Le Mont Signon est un petit volcan éteint, voisin du Mont
Mézenc, qui fut exploité pendant des siècles comme carrière de lauzes. Ces
pierres plates lisses et brillantes couvraient jadis les toits des fermes
traditionnelles des Cévennes. Depuis le village de Chaudeyrolles, à 1300 m
d’altitude, un petit parcours géologique en boucle permet d’atteindre le sommet
du Mont Signon, à 1500 m, en profitant de superbes paysages sur les monts
d’Ardèche et de Haute-Loire. Et de comprendre les conditions d'extraction de ce
précieux matériau local.
Le Mont Signon, apparu il y a environ 8 millions d’années, est
une montagne volcanique, un ancien dôme de lave visqueuse, qui s'est étalée sur
les côtés. Son sommet ressemble à un paysage lunaire, avec des petits cratères
creusés par l’homme sur toute la surface. Car la carrière de lauzes, d’abord
propriété des seigneurs locaux, devint propriété communautaire de Chaudeyrolles
après la Révolution. Alors divisée en parcelles, chaque paysan exploitait son
lot, sa lauzière, une façon de se procurer de l’argent quand l’agriculture
faisait défaut.
Lauzeron était un métier pénible et dangereux. Il fallait
d’abord tailler et amincir les lauzes, à partir de blocs de pierre d’environ 40
kilos, l'épaisseur d’une lauze étant de 2 à 3 cm, avec une
longueur de 20 à 80 cm. Ensuite les porter jusqu’au chariot. Les familles
s’organisaient par quartiers, pour équiper de petits chariots tirés par des
juments, qui attendaient au pied de la lauzière. Le chargement ne devait pas
dépasser 1 000 kg (8 m2 de lauzes), pour que le chariot ne dévale pas la
pente. Les lauzes étaient ensuite transportées jusqu’aux fermes ou granges qui
avaient besoin d’un toit. Elles étaient alors posées et clouées par un lauzeur sur
une charpente solide.
Au sommet du Mont Sillon, le long du sentier des lauzières quelques
cabanes en lauzes subsistent encore. Elles servaient d’abri aux lauzerons en
cas d’orage ou pour prendre leur casse-croûte. Prodiges d’équilibre et de technique,
elles rappellent que le savoir-faire de la couverture d'un toit en lauzes est maintenant
répertorié au patrimoine immatériel de l’humanité. Car un toit en lauzes offre
une grande résistance aux intempéries, aux incendies et une belle longévité. Un
bel adage nous le rappelle : « Qui pose lauze … pour cent ans pose ».

















