jeudi 23 avril 2026

Tain et la marquise de Sévigné

Cette année on célèbre à Grignan le 400e anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné, en 1626, avec une multitude d’animations et d’expositions. Pourtant, elle n’est pas née à Grignan ! Elle venait y visiter sa fille, à qui, entre deux séjours, elle écrivait depuis Paris environ une lettre par jour, d’où la fameuse Correspondance.

La ville de Tain a elle aussi une importance essentielle, mais peu connue, dans la vie de la Marquise : c’est là qu’elle fut sauvée de la noyade en juillet 1672 par les mariniers locaux. La barque sur laquelle elle voyageait depuis Lyon s’est retournée dans le Rhône furieux. La Marquise en a gardé une hantise du fleuve et une profonde reconnaissance pour le notable qui l’a recueillie, séchée, hébergée, Monsieur Bergier. Comme l’époque interdisait aux femmes d’écrire à des hommes qui n’étaient pas de leurs connaissances, la célèbre épistolière n’a pas pu remercier par lettre son hôte. C’est donc son gendre, François de Grignan, qui adressa ensuite ses remerciements à Monsieur Bergier.

Quand les élèves du CE2 de l’école Jean Moulin de Tain ont pris connaissance de cette histoire, ils ont été passionnés. Véronique Pic, leur institutrice, a alors demandé aux enfants d’écrire à la place de Madame de Sévigné une lettre de remerciement à Monsieur Bergier. Leurs lettres sont actuellement exposées au château de Grignan, jusqu’au 3 mai, accompagnées de la maquette de la passerelle qui symbolise le Rhône et rappelle leur projet scolaire « Patatrac ».

Cela donne des idées d’animation festive à Tain. Si on imaginait une reconstitution du naufrage qui mobiliserait toutes les énergies de la ville ? Le bateau se renverserait (club d’aviron), une femme de lettres tomberait à l’eau, récupérée par les sauveteurs (pompiers). Emmenée à l’ancienne maison de Monsieur Bergier (actuel office de tourisme), elle serait séchée, soignée. Et le soir on organiserait en son honneur un banquet « royal » (lycée hôtelier), avec musique (OHTT), lectures d’élèves (école), suivi d’un bal « grand siècle (MJC) ...


On peut toujours rêver… que la notoriété de Madame de Sévigné valorise l’image de Tain !

Article publié dans le Jtt du jeudi 23 avril 2026.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire