Lundi matin, une joyeuse troupe de CE2 de l'école Jean Moulin , accompagnés par leur
institutrice Véronique Pic et l’historien Michel Cotte, a pris le bus pour
Grignan. La sortie était offerte par l’association VMF (Vieilles Maisons de
France), une association privée de sauvegarde du patrimoine, qui organise
chaque année depuis 2016 pour les scolaires un concours intitulé « Le
Patrimoine, toute une histoire ».
Cette année, le thème choisi étant « patrimoine
industriel » l’institutrice V. Pic a immédiatement rebondi : à Tain,
on fêtait le bicentenaire de la passerelle Seguin ! Pendant toute l’année
scolaire, elle a multiplié les recherches historiques avec ses élèves,
sollicitant M. Cotte, la bibliothèque, l’office du tourisme… Les enfants ont
ainsi parcouru l’histoire de Tain, en explorant la géographie, la technologie, les
arts plastiques (une exposition de leurs maquettes de la passerelle a même été
réalisée). Avant de créer une affiche et un flyer pour répondre au concours.

Quand il a été question de mettre un emblème sur leur
passerelle, les élèves ont proposé Madame de Sévigné, qui fait aussi partie de
l’histoire de Tain, par son naufrage. Sans le sauvetage par les
mariniers locaux, on ne la connaîtrait guère ! Mais ce qui a plus frappé
les enfants dans cette épopée, c’est que la marquise n’a pas pu remercier
elle-même le notable qui l’avait hébergée, car à l’époque une
femme ne pouvait pas écrire à un homme qui n’était pas de sa famille. Ils ont
décidé, sous la direction de Véronique, d’écrire des lettres à sa place… Et ce
qui n’était qu’un exercice de français est devenu une expo présentée au château
de Grignan ce printemps.
Double reconnaissance donc pour la classe de CE2, qui a
aussi obtenu le 1er prix départemental de VMF ainsi que le 2e prix
régional avec son projet. C’est donc à Grignan, invités par VMF, que les élèves
ont reçu leur diplôme, ainsi qu’un abonnement à une revue artistique et du
matériel pédagogique, après avoir profité d’une exceptionnelle visite du
château. Une belle aventure, avec des rebondissements riches en apprentissages,
pour laquelle il faut rendre hommage à Véronique Pic, la cheville ouvrière du
projet, elle-même passionnée de patrimoine.
Article publié dans le JTT du jeudi 25 juin 2026.














