lundi 24 août 2015

Stop à l'ambroisie !

L’ambroisie est une plante sauvage qui envahit la région Rhône-Alpes. C'est un véritable fléau, à double titre, car d'une part elle  colonise l'espace, et  d'autre part son pollen entraîne de sévères allergies : rhinites, conjonctivites, asthme, eczéma.... L’apparition de ces allergies se situe en fin d’été, derniers jours d’août et surtout septembre, au moment de la floraison.
Si vous repérez un plant d’ambroisie, arrachez-le immédiatement, avant sa floraison. Une opération simple, surtout après une petite averse : on peut alors facilement extraire la plante et sa racine à la main. Vous pouvez ensuite la laisser sur place, elle sèche et devient inoffensive. Après floraison, c’est plus difficile, il faut se protéger du pollen avec gants et masques.

L’ambroisie pousse sur les friches, les terrains fraîchement retournés, chantiers ou cultures, un sol dénudé favorise son implantation. Feuilles découpées, tige couverte de poils blancs, elle croît très vite et peut atteindre la taille d’un buisson. La floraison commence fin août, et la présence de vent favorise le transport du pollen, une poudre jaune qui colle aux pieds. Quand la fleur femelle est fécondée, elle produit des akènes qui évoluent ensuite en graines et se répandent sur le sol.
Le Ministère de la Santé et l’INRA ont mis en place l’Observatoire de l’ambroisie en 2011, pour informer le public de sa dangerosité et mettre en place des plans de prévention et de lutte contre la prolifération. Des capteurs de pollen sont installés dans les principales régions infestées, dont un à Valence. Des instructions générales émanant de la Préfecture obligent à signaler la présence d’ambroisie, et exigent sa destruction. Mais faute d’application sur le terrain, la seule solution, c’est d’intervenir individuellement. Et tout de suite !
 
La meilleure façon de s’en protéger à long terme, c’est de recouvrir le sol d’autres semences. Face à une pelouse ou un potager, l’ambroisie renonce, cette plante invasive ne supporte pas la concurrence. 

 Plus d’info : www.stopambroisie.com 

Article publié dans le JTT.

lundi 17 août 2015

Art brut au Château d'Hauterives (26)

Chaque été une importante exposition d'Art brut est proposée au Château d'Hauterives. Mais qu'est-ce que l'Art brut ? Tout simplement la création d'œuvres par des passionnés, qui n'ont aucune formation artistique, ne se réclament d'aucun mouvement, d'aucune école. Ils créent pour leur plaisir, avec leur propre technique, beaucoup d'imagination et peu de moyens. L'exemple tutélaire : le Facteur Cheval, dont le Palais Idéal, juste à côté du château, attire les foules.

L'Art brut plait au grand public, il est d'un accès facile, même les enfants saisissent au premier regard le travail de l’auteur, son cheminement. On admire la performance, sans besoin d’explication, contrairement à l'art contemporain, qui justifie ses installations onéreuses par des théories nébuleuses. Ainsi, le tas de confettis noirs, intitulé "passage à l'âge adulte" fait tache au milieu des calligraphies minutieuses, des montages éclectiques, des céramiques déjantées, qui ont nécessité des heures de patience et d'inventivité à leurs auteurs. Mais telle est la volonté des organisateurs de l'exposition : mêler art brut et art contemporain.

Pourquoi ? Parce que l'art brut est aussi contemporain, puisqu'il est de toutes les époques. Longtemps associé à un univers psychiatrique ou onirique, il a acquis ses lettres de noblesse grâce à l’artiste Jean Dubuffet, créateur du Musée d’Art Brut de Lausanne, en Suisse. L’art brut permet à chacun d'exprimer ses manies, ses divagations, ses dadas, souvent par un travail ingrat, opiniâtre, de longue haleine, dans l'anonymat, mais exécuté avec passion. Comme Ferdinand Cheval et ses galets. Comme les bénévoles du village qui ont restauré le deuxième étage du Château, pour offrir de belles salles à l'expo "ELEVATIONS". Comme Bruno Decharme et Antoine de Galbert, qui rendent hommage au Facteur Cheval en mettant à disposition leurs collections. Tous méritent d'être salués.

« L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. » Jean Dubuffet. 1960
Exposition "ELEVATIONS" jusqu'au 30 août, Château d'Hauterives, Drôme.

Article publié dans le JTT.

jeudi 6 août 2015

Vacanze romane

Le bon plan pour profiter de Rome, en cet été caniculaire : louer un appartement à quelques kilomètres, près de la mer. Nous avons ainsi alterné la visite classique des grandioses monuments de la ville éternelle, agglutinés à une foule de touristes en majorité asiatiques, entre vitrines élégantes et pétarades de piaggio, avec les séances de plage, déambulations odorantes au marché, et consommation immodérée de gelati. La dolce vita italienne, c'est à Ostia, le port de Rome, qu'on en profite vraiment.

Entre les deux, le métro. Parfois climatisé, parfois bondé, parfois à l’heure. Emblématique des difficultés de gestion de l’agglomération romaine. Les poubelles débordent, des herbes folles envahissent les trottoirs dégradés. On s’habitue, il faut cultiver l’indulgence, rien n’est parfait, pourtant tout advient.
L’agrément inattendu, c’est le sourire, la courtoisie, la volonté de communiquer, omniprésents. Les Italiens aiment la France, ils prennent volontiers le temps de bavarder, de partager un espresso avec vous. Bienfaisante cure de convivialité au soleil, loin de la morosité et de la grisaille.

Même sans rejouer la scène mythique de la Fontaine de Trevi, inaccessible pour cause de travaux, on peut se rafraîchir et s’abreuver partout dans les rues, où les deux mille fontaines de Rome, modestes ou somptueuses, mais toujours esthétiques, constituent un trésor architectural d’une grande diversité. Ce formidable héritage des bâtisseurs de l’Antiquité et de la Renaissance poursuit de nos jours sa vocation originelle de source et ressource de vie. Tout le monde en profite : les Romains, les touristes, et les Pakistanais qui survivent grâce au commerce d'eau fraîche ...

vendredi 24 juillet 2015

Descendre le Rhin en se laissant flotter


C’est en pleine ville de Bâle que ça se passe ! En été, la métropole suisse, historique et universitaire, financière et industrielle, se transforme en station balnéaire. Étrange cohabitation des employés en costume strict se pressant vers la City, avec des baigneurs déambulant en simple maillot de bain. Ceux-ci viennent de traverser la ville en flottant sur le Rhin, appuyés sur un gros sac étanche contenant leurs affaires, et s’apprêtent à recommencer. Malgré la canicule, fraîcheur garantie : l’eau est à 23°.

La ville de Bâle, s’est réapproprié son fleuve. Promenades piétonnes et cyclistes sont aménagées le long des rives du Rhin. En les parcourant, on redécouvre les bains publics, pilotis construits sur le fleuve, pour assurer des baignades encadrées, ou siroter un café au bord de l’eau. Plages sauvages, jardins fleuris, cabanes de pêche au carrelet avec leurs filets suspendus, et surtout une eau saine, le Rhin s’affiche clairement en zone de loisir pour ses habitants, malgré les obligations portuaires. Avec les terrasses, glaciers, musiciens, dans les rues piétonnes adjacentes, on se croirait au bord de la mer.


Les Bâlois, accrochés à leurs sacs étanches, entrent dans le Rhin vers le pont Tinguely, et se laissent emporter par son courant rapide sur environ deux kilomètres. Une baignade relax, puisqu’on flotte, mais pas sans danger : il faut rester rive droite, pour ne pas gêner la navigation des péniches, bateaux de croisières, et autres taxi-boats. Eviter aussi les piles des vénérables ponts de la ville, et les traversées régulières des bacs treuillés. Le courant est vif, il faut lutter contre lui pour regagner la rive, donc s’y préparer d’avance. Mais les citoyens helvétiques sont disciplinés et la police fluviale veille.

Le soir, l’affluence sur les quais et dans le Rhin augmente encore, après une journée de travail, on y vient en famille, entre copains ou collègues. Les musiciens de la grande parade du Tattoo accompagnent alors de leurs notes martiales les centaines de baigneurs en goguette. Flotter en musique sur ce fleuve mythique, une expérience extraordinaire !

Article publié dans le JTT.

lundi 20 juillet 2015

Dégustation vins et macarons

La Maison des Vins de Tain l'Hermitage, vaste bâtiment de verre, bois et métal, ouverte au public depuis l'été 2013, a pour objectif de promouvoir les vins des producteurs de la Vallée du Rhône. Dans cet espace dédié à l'oenotourisme, on trouve toutes les informations sur les vignes et vignerons locaux, un rayon bibliothèque avec bornes interactives, cartes et photos des vignobles. L'accueil et l'animation sont assurés en lien avec l'Office de tourisme. Ainsi, chaque premier mardi du mois, des dégustations à thème sont proposées dans un rutilant laboratoire ... climatisé.

Le thème de juillet était le mariage gourmand entre Côtes du Rhône et macarons. Partant de cinq vins emblématiques, Marie-Josée Faure, œnologue à Tournon, a choisi d'associer cinq macarons, salés ou sucrés, piochés dans l'abondante production de Mademoiselle Macaron d'Ardoix. Les participants à l'atelier ont découvert des mariages classiques ou surprenants, mais toujours savoureux. Saint-Péray accompagné de macaron tomate-basilic, Condrieu associé à macaron truffe-fois gras, puis Cornas servi avec macaron chorizo, ont ravi les amateurs de salé. Les palais sucrés ont apprécié le mariage subtil de Saint Joseph blanc et macaron au chocolat bahibé, suivi d'une alliance plus corsée entre Crozes-Hermitage rouge et macaron cassis-violette. Un régal des sens, orchestré par Marie-Josée, qui exhortait à une dégustation lente et concentrée, afin d'analyser couleurs, odeurs, saveurs et textures, pour apprécier pleinement la finesse des accords.

Les mardis de la dégustation, c'est entre mars et octobre, à la Maison des Vins de Tain l'Hermitage, avenue des Lots. Renseignements au 04 75 07 88 81.


Article publié dans le JTT.

jeudi 16 juillet 2015

Vochora enchante l'église d'Erôme

Le 18e Festival Vochora donne la part belle aux villages cette année. Erôme, Larnage, Chanos-Curson (26) ont ainsi eu le privilège d'accueillir les premiers concerts, avec une libre participation financière du public. Et ces villages ont répondu chaleureusement aux organisateurs, tant au point de vue logistique qu'en proposant des vins d'honneur conviviaux pour clôturer les soirées musicales.
C'est ainsi que l'ensemble vocal féminin Appoggiature a enchanté l'église d'Erôme. Cet ensemble de 16 choristes, fondé en 2004 sous la direction charismatique de Eliette Roche, met en relief des ponts entre musique polyphonique d'hier et d'aujourd'hui. Le concert, consacré à un florilège de compositeurs anglo-saxons, a permis d'apprécier la maîtrise vocale des chanteuses, aussi performantes en groupe au choeur, qu'en quatuors dispersés dans la nef. Du Moyen-âge au XXIe siècle, de la Renaissance à Benjamin Britten, les pièces brillantes ont permis à un public ravi de découvrir anciennes et nouvelles sonorités du chant choral.

Après ce Prélude de début juillet, le Festival Vochora éclate dans un Allegro vivace jusqu'au 10, avant de s'envoler en Fugue du 27 au 31 juillet. Venez à Tournon (07) et aux alentours partager l'art vocal avec ses passionnés !

Article publié dans le JTT du jeudi 16 juillet 2015.

dimanche 12 juillet 2015

Lettres sur Cour, à Vienne

En marge du festival Jazz à Vienne (38), et depuis plus de vingt ans, une manifestation littéraire s'est imposée par sa qualité : "Lettres sur cour" . Elle permet aux amateurs de littérature de (re)découvrir des auteurs, dans des lieux tranquilles du centre historique. Cours d'école ou de couvent, jardin ou musée, vestiges romains ou librairie... s'animent alors de lectures conviviales suivies par un large public.

Cette année, la littérature suisse contemporaine était l'invitée d'honneur. Et dimanche, dans la lumineuse Verrière des Cordeliers ouverte sur le fleuve, le Rhône a servi de fil conducteur à une "lecture fluviale". Le Rhône mythique, né dans les glaciers suisses, qui abreuve les abricotiers du Valais avant de nourrir ceux de la Vallée. Les textes poétiques ou lyriques de Chappaz, Ramuz, Tardieu, et Guex-Rolle* ont été merveilleusement servis par la compagnie Tallaron.
La Suisse est un petit pays, mais sa littérature présente une grande diversité, qu'elle s'exprime en français, allemand, italien ou romanche. Les extraits de Cingria ou Bouvier, Walser ou Jaccottet, Revaz ou Steiner, accompagnés par le saxo complice de Eduardo Kohan, et suivis d'un échange amical autour d'un rafraîchissement, ont enchanté le public.

*"De la pierre de lune du glacier au saphir de la mer, du chocard au flamant rose, du chardon bleu à la soldanelle, du village primitif à la ville éclatante, le fleuve court, oublieux de son passé, ivre de sa jeunesse toujours neuve."

Article publié dans le JTT.