Nadia Ferrouki a illuminé Chabeuil avec ses éclatantes
Matriarches. L’invitée d’honneur des Rencontres de la photo exposait des
clichés mettant en valeur des petites communautés indigènes où les femmes ont
un réel pouvoir. Car si depuis le 19e siècle, les femmes ont obtenu
des droits dans plusieurs pays, ce n’est pas le cas partout dans un monde en
majorité patriarcal. Des petites tribus au Kenya, en Inde, au Pérou, en Chine
vivent pourtant en paix dans une société matrilinéaire où les femmes n’ont pas
un rôle subalterne.
Nadia Ferrouki préfère ce terme « matrilinéaire »
au terme « matriarcat », qui rappelle trop le patriarcat. Or le
fonctionnement matriarcal n’est pas copié sur le système patriarcal : dans
ces sociétés, il n’y a pas de domination d’un sexe sur l’autre. Les femmes
transmettent le nom et l’héritage, assument l’éducation et les rituels, parfois
gèrent les biens, mais en totale complémentarité avec les hommes.
Nadia Ferrouki, fille d’un père algérien et d’une mère
tchèque, élevée aux USA où elle a fait des études de relations internationales,
a promené son appareil photo sur toute la planète, travaillant pour de grands magazines
tels que Géo, le Monde, le Figaro, Courrier international… Polyglotte, audacieuse,
elle se sert de son tempérament d’exploratrice pour mettre en lumière des
minorités singulières où les femmes s’affirment comme actrices essentielles.
Par ailleurs, les Rencontres de Chabeuil exposent chaque
année vingt photographes aux thématiques aussi variées qu’originales. C’est un
plaisir de découvrir avec eux la diversité du monde en déambulant dans les rues
du centre ancien et jusque dans les allées des serres Gaillard. Une manifestation de haut niveau,
parfaitement maîtrisée, qui attire chaque année des milliers d’amateurs et de
professionnels.
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