Chaque année le 25 octobre, la ville de Romans fête Saint
Crépin, le Saint patron des cordonniers et des tanneurs. La légende rapporte que, au IIIe
siècle, Crépin et son frère Crépinien étaient deux frères cordonniers de
Soissons, qui furent martyrisés par l’empereur romain Maximien pour leur foi chrétienne.
A Romans, la Confrérie de saint Crépin et saint Crépinien, toujours très active,
célèbre encore chaque année cette fête chrétienne devenue tradition.
A cette occasion, dimanche, le Musée international de la
chaussure a ouvert ses portes gratuitement : visite libre des collections,
démonstrations de fabrication de chaussures… Mais le clou de la visite était
l’exposition dédiée aux créations de Sylvain Vessière, designer lyonnais
passionné par la chaussure à talon haut, qui crée des chaussures-œuvres d’art
en revisitant les architectures emblématiques de notre époque.
Comme un architecte, Sylvain Vessière étudie les contraintes
des matériaux, résistance, hauteur, pérennité, pour ses talons aiguille. Les matériaux qu’il utilise vont des plus
classiques aux plus inattendus : cuir, dentelle, tissu, bijoux, ou objets
insolites. Ainsi le modèle Massalia, un hommage au Mucem et ses « résilles
architecturales ». La Beijing, inspirée du « Nid », le stade de Pékin, la Velay
en hommage à la lentille, la dentelle et la verveine du Puy… La chaussure Epsilon,
parée de rouages, née d’une collaboration entre l’artiste et l’horlogère
lyonnaise Sophie Jankowski, la JPG en tricot marin, clin d’œil à Jean-Paul
Gautier.
Le public a été bluffé par ces modèles extravagants si
réussis. Entre architecture et chaussure, il n’y a qu’un pas, et Sylvain
Vessière l’a franchi, en espérant inspirer une nouvelle génération de
chausseurs qui prendront le relais des grands créateurs, tels Charles Jourdan
ou Stéphane Kélian. Une idée à suivre.
Article publié dans le JTT du jeudi 29 octobre 2026.
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