Tel était le titre de la conférence donnée par les Amis du Musée et du Patrimoine mercredi 25 février à Tournon. Un public captivé a suivi l’exposé brillant de Michel Raffin, Président de l’Alliance des Rhodaniens, amoureux du Rhône depuis toujours. Le Rhône se distingue des autres fleuves par une contrainte géographique : sa forte pente. « Pas navigable mais toujours navigué ! » s’amuse le conférencier. Depuis les pirogues taillées dans des troncs d’arbre au néolithique, jusqu’aux péniches et paquebots de croisière, les innovations ont marqué son histoire.D’abord dans la fabrication des bateaux, leur calfatage, puis
dans l’organisation de la remontée du fleuve : au 13e siècle, on
réquisitionne des « broches » de haleurs par milliers, ensuite des
équipages de chevaux. Enfin aux 18e et 19e siècles sont
venues les innovations industrielles, machine à vapeur, chaudière tubulaire
(Merci M. Seguin). La thermodynamique a entrainé l’âge d’or de la navigation, interrompu
en 1856 par l’arrivée d’un concurrent imprévu : le chemin de fer. Le
nombre de bateaux fut divisé par 10 en 10 ans !
La navigation a persisté en multipliant les innovations hydrodynamiques,
c’est-à -dire les travaux sur le lit du Rhône. A l’origine formé d’une
succession de lônes variant au gré des crues, le Rhône a été doté autour de
1880 de digues submersibles en épi, qui le contraignaient à creuser lui-même
son lit, permettant une navigation plus aisée. Au 20e siècle, l’utilisation
du Rhône jusque-là principalement dédiée à la navigation, se voit encadrée par
la CNR, créée en 1933, pour favoriser aussi l’agriculture et la recherche d’énergie.
Des barrages sont construits, mais la quantité de fret diminue, victime de la
concurrence des camions et du train et du choix politique de ne pas réaliser la
jonction Rhin-Rhône qui cloisonne le trafic.
Une embellie se dessine cependant avec l’installation de l’armateur de porte-conteneurs CMA CGM, entreprise mondiale, ainsi que la multiplication inespérée des bateaux de croisière : 26 en saison ! En conclusion, Michel Raffin évoque cette phrase de Jean Jaurès : « C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source ». A méditer.
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