, a terminé sa carrière en amateur en osant le
backflip, un saut interdit en compétition, aux J.O. de Nagano en 1998. Et en
étant éliminée. Alors qu’aujourd’hui ce saut est repris et plébiscité par le
champion Ilia Malinin.
Chloé, parallèlement à son activité d’écriture, est
maintenant reconnue comme experte en éducation à travers le sport. Elle
multiplie les interventions dans les écoles, collèges, lycées et structures
sociales pour faire réfléchir sur le sexisme, le racisme et promouvoir
l’éducation à travers le sport. Elle revient régulièrement en terre familiale, intervient dans des lycées à Romans et Valence. Le 20 mars, son exposé à la fac de sport de
Valence a été très éclairant sur les combats qu’il faut encore mener quand on
est une sportive. Car si de nombreux sports ne sont plus interdits aux femmes,
ce sont encore les hommes qui dictent les règlements, comme par exemple pour le
choix des tenues imposées (sexy mais pas pratiques), pour la visibilité dans
les médias (limitée), et surtout pour l’attribution des salaires !
Article publié dans Regard Magazine de mars 2026.














