samedi 29 juillet 2023

Musicales de Tain l'Hermitage

Le concert d’orgue à l’église de Tain dimanche 23 juillet a conquis le public. Charles-Henri Maulini, titulaire des orgues à Nice a présenté un répertoire éclectique, de Buxtehude et Bach à Alexandre Boëly. Le jeune organiste, au parcours tout aussi éclectique, puisqu’en parallèle de ses études d’orgue, il a fondé un groupe de rock, poursuit actuellement une carrière internationale de compositeur.

L’association Adoctt, organisatrice de ces concerts de l’été, assurait l’accueil du public. Les prochains concerts d’orgue auront lieu les dimanches 30 juillet et les 6-20-27 août, toujours à 17h en l’église de Tain.

Article publié dans le Jtt du jeudi 27 juillet.

jeudi 27 juillet 2023

Festival d’Avignon : le plein de créativité

Le célèbre festival OFF attire en Avignon une foule de tous âges, multicolore et multiculturelle. Amateurs de théâtre, de musique, d’humour, de danse, ou tout simplement curieux, se retrouvent en juillet pour dévorer plusieurs spectacles par jour. Et se régaler des animations gratuites dans la rue. Car c’est là que se fait la publicité pour les spectacles : foisonnement d’affiches sur les murs, parades musicales déjantées et bonimenteurs costumés. Personne n’échappe à l’effervescence générale qui règne dans toute la ville.

Depuis 1966, le festival OFF transforme Avignon en un véritable vivier de culture, de débat et de création (ce festival « parallèle » s’est développé autour du festival IN plus élitiste qui se déroule au Palais des Papes). Des milliers de spectateurs découvrent ainsi chaque jour des spectacles innovants d’une heure environ, à partir de 10 h le matin jusqu’à 24 h. (Tarif : de 5 à 20 €). On compte jusqu’à 1500 spectacles par jour et 1.7 million d’entrées pour tout le mois ! Une opération de communication exceptionnelle et vitale pour les compagnies présentes, car les responsables de programmation de toute la France viennent ici faire leur marché.

Les amateurs reviennent chaque année, subjugués par l’ambiance. Ils passent une journée au festival, pour 4 ou 5 spectacles, ou s’attardent davantage pour enchaîner représentations, débats et rencontres. Les touristes, après avoir profité du charme de la ville, du Pont Saint-Bénézet, du palais des Papes, découvrent avec enthousiasme cette manifestation culturelle hors normes. La canicule des derniers jours n’a même pas ralenti la fréquentation, au contraire, il est tellement agréable de s’asseoir dans les innombrables salles climatisées… Quel plaisir de retrouver ainsi sur scène Sophie Forte désopilante dans « Sur le fil », de s’émouvoir au one man show « Pauline et carton », de frissonner avec le « Barbe Bleue » de Amélie Nothomb ou de scander du rap avec la jeune troupe « Just in case » !

N’hésitez pas, prenez le train, venez participer au Festival d’Avignon jusqu’au 29 juillet !

Article publié dans le Jtt du jeudi 27 juillet.

mardi 25 juillet 2023

Un concert convivial à Saint-Romain-de-Lerps

Jeudi 13 juillet, au coucher du soleil, une foule de tous âges a participé au concert gratuit, donné en plein air, sur les gradins du théâtre de verdure du village. Le groupe Bobby’s Friends sur scène a interprété un répertoire rock latino, aussi métissé que son principal interprète Carlos Elliot Jr. Celui-ci, très à l’aise au chant et à la guitare électrique, était accompagné de Eduardo à la batterie, Bobby à la guitare, et d’un Mississippi saxo, c’est-à-dire d’un harmonica pour la touche country blues.

C’est la communauté de communes Rhône-Crussol qui est à l’initiative de ce festival de musique itinérant gratuit. Tous les jeudis soir de juillet-août, un spectacle est ainsi proposé dans les différents villages du secteur. Prochaines soirées prévues à Boffres, puis Champis, Alboussière, Charmes-sur-Rhône, Châteaubourg, Toulaud et pour finir Saint-Sylvestre le 31 août.

Prendre le frais à Saint-Romain-de-Lerps, se régaler de la superbe vue sur la vallée, puis assister à un concert et pour finir, profiter d'en haut des feux d’artifice tirés le long du Rhône, cette belle soirée festive a été appréciée par les habitants du village comme par les vacanciers.

Article publié dans le Jtt du jeudi 20 juillet.

vendredi 21 juillet 2023

Le quatuor A'dam au festival Vochora

Vochora a bien mérité son nom en offrant au public un régal de voix masculines samedi soir à l’église de Tain. Le quatuor A’dam a enchanté les spectateurs. Quatre jeunes hommes souriants et complices ont présenté avec maestria un répertoire varié et populaire. Negro-spirituals, gospels, chants de marins et grands titres de la chanson française ont donné au public une belle image de leur talent.

Le quatuor A’dam est né en 2012 d’une passion commune pour la polyphonie a cappella. Ryan Veillet et Olivier Rault, ténors, Louis-Pierre Patron, baryton, et Julien Guilloton, basse, ont décidé de faire cohabiter la diversité de leurs goûts musicaux en créant un récital navigant entre styles, époques, langues et pays différents. Après avoir travaillé sur des arrangements originaux faits sur mesure, ils ont obtenu un beau succès avec leur spectacle « J’vous ai apporté des chansons ». Clin d’œil humoristique qui illustre parfaitement l’esprit novateur et néanmoins classique de leur activité.

Pour clôturer leur prestation à Tain, le quatuor A’dam a fait chanter au public enthousiaste « La mer » de Charles Trenet. Un moment de communion très fort, qui s’est terminé en ovation.

Encore 3 concerts à venir pour le festival Vochora : jeudi 20 à Saint-Félicien, vendredi 21 à Tournon et samedi 22, une fin en apothéose avec concert et bal François Ier dans la cour d’honneur du lycée à Tournon.


mardi 11 juillet 2023

La pâtisserie de fille en père

Cléo Janin a vingt ans, elle suit une formation de pâtissière en alternance, entre les stages chez son patron, Gilles Saint-Sorny à Tournon, et les cours au CFA de Davézieux. Une vocation qui a mûri peu à peu, depuis son envie d’ouvrir une librairie-salon de thé dans son adolescence, afin de jouer sur ses deux passions, gourmande et littéraire. Pas facile pourtant d’imposer cette orientation : après son bac, obtenu avec la mention TB, certains professeurs l’auraient volontiers engagée vers de longues études théoriques. Mais Cléo était déterminée et elle avait l’appui inconditionnel de ses parents pourtant hors du sérail.

Cléo est évidemment une des meilleures apprenties en pâtisserie, choisie pour participer à de nombreux concours et formations. Petit choux ou ganache, bûches de Noël ou gâteaux d’anniversaire, elle apprend vite et aborde toutes les facettes du métier en ajoutant sa touche personnelle. Mais là où l’histoire devient exceptionnelle, c’est qu’elle a converti son père à la boulangerie !

Comment cela ? Emmanuel était cadre dans une grosse entreprise tournonnaise. Beaucoup de stress, de responsabilités, de déplacements, qu’un changement de direction et le Covid ont encore accentués, le conduisant au burn-out. A la quarantaine, désireux de changer complètement de vie, et plutôt habile de ses mains, il a commencé à se renseigner sur une reconversion. Et le hasard a voulu que l’apprenti en boulangerie où travaillait Cléo démissionne, il était allergique à la farine. Impossible de trouver un remplaçant. C’est alors que Gilles, son patron lui a demandé : ton père, il ne voudrait pas devenir boulanger ? Bingo. Emmanuel a accepté d’essayer, par curiosité et pour mieux connaître le milieu dans lequel sa fille évoluait. A son tour, il s’est passionné pour ce métier créatif et manuel, où chacun est autonome, bien loin de la pression des grandes entreprises.

Voilà donc Cléo en apprentissage à Tournon, tandis que Emmanuel est en apprentissage à la boulangerie-école l’AURA à Chabeuil … Ils se croisent parfois dans les formations ou les salons professionnels, mais ce qu’ils ambitionnent, quand ils auront terminé leur cursus, c’est de créer ensemble dans la région leur propre boulangerie-pâtisserie. Peut-être même qu’on y vendra aussi des livres ?

Article publié dans le Jtt du jeudi 13 juillet.

vendredi 30 juin 2023

"L'Univers sans l'Homme" au musée de Valence


La nouvelle exposition au musée de Valence rassemble pièces anciennes et contemporaines sous le titre énigmatique : « L’univers sans l’homme ». Une exclamation de Baudelaire, dénigrant les artistes réalistes qui ne s’intéressaient plus qu’à la nature, en est à l’origine. Parmi eux, Gustave Courbet, dont deux toiles sont exceptionnellement prêtées pour cette exposition à Valence.

Pourquoi ce choix de peindre la nature victorieuse sur l’homme ? Parce que, à partir du 18e siècle, de nombreuses catastrophes naturelles, telles que le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, ont donné aux artistes l’envie de s’écarter de la toute-puissance humaine. Jusqu’à imaginer des villes entièrement vides, comme dans les œuvres de Atget ou Chirico autour de 1900, ou plus tard, de montrer l’horreur de l’utilisation des bombes atomiques. Dans le déroulement chronologique de l’exposition apparaissent ensuite les robots, les œuvres créées par l’Intelligence artificielle, début de la substitution de l’homme par la machine. Mais l’exposition se termine sur une note positive : L’homme disparaît devant une nature dont la puissance révèle aussi sa beauté. C’est le message délivré par les Nymphéas de Monet, autre prêt prestigieux à admirer sans modération.

Le thème de cette exposition recoupe les préoccupations actuelles de notre société, confinement, guerre, déséquilibre climatique. Comme toujours dans l’art contemporain, il faut comprendre le fil directeur pour apprécier le choix éclectique des œuvres présentées. Et accepter de se laisser surprendre en déambulant dans les sept salles que le musée de Valence consacre à cette exposition temporaire, visible jusqu’au 17 septembre 2023.

Article publié dans le Jtt du jeudi 27 juillet.

mercredi 14 juin 2023

Gilbert et Béatrice Cochet , deux naturalistes engagés

Réensauvageons le monde !

C’est le slogan de deux naturalistes ardéchois, experts internationaux pour la biodiversité :  Gilbert et Béatrice Cochet. Notre planète est accablée par le réchauffement climatique, la pollution, la sécheresse, mais il existe des sources d’optimisme, des solutions pérennes pour préserver la faune, la flore, les écosystèmes. Des solutions qui ont fait leurs preuves à travers le monde. L’objectif de Gilbert et Béatrice Cochet est de les faire connaître, les propager, pour mettre en place un rapport respectueux et durable avec la nature. Par des livres, des conférences, des interventions au niveau international (Conseils scientifiques de Rhône-Alpes, des Gorges de l’Ardèche, de l’Union internationale des conservatoires naturels), et la participation à de nombreux documentaires naturalistes.

C’est à Saint-Romain-de-Lerps que ces deux globe-trotters posent leurs bagages et mettent au point leurs travaux entre explorations de la planète et congrès. Une maison polie par les ans, cachée dans un bosquet de pins et de cèdres, avec vue ouverte sur la vallée du Rhône. Du grand air, de la lumière, des livres et des cartons, ainsi que des boutures de fleurs dans le moindre coin … On est bien chez des amoureux de la nature. Ces anciens profs agrégés de Science et Vie de la Terre du lycée de Tournon ont la pédagogie chevillée au corps. Après avoir publié « Réensauvageons la France » avec Stéphane Durand en 2018, Gilbert et Béatrice élargissent le point de vue dans leur dernier ouvrage « l’Europe réensauvagée », toujours chez Actes sud. Le public en redemande, puisque l’éditeur leur a proposé de plancher maintenant sur le ré-ensauvagement du monde !

-        Gilbert : Réensauvager la France, c’est proposer un éventail de solutions simples pour le bien-être et l’épanouissement de tous, hommes, plantes et animaux. La France est un pays riche d’une grande diversité de climats, de reliefs, d’écosystèmes. Pourtant de nombreux animaux, cours d’eau, forêts, mers sont en péril. Protéger, mieux gérer, réintroduire certaines espèces comme le lynx dans les Vosges, l’ours dans les Pyrénées, jusqu’au chamois ou l’ibis en Ardèche*, redonner de la fluidité aux cours d’eau pour permettre le passage des saumons … Voilà des pistes à suivre.

-        Béatrice : La pêche industrielle est un désastre écologique, c’est comme si l’on tuait la poule aux œufs d’or ! En observant les réalisations d’autres pays d’Europe, on trouve des solutions. Ainsi l’Italie a interdit la pêche dans un secteur de l’Adriatique pendant 5 ans, malgré l’opposition des professionnels. Après ce laps de temps, la réouverture a permis de faire des pêches exceptionnelles, car la nature est résiliente, si on lui laisse le temps, elle se régénère d’elle-même.

-        Gilbert : Les forêts de Bavière, de République tchèque, des Carpates, par un programme de gestion raisonnée sont redevenues ce qu’elles étaient, de grandes réserves boisées accueillant des milliers de visiteurs venus observer la faune sauvage. Voir de près évoluer de grands mammifères en liberté procure à l’homme une émotion extraordinaire, un sentiment de paix, de liberté.

A l’échelle mondiale, tous deux évoquent la renaissance du Costa Rica. Ce petit pays d’Amérique centrale est l’exemple même d’une transformation profitable à tous. Il s’était lancé comme ses voisins dans la culture du café, du cacao, de la banane, en défrichant la forêt et forçant sur les pesticides, sans sortir de la pauvreté. C’est la lucidité et la volonté d’un président qui ont arrêté cette agriculture néfaste et peu rentable pour mettre en valeur un patrimoine naturel exceptionnel, en créant des parcs naturels. Aujourd’hui les retombées financières de l’écotourisme font vivre tout le pays. Mais pour cela, tout le monde a joué le jeu, jusqu’aux braconniers recyclés en guides…

-        Béatrice : Pour préserver la biodiversité, il faut non seulement la volonté politique, mais aussi l’acceptation de la population. Les jeunes générations sont en attente de solutions, même radicales, il faut leur en proposer !

Gilbert : Car protéger une zone, c’est bien, mais peu efficace, alors que protéger un territoire intégralement, c’est assurer la survie des espèces. La nature est plus forte que l’homme.

Les Cochet sont complices et complémentaires dans la vie comme dans leurs travaux. Ensemble ils ont pagayé, plongé, escaladé, exploré... Béatrice a même passé son brevet de pilotage d’avion puis d’hélicoptère quand Gilbert avait besoin d’illustrer ses ouvrages scientifiques de photos aériennes. Après avoir accompagné en tant qu’experts les films animaliers de Jacques Perrin (« Les saisons »), les documentaires télévisés (« Des racines et des Ailes », « Ushuaia »), c’est dans la mouvance du film « Demain » de Cyril Dion qu’ils s’inscrivent, en montrant qu’on peut gérer la planète autrement … et réensauvager la vie.  

*on a trouvé dans les gorges de l’Ardèche un reste d’ibis chauve datant de la Préhistoire, preuve de sa présence ancienne sur le territoire. Cette population d’oiseaux migrateurs en voie de disparition, dont l’habitat est le sud du pourtour méditerranéen, pourrait être réintroduite et sédentarisée en Ardèche, avant de lui réapprendre à voler … un bel exemple du réensauvagement de l’Europe.



Article publié dans le Jtt du jeudi 29 juin.