
Après une quarantaine (en plein air, pas confinée) de jours
passés bien au chaud sous le ventre de leur mère, les oeufs de Madame Cygne
viennent enfin d’éclore. Trois poussins samedi, trois autres, dimanche, les
naissances, comme la ponte, sont échelonnées. C’est émouvant de voir la maman
retourner délicatement les œufs pour aider les petits à se dégager de la
coquille. Le premier bain aussi est une merveille de délicatesse. Les
promeneurs du bord du Rhône se régalent de ce spectacle naturel et partagent
ainsi un moment de convivialité avec les habitants du quartier.
Les petits cygneaux sont d'abord gris et, après une année
environ, leur plumage devient blanc. Ils suivent leur mère pendant les premiers
mois. Le mâle et la femelle sont très protecteurs. Leurs becs sont puissants.
Alors ne vous approchez pas trop ! Chaque année, quelques jours après les
naissances, les cygnes du Rhône retournent en famille vers l’embouchure du
Doux, leur domicile habituel.

Les Cygnes appartiennent à la famille des
anatidés. Leur grand cou souple est soutenu par 24
vertèbres cervicales, leurs pattes sont palmées
et leurs belles plumes blanches très appréciées. Ils sont parmi les plus gros
oisea
ux volants, pesant jusqu'à 15 kg et mesurant 1,50 m environ.
Comme ils sont lourds, il leur faut beaucoup de distance pour s'envoler, mais
ils volent très bien. Les cygnes sont herbivores, ils se nourrissent dans l'eau
et sur terre, de racines, de tubercules, de plantes aquatiques. Ils mangent
environ 3 à 4 kg de nourriture par jour. Le pain sec est néfaste pour eux,
car ils ne tolèrent pas la farine et l'amidon. Pire : si on leur jette du
pain, cela attire les corneilles, qui attaquent les cygneaux.
Les cygnes s'accouplent et vivent ensemble
plusieurs années. Leur nid, constitué de roseaux et autres végétaux aquatiques,
mêlés de boue, est édifié sur la terre ferme, à proximité de l'eau. Il peut
mesurer 2 mètres à la base et une soixantaine de centimètres de hauteur. Le
mâle se charge de rechercher des matériaux et de les apporter à la femelle, qui
les dispose ensuite. Cette construction importante perdure d'une année sur
l'autre et est alors réaménagée et consolidée. À son sommet, la femelle façonne
un creux de 10 à 15 centimètres de profondeur qu’elle tapisse d'un peu de duvet
et de fins éléments végétaux. C’est là qu’elle pond ses œufs, à raison d’un à
deux par jour. Il faut compter environ quarante jours de couvaison, Madame
Cygne reste alors sagement sur son nid, tandis que Monsieur Cygne se charge du
ravitaillement et de la sécurité.

Leur majesté, leur élégance, font que de tout temps les
cygnes ont été l’objet de légendes. Ainsi l’argument du célèbre « Lac des
cygnes » : le prince Siegfried chasse en forêt, il arrive près d’ un
lac, royaume du
sorcier
Rotbart. Celui-ci retient une princesse prisonnière. Il lui a jeté un
sort : la jeune fille, transformée en cygne, ne peut reprendre son
apparence humaine qu'au coucher du soleil. Et ne pourra être délivrée que par
un homme qui l'aimera …
Et pour terminer, une expression qui remonte à l’Antiquité
grecque : « le chant du cygne ». Elle vient du fait que juste
avant de mourir, le cygne chante davantage et avec plus de force. Avec une
longévité moyenne d’environ 20 ans, on peut espérer ne pas l’entendre, et
revoir les cygnes nicher au bord du Rhône au prochain printemps.
Article publié dans le JTT du jeudi 28 mai.
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