vendredi 15 septembre 2017

Besançon capitale du livre !

Vendredi 15 septembre, je dédicacerai "O mia Patria" au stand des libraires, dans le cadre du festival du livre, place de la Révolution, à Besançon.




lundi 11 septembre 2017

Le musée d'art sacré de Mours-Saint-Eusèbe


L'église romane de ce village proche de Romans accueille une exceptionnelle collection d'objets religieux du XIVème au XXème siècles, rassemblée par un passionné. Un patrimoine chargé d'histoire et de symboles, mais aussi d'une immense valeur artistique, témoignant du savoir-faire exceptionnel et de la créativité des artisans en matière d'orfèvrerie, de tissage, broderie (peintures au fil de soie), mais aussi de papeterie (tableaux et reliquaires en paperolles), au cours des siècles.
Après le concile Vatican II (1962-65), l’Église catholique consciente de la nécessité de se moderniser, simplifie le déroulement des messes. Le prêtre ne sera plus dos mais face au public. Les tenues d'apparat, les autels majestueux, et des milliers d'objets de culte ou de dévotion sont alors remisés dans les greniers des cures, ou dispersés. Le Père des Cilleuls, conscient de leur valeur artistique, décide de les collecter pour les sauvegarder. Pendant près de 50 ans, ce visionnaire rassemble ainsi dans son église une collection d'objets se rapportant à la vie religieuse d'antan. Tableaux, sculptures, retables, mais aussi reliquaires, tabernacles, ciboires, calices, ostensoirs, antiphonaires et une série de vêtements sacerdotaux brodés de toute beauté. Une petite partie de ces chefs d'oeuvre de maîtrise, ainsi que quelques pièces étonnantes, comme les gaufriers à hostie, les tampons d'impression d'images pieuses, un autel portatif de la guerre de 1914-18, est visible dans l'église de Mours, à l'occasion de visites organisées les dimanches à 16h
En réalité, le Père des Cilleuls a collecté plus de vingt mille pièces de grande valeur artistique, qui dorment dans des réserves. Comment valoriser le reste du trésor ? Si un musée leur était dédié, il serait un des plus importants musées d'art sacré de France. Où  le construire ? Comment le financer ? Jusque là jalousement gardé par les habitants de Mours à travers une association de bénévoles, le petit musée actuel doit se mettre aux normes.  Comment conserver, sécuriser des œuvres d'art, exposées dans un lieu de culte ouvert ?  C'est Valence Romans Agglo, à travers son label « Pays d'art et d'histoire » qui gère maintenant le dossier et programme les visites.

Que tous les saints Eusèbe, martyrs ou bienheureux, lui portent secours !

tél : 04 75 79 20 86

Article publié dans le JTT du jeudi 7 septembre.

mercredi 6 septembre 2017

Entre deux eaux, entre deux os


L'exposition de l'été au château de Tournon est consacrée à Nicolas Rubinstein, un artiste français  contemporain, né en 1964.  Ingénieur géologue de formation, ce sculpteur « naturaliste » a depuis son enfance collectionné les os, son matériau de prédilection. Gamin curieux du monde animal, puis passionné par la vie de la planète en général, il a peu à peu affiné sa théorie sur l'ossature. C'est ce qui nous fait tenir debout, à la fois mémoire du corps et porteuse de vie. Pour mieux révéler son importance, Nicolas Rubinstein déconstruit les apparences, jusqu'au squelette. En détournant cet élément fondamental, il envoie un message philosophique ou simplement humoristique au public.



L'exposition propose des œuvres de plusieurs époques, certaines militantes en faveur de la vie, d'autres simplement dans un esprit de gag. Un vélo construit en os (faux), une chaîne vertébrale entre naissance et connaissance, voisinent avec des « cerveaux-lents ». Un océan de sacs de plastique d'où surgit un monstre marin précède un pont dont le tablier est une épine dorsale. Mickey désintégré n'est plus qu'un rat, à côté d'une poule qui montre ses dents. La construction de maquettes avec des os en résine donne un aspect étonnamment humain aux architectures virtuelles ou réelles, comme Notre-Dame de la Garde. La volonté de l'artiste est de questionner le public sur la communication, la transmission, la dérision.



Tout cela, on ne saurait l'appréhender sans les explications d'Aurélie, qui guide avec professionnalisme les visiteurs à travers le château et l'exposition. L'histoire des lieux, comme l'art contemporain, prennent une tout autre dimension quand on comprend ce qui les sous-tend.



L'exposition : « Nicolas Rubinstein Entre deux eaux » est visible au château-musée de Tournon tous les jours jusqu'au 1er octobre. Visites guidées en juillet-août à 15h et 16h30.


Article publié dans le JTT du jeudi 31 août.



vendredi 1 septembre 2017

Apéro-jazz au Fief de Gambert


Pendant l'été, Terres de Syrah, en association avec la Cave de Tain, propose des apéros-jazz chaque quinzaine, à 19h30, sur deux lieux différents : au Fief de Gambert à Tain, ou à l'hôtel de la Villeon à Tournon. Le principe : profiter en musique d'une belle soirée, en dégustant une assiette de tapas et un dessert concoctés par les chefs, accompagnés de vins choisis par la Cave.


Après une après-midi caniculaire, jeudi 3 août, l'orage avait rafraîchi l'atmosphère, une belle lumière magnifiait le paysage. Depuis la terrasse du Fief de Gambert, la vue sur les vignes grimpant à l'assaut du coteau sous un ciel mordoré était splendide. Mais c'est repliés à l'intérieur de la salle de dégustation que les musiciens de « Trivial Pour Swing », Yvan, Marc et Thierry, ont donné un concert très réussi, entre œuvres de Django Reinhart, Astor Piazzola et musique tzigane.



Une quarantaine de participants a profité de la musique tout en savourant les Saint-Péray Fleur de Roc 2015, Crozes-Hermitage blanc Les Hauts d'Eole 2014, Crozes Hermitage rouge Les Hauts du Fief 2013 et Hermitage rouge Cuvée classique 2007. Accompagnés d'une assiette gourmande, mêlant gaspacho de betterave, pissaladière, salade de ravioles, sandwich de polenta, caillettes et brochettes de melon. Vers 22h, l'arrivée des desserts chocolatés annonça la fin du spectacle. Une belle soirée conviviale, avec le soleil couchant sur les vignes.


Prochain apéro-jazz au Fief de Gambert le 7 Septembre.
Tarif : 35 € pour une assiette gourmande, un dessert, un verre de vin. Les suppléments sont à la carte.
Réservation : 04 75 08 91 91 ou contact@terresdesyrah.com

Article publié dans le JTT du jeudi 31 août.


vendredi 25 août 2017

Angkor, toujours ...

Angkor, du Xème au XIIIème siècle, recouvrait 1000 kilomètres carrés, capitale du royaume khmer elle comptabilisait 750 000 habitants. Toute la zone était irriguée, et donc nourrie, grâce à des travaux hydrauliques colossaux et une gestion des eaux parfaitement maîtrisée. Les aléas climatiques, les guerres, le changement de religion, ont eu raison de cette merveilleuse cité qui fut progressivement abandonnée, puis reprise par la jungle. Jusqu’à sa « redécouverte » en 1860 par Henri Mouhot, un explorateur Montbéliardais. Ses carnets ont mis Angkor à la mode en Europe, comme Bonaparte avait initié l’égyptomanie quelques décennies plus tôt. Aujourd’hui, une centaine de temples subsistent dans une jungle de 900 km2, sillonnée par un réseau de pistes.

Angkor Vat, le temple majeur du site est un des mieux conservés. Le terme temple est impropre pour cette cité de pierre aux bâtiments somptueux imbriqués les uns dans les autres. Une magnifique voie pavée passe au dessus d’une douve, et pénètre dans une muraille de 3.5 km de long. Architecture de grès et de latérite, les blocs ne sont pas assemblés par un mortier, mais par une taille ajustée. Les différents niveaux s’étagent en terrasses successives, reliées par des escaliers, jusqu’au centre, où on accède au sanctuaire dominé par les cinq célèbres tours. Le temple est aujourd’hui encore un lieu saint, mais dédié à Bouddha, alors qu’à l’origine c’était un lieu de culte hindouiste, dédié à Vishnou. Le Cambodge est passé en douceur d’une religion à une autre, dans une forme de syncrétisme paisible.

Deux autres sites spectaculaires, à une vingtaine de kilomètres, attirent les touristes. D’abord Angkor Tom, la ville royale fortifiée. Un carré de 3 km de côté, entouré d’une douve et d’une muraille, percée par quatre portes. L’entrée principale est bordée d’un alignement d’une cinquantaine de dieux d’un côté, de démons de l’autre, tenant le serpent sacré, le naga. A l’intérieur, plusieurs palais, temples, dont le fameux Bayon bâti par Jayavarman VII. Ce fantastique monument, avec ses 54 tours à quatre visages, fut dédié par le souverain à Bouddha  dont il diffusa la doctrine. Partout, on se sent regardé avec bienveillance.

Ta Prohm est le temple dissimulé sous les fromagers géants, où végétal et minéral se livrent une lutte sans merci. C’est hallucinant. Les racines des arbres, vieux de 300 ans environ, se sont insérées entre les pierres des temples, ont poussé sur les ruines. Cette double architecture grandiose donne l’impression de se trouver face au chaos, dans un autre monde, après l’apocalypse.

Plus à l’écart se trouve la « cité des femmes », Banteay Srei, temple de grès rose aux sculptures raffinées, joyau de l’art khmer. Si beau qu’en 1923 André Malraux, alors jeune explorateur, avait décidé d’en voler quelques bas-reliefs pour les revendre sur le marché de l’art. Arrêté, emprisonné, il a enduré la prison, avant de mettre en scène son aventure dans « La voie Royale », mais ce scandale a permis de mettre en place la protection des œuvres d’art du Cambodge.

Angkor est un site exceptionnel, où chaque temple a sa personnalité. Les dizaines de kilomètres entre les sites, à travers la jungle, sont l’occasion d’apercevoir entre les arbres, d’autres temples, d’autres ruines, que personne ne visite. Les archéologues de l’école française d’Extrême-Orient ont encore de belles restaurations à faire !

Article publié dans le JTT du jeudi 24 août.


mardi 15 août 2017

Les Garouste : Complot de famille


C'est l'intitulé de l'expo de l'été au Château d'Hauterives. Pourquoi ce titre ? Parce qu'elle réunit des œuvres du célèbre peintre et sculpteur Gérard Garouste, de sa femme Elisabeth, designer, et de David Rochline, artiste polyvalent, frère d’Élisabeth. S'y joignent les productions des Enfants de la Source, qui ne sont pas les leurs, mais ceux d'une association crée par G.G. pour permettre aux enfants en difficulté de pratiquer l'art sous toutes ses formes.

Enfant, Gérard Garouste passait ses vacances chez son oncle Casso, maçon, bûcheron, bricoleur, collectionneur, un artiste ignoré qui aurait pu devenir un Facteur Cheval. De cette confrontation avec ce qu'on appelle maintenant l'art brut, est née sa vocation artistique. Le lien était donc tout trouvé avec la thématique prônée chaque été par le Château d'Hauterives.

C'est donc une déferlante de thèmes, de couleurs, de styles qui accueille les visiteurs. Les toiles de Gérard, souvent torturées, empreintes de références aux textes fondateurs, Bible, Divine Comédie, Don Quichotte... les dessins d’Élisabeth, aux graphismes minutieux, les collages colorés de David, et les réalisations exubérantes des Enfants de la Source. On ne comprend pas toujours ces délires sortis de l'imaginaire, mais comme le précise Garouste « Le fou parle tout seul. Il voit des signes et des choses que les autres ne voient plus. Je veux peindre ce que l'on ne dit pas. »

L’expo « Les Garouste : Complot de Famille » est visible jusqu’au 31 août au Château d’Hauterives (Drôme), à 300m du Palais idéal du Facteur Cheval. Tous les jours de 11H à 18H30. 


Article publié dans le JTT du jeudi 10 août.

vendredi 11 août 2017

Chronique littéraire : L'amie prodigieuse, d'Elena Ferrante


C’est l’histoire d’une amitié, celle de Léna et Lila, deux petites filles nées dans le même pauvre quartier de Naples, la même année 1944.  Une amitié conflictuelle mais riche, dès l’enfance, un lien fragile et fort, parfois porteur, parfois étouffant, parfois pervers, qui perdure jusqu’en 2010. C’est ce qui fait l’originalité de cette saga : suivre le destin de deux femmes très différentes à travers les bouleversements sociaux des soixante dernières années en Italie.
Lila et Léna sont toutes deux belles et douées, mais de caractères opposés. Lorsque Lila la brune fonce, vit chaque instant comme s’il était le dernier, Léna la blonde reste prudente, réfléchit avant d’agir. Sans cesse en compétition, scolaire ou amoureuse, elles grandissent dans la rue, entre les coups, les rêves, la gouaille populaire, soumises à des règles sclérosées. Lorsque Lila se marie à 16 ans, pour sortir de la misère, Léna choisit d’étudier malgré ses guenilles. D’un côté une vie chaotique, de l’autre une sécurité tristounette.

Dans le deuxième tome, l’amour à son tour les oppose, toutes deux sont amoureuses de Nino. Lila s’adonne avec lui aux joies de l’adultère tandis que Léna l’entretient de philosophie. Malgré tout, le lien indéfectible qui les unit depuis l’enfance les stimule, chacune dans son parcours. C’est aussi l’originalité du roman : l’amitié dont il est question n’est pas un long fleuve tranquille. Mais dans un univers de violence, il représente aux moments difficiles une sorte de talisman qui permet d’aller de l’avant.
Deux tomes sont déjà disponibles en poche chez Folio. Les fans d’analyse psychologique et d’histoires de familles ballottées dans une société en pleine évolution, se précipitent déjà pour dévorer le troisième tome, qui vient de sortir.

Autre curiosité : Personne ne connait l’auteur Elena Ferrante, qui a pourtant vendu des millions d’exemplaires dans le monde entier. Elle ne communique que par écrit avec son éditeur, son anonymat est la condition de la poursuite de son œuvre. Tous les lecteurs s’interrogent. Qui est-elle ? Lila, Léna ou les deux ?

Chronique publiée dans le JTT.