jeudi 30 novembre 2023

La crèche de Sylvie à Larnage

Sylvie Revol est une passionnée de tradition provençale. Son premier coup de cœur fut la lecture en 6e, au Sacré-Cœur de Tournon, de la pastorale d’Audouard. Cette interprétation de la nuit de Noël, avec scènes villageoises et personnages hauts en couleur, comme le Boumian, le Pistachié, le Boufaréou… lui ont immédiatement donné l’envie de les recréer dans la crèche de ses parents. Des années plus tard, mariée, mère, puis grand-mère, elle n’a eu de cesse de donner libre cours à sa fantaisie en composant sa propre crèche, qu’elle enrichit de nouveaux tableaux chaque année.

Avec environ 300 santons, du curé à la petite souris, des carottes et navets aux bergers, des jeunes mariés aux danseurs, elle aménage un véritable village provençal, décoré et paysagé, sur environ 4 m de long. On y retrouve les scènes classiques : vendanges, récolte au potager, troupeaux dans les champs, fête au village … mais aussi des spécificités plus locales, comme la Tour du château de Larnage et la Croix du Verre, haut-lieu de rencontre des vignerons de Larnage. Et depuis 2022, Sylvie a réussi à faire figurer les choristes de la chorale La Bergeronnette à laquelle elle participe. Une série de santons originale, qu’elle a commandée spécialement à un santonnier d’Avignon.

Dès l’automne, Sylvie écume les salons de santonniers de la région, pour chercher d’autres perles rares, qui évoqueront son village, sa famille ou qui lui permettront de mettre en scène les textes de Daudet qu’elle affectionne : le fameux moulin, la chèvre de M. Seguin, le sous-préfet aux champs… En novembre, elle installe la structure portante, l’électricité et va glaner les matériaux qui constitueront le décor : mousse, lichens, branches, cailloux. Et en décembre, on peut venir admirer son œuvre…  Une crèche foisonnante, reflet de la vie bien remplie de Sylvie et de sa passion pour les traditions provençales. 

Pour visiter la crèche, téléphoner au 06 81 96 21 24.

Article publié dans le Jtt du jeudi 30 novembre 2023.

jeudi 23 novembre 2023

Chronique littéraire : La mise à nu, de Jean-Philippe Blondel

Une intrigue originale : le narrateur, un prof plutôt désabusé, rencontre lors d’une exposition un ancien élève, Alexandre, devenu célèbre dans le monde de la peinture. Lorsque celui-ci lui propose de faire son portrait, c’est l’occasion pour chacun des deux de revisiter le passé. De développer de nouveaux liens. Et d’envisager le présent autrement.

Dans un style fluide très agréable, l’auteur profite de l’histoire pour développer avec acuité ses opinions sur l’enseignement, le couple, le vieillissement : « Ce n’est pas la douleur qui rend fort, ce sont les mots d’amour » … Un livre subtil, intéressant et juste, qui fait du bien.

Jean-Philippe Blondel, né à Troyes en 1964, continue de mener en parallèle une vie de prof d’anglais et d’écrivain couronné par de nombreux prix. Son roman est disponible poche chez Folio.

Chronique publiée dans le JTT du jeudi 23 novembre 23.

samedi 11 novembre 2023

Le chemin de Régordane

Cet itinéraire historique le long de la grande faille du Massif central, est en effet suivi par une des plus spectaculaires lignes ferroviaires de France, celle du train Cévenol. Une ligne emblématique qui permet de découvrir sans effort la montagne auvergnate et ses points de vue exceptionnels, entre Vivarais et Velay, Gévaudan et Margeride. Pour franchir plus de 1000 m de dénivelé, elle a nécessité la construction de nombreux ouvrages d’art, environ 50 tunnels, ainsi que viaducs et ponts… Une véritable prouesse lors de sa création entre 1840 et 1870.

Croisant par endroits le célèbre chemin de Stevenson, le chemin de Régordane fut le premier à relier Paris à la Méditerranée, dès 843, à la fin du règne de Charlemagne. Une voie de transhumance, de commerce, de transports de troupes et d’échanges (la vallée du Rhône, en partie fief du Saint-Empire, ne s’est ouverte qu’au XIVe siècle) qui devint un important chemin de pèlerinage, joignant la cathédrale du Puy à l’abbatiale de Saint-Gilles, où l’on s’embarquait pour Rome et Jérusalem. En limite de quatre départements, Gard, Ardèche, Haute-Loire et Lozère, le chemin de Régordane, balisé GR 700, est maintenant un itinéraire de grande randonnée de 240 km qui peut s’effectuer en 10 jours. Et dont une partie peut s’effectuer non pas avec un âne, mais en train !

On peut donc  combiner des étapes à pied, en train ou en automobile, en suivant la tortueuse D 906. L’occasion de découvrir des sites pittoresques ou historiques, comme la Garde-Guérin, un des plus beaux villages fortifiés de France, les abbayes cisterciennes de Notre-Dame-des-Neiges ou de Mazan, les mines d’Alès. De grimper sur le Grand Tanargue (1511 m) ou le Mont Lozère (1699 m), se rafraîchir dans les eaux vives des gorges de l’Allier ou du Chassezac, ou celles plus tranquilles des lacs de Villefort et de Langogne … Encore mieux, profiter du spa thermal de Saint-Laurent-les-Bains ! Garrigues sèches, oliviers, vignobles au sud, forêts de châtaigniers ou d’épicéas plus haut, landes fleuries en altitude, le parcours offre une symphonie de couleurs et d’odeurs : Narcisses, genêts, au printemps, marguerites, coquelicots et bleuets en été, bruyères en automne, avant l’arrivée de la neige.


A la gare de la Bastide-Puylaurent, entre Villefort et Langogne, , convergent la Régordane, le chemin de Stevenson, le GR Tour de la Montagne ardéchoise, le GR Tour de la Margeride. C’est le paradis des randonneurs, l’hébergement et la restauration sont assurés, les producteurs locaux et auberges de pays proposent charcuteries, champignons, fromages, châtaignes, myrtilles, miel et vins en abondance … En Cévennes, on a bon pied, bon oeil et bon appétit.

Article publié dans le JTT du jeudi 16 novembre 2023.

jeudi 2 novembre 2023

Guizmo, le chat potelé de Mauves

Vous n’aurez guère l’occasion de croiser Guizmo dans les rues de Mauves, où il habite pourtant : C’est un chat pantouflard, qui ne quitte pas la maison de ses maîtres. Et où il trouve mille occasions de profiter de l’absence de ses « humains ». Voilà l’argument du joli album pour enfants que viennent de publier Nicolas Girard, auteur, et Audrey Faure, illustratrice. Tous deux habitant Mauves, parents de jeunes enfants, et possesseurs de chats, entre autres animaux domestiques.

L’écriture pour l’un, le dessin pour l’autre, sont des passions développées depuis l’enfance. Ils ne manquent donc pas de matière première et sont amis de longue date. Mais il a fallu composer avec leurs emplois respectifs, leurs vies familiales, pour trouver le temps nécessaire à cette collaboration. Une opération du genou qui a immobilisé Nicolas pendant 4 mois a été le déclic : il a ainsi étudié et mis en mots la vie secrète de son chat lorsque toute la famille est partie à l’école et au travail. La complicité avec Audrey, dessinatrice et caricaturiste, a permis ensuite la réalisation de cet album au graphisme et aux couleurs chaleureuses.

« La journée de Guizmo, chat potelé », présent dans les librairies, les salons littéraires et même les magasins de puériculture, aura bientôt une suite, tout comme le précédent : « Titou, la mangouste qui voulait jouer au foot », qui a connu le succès jusqu’à être exposé au safari de Peaugres !

Article publié dans le JTT du jeudi 2 novembre 2023.

dimanche 29 octobre 2023

Le Musée du charronnage au car à Vanosc (07)

Le charronnage, mal connu aujourd’hui, fut pourtant un artisanat essentiel pendant des siècles. Il s’agissait de fabriquer les roues, pour équiper charrettes, calèches, diligences et autres véhicules à cheval ou à bras. Un travail de force et de précision, qui nécessitait la maîtrise rigoureuse du bois et du fer. Joseph Besset, né en 1890 à Vanosc, près d’Annonay, fut un Ardéchois visionnaire, ambitieux et acharné au travail comme ses prédécesseurs, Seguin ou Montgolfier… Fils de paysan, il choisit pourtant le métier de charron et entra en apprentissage chez le meilleur patron d’Annonay. Le début d’une carrière pleine de rebondissements.

Pour fabriquer une roue, il faut de nombreuses étapes : d’abord découper le moyeu en orme, le façonner sur un tour, creuser rainures et encoches régulièrement. Ensuite, découper les rayons en acacia, les insérer dans les encoches. Fermer la roue avec des jantes en frêne. Puis préparer le bandage en fer, l’arquer, souder les extrémités. Enfin le positionner à chaud autour de la jante. Il faut donc combiner le travail de menuisier et de forgeron.

En 1907, Joseph connaît son métier et veut découvrir le monde. Avec un ami, ils se fabriquent deux vélos et partent travailler à Paris, puis en Bourgogne, à Tours, à Rouen. Joseph continue vers l’Angleterre, où il se joint à l’atelier de charron de la Cour royale. A 21 ans, il revient en France pour faire son service militaire obligatoire, 2 ans au Maroc. Libéré en 1913, il épouse Marie-Augustine et fonde son propre atelier à Annonay. Mais la guerre arrive.

Elle marque un tournant pour lui : il en revient indemne et convaincu que c’est la fin de la traction animale. Il abandonne « la traction à crottin pour la traction à pétrole » et décide de se consacrer à l’équipement personnalisé de voitures automobiles. Il conçoit la structure de bois, la pose sur des longerons, ajoute les roues, le moteur, puis habille le tout de métal, et garnit l’intérieur. Menuisier, forgeron, tôlier, peintre, sellier, de nombreux ouvriers collaborent avec lui. En 1920 sort sa première voiture, une Roland-Pilain. Suivront Bugatti, Berliet, Delage…

L’entreprise Joseph Besset se développe. Joseph part aux USA, en rapporte un brevet, et une nouvelle idée : développer plutôt les transports en commun. En 1927, avec Ferdinand Janvier, il lance sa production d’autocars avec ossature bois et moteur à l’avant. En 1938, changement révolutionnaire avec le choix du moteur à l’arrière et une structure autoportante métallique : le premier autocar Isobloc voit le jour. Joseph sait parfaitement utiliser le marketing, et son entreprise est florissante. La deuxième guerre freine sa réussite, mais il rebondit en 1946, avec 1300 salariés et plus de 10 véhicules produits par jour.

Au fil des restructurations, la SACA (société annonéenne de construction automobile) devient SAVIEM, RVI (Renault véhicules industriels), IRIS et maintenant IVECO. Cette société continue d’être le plus grand employeur d’Annonay, et la seule entreprise de fabrication de bus et cars de France !

Le musée du Charronnage au Car à Vanosc met en scène cette saga passionnante, à l’image de la vie de son créateur, Joseph Besset. On y voit de magnifiques voitures, camions et autocars anciens. Ouvert toute l’année, grâce à l’action solidaire des bénévoles de l’association locale La Vanaude, il illustre parfaitement le respect qu’en Ardèche verte, on porte aux grands innovateurs.

Tél 04 75 34 79 81 ; site : museeducar.fr

Article publié dans le JTT du jeudi 2 novembre 2023.

jeudi 19 octobre 2023

L'agritourisme en Sardaigne

L’agritourisme est une forme de tourisme visant à faire découvrir les savoir-faire agricoles d’une région, ses spécialités gastronomiques, ses traditions. Exemple, en Vallée du Rhône, l’œnotourisme. En Italie, grande productrice de denrées méditerranéennes, l’agriturismo est devenu le type d’hébergement le plus répandu. Il correspond un peu à nos chambres d’hôte, fermes-auberges ou gîtes ruraux, on y est accueilli et logé dans une exploitation agricole, on y déguste les productions de la maison et on peut participer aux activités.

La Sardaigne, île montagneuse où élevage et cultures vivrières sont omniprésents, s’y prête particulièrement, c’est un plaisir de se déplacer d’un agriturismo à l’autre, d’un élevage de brebis où l’on fabrique son pecorino à une oliveraie centenaire, d’une propriété viticole à une pisciculture, d’un producteur de fruits et légumes à une ferme céréalière … Si les hôtels et Airbnb du littoral restent prisés des amateurs de plages, c’est à l’intérieur de l’île qu’on rencontre vraiment l’âme et le patrimoine sarde. L’accueil y est chaleureux, la nourriture abondante, cochon grillé parfumé de myrte et laurier, culurgione aux bettes, ricotta du matin. Un retour à l’authentique, en pleine nature, avec néanmoins tout le confort, piscine et Wifi.

Le tourisme de randonnée s’est énormément développé en Sardaigne, permettant de profiter de la beauté des panoramas entre mer et montagne, et de découvrir son histoire, entre les fameux vestiges de la civilisation nuragique et le passé minier, de plus en plus valorisé. Même l'été, on peut se rafraîchir dans les grottes, au milieu des forêts ou près des lacs d’altitude. C’est d’ailleurs à Nuoro, au centre de l’île, qu’on rencontre la plus forte densité de centenaires d’Europe ! Avantage de la vie de berger, au grand air, saine et rude … qu’on peut expérimenter en fréquentant les agriturismi.

vendredi 13 octobre 2023

Rando en Savoie pour l'Accueil Muzolais

Ils étaient 85 participants à la grande sortie d’automne de l’association muzolaise, les 2-3-4 octobre. Au programme : 3 jours de randos autour d’Annecy, par groupes de niveaux. Sous un soleil estival, dans une bonne humeur générale, la réussite a été totale.

Croix du Nivolet, Cascade d’Angon, Mont Veyrier, Col de la Forclaz, il y en a eu pour tous les goûts et toutes les difficultés, de 300 m à 1000 m de dénivelé, suivant les capacités de chacun. Forêts de hêtres ou pâturages ensoleillés avec vue sur le Mont-Blanc, falaises vertigineuses surplombant des cuves creusées par les torrents, pont des Fées, les pique-niques ont permis à chacun de profiter pleinement des splendides paysages. Et pour ceux qui ne grimpaient pas, un programme touristique était proposé, avec la visite des gorges du Fier, de la fonderie de cloches Paccard, des belles villes d’Aix-les-Bains et Annecy. Et la possibilité de se promener simplement le long des berges des lacs.

L’hébergement aux Balcons du lac à Sévrier, près d’Annecy, a permis d’assurer chaque soir repos et convivialité à tous, d’échanger sur les exploits ou les découvertes du jour. Et d’affirmer haut et fort en chœur au karaoké du soir : « Fiers d’être Ardéchois » !

Article publié dans le JTT du jeudi 11 octobre 2023.