Figure majeure du récit de voyage, Nicolas Bouvier
(1929-1998) est un écrivain et photographe suisse, auteur de plusieurs ouvrages
dont le fameux L’Usage du Monde, la bible de tous les écrivains voyageurs.
Le Musée d’art contemporain du Centre Saint-Martin à Montélimar accueille une
exposition de ses œuvres sous le titre « Voyage au Levant ».
Les écrits de Nicolas Bouvier accompagnent les photos prises lors de ses trois séjours au Japon (1955-1956,
1964-1966 et 1970). Ses images dialoguent avec celles
d’autres photographes qui illustrent l’archipel à la même période, comme Werner Bischof, William Klein, Henri Cartier-Bresson. Mais aussi avec la collection d’estampes de l’époque Edo (1603-1868) du peintre Pierre Boncompain, qui a fait l’objet d’une donation au musée.
Nicolas Bouvier, dès l’enfance, se passionnait pour
les atlas et les cartes et rêvait de voyager. Il a réalisé son rêve. À 19 ans,
il est envoyé en reportage en Finlande puis, deux ans plus tard, traverse le
Sahara algérien à la demande de quotidiens genevois. En 1951, il effectue
un premier voyage au long cours de Venise jusqu’à Istanbul. Puis, en juin 1953,
avec son camarade de collège le peintre Thierry Vernet, il part en Fiat
Topolino de Belgrade à Kaboul, en traversant la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran
et le Pakistan. La débrouillardise est nécessaire : avant le départ, ils
apprennent à démonter et remonter entièrement la Fiat ! Cette première
expérience fondamentale de l’itinérance est racontée par Bouvier dans L’Usage
du monde, illustrée par les dessins à l’encre de Thierry Vernet.
Après un an et demi de voyage à deux, Nicolas Bouvier
continue seul à travers l’Inde, afin de gagner la Chine, puis Ceylan. En
octobre 1955, il quitte Ceylan pour le Japon où il reste une année, rédigeant pour
vivre des articles pour les magazines japonais ou suisses. Il découvre la photo.
Il rentre en Suisse fin 1956. Avec son épouse Éliane, il retourne ensuite vivre
au Japon de 1964 à 1965. Puis en 1970, à l’occasion de l’exposition universelle
d’Osaka. Trois ouvrages, fruits de ces voyages, Japon (1967), Chronique
japonaise (1975) et les poèmes en prose édités en 1982, sont présentés à
Montélimar, ainsi que des enregistrements audio et vidéo.
Nicolas Bouvier a continué de parcourir et d’écrire le monde jusqu’à son décès à Genève en 1998. Son œuvre est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre de la littérature de voyage. On connaît particulièrement sa citation « On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.
Nicolas Bouvier, Voyage au Levant, du 12 mai au 31
octobre 2026 au MAC de Montélimar.

















