Le village ardéchois de Boffres domine un beau paysage
ouvert, de la campagne vivaroise jusqu’aux Alpes. Bâti sur un promontoire au milieu de châtaigniers, Boffres doit son nom au vent froid qui souffle dans cette région le balfredo. Le village a gardé son caractère moyenâgeux, des artisans s’y sont installés, et en grimpant à travers ses calades, on arrive à une haute tour du 13e siècle, vestige du château médiéval. A côté, l’ancienne chapelle du château, devenue l’église paroissiale, a été âprement disputée pendant les guerres de religion et maintes fois restaurée. Tout autour du village, de nombreuses randonnées permettent de profiter de la nature agricole et d’admirer de belles bâtisses de pierre.
Boffres est le fief de la famille d’Indy, connue surtout par le musicien et compositeur Vincent d’Indy. Né à Paris en 1851, celui-ci découvre Boffres à l’âge de 13 ans, en vacances chez sa grand-mère dans la demeure de Chabret. C’est là qu’il tombe amoureux du Vivarais et de sa cousine, Isabelle de Pampelonne, qu’il épouse en 1875 dans la chapelle de Chabret. Musicien brillant, élève de César Franck, sa carrière et sa célébrité commencent dès 1873. Il voyage beaucoup, fréquente Liszt, Wagner, Brahms. En 1896, il fonde à Paris avec ses amis Charles Bordes et Alexandre Guilmant la Schola Cantorum, prestigieuse école de musique, dont il assure la direction jusqu’à sa mort en 1931.
En 1880 il achète un terrain à Boffres et fait appel à un
architecte valentinois, Ernest Tracol, élève de Viollet-le-Duc, pour faire construire
un château sur une terrasse surplombant la campagne, avec vue sur le Mont-Blanc.
La famille s’y installe en 1890. Vincent d’Indy vit à Paris, mais passe trois
mois chaque été à Boffres, où la nature l’inspire beaucoup. Il y invite de
nombreux artistes jusqu’en 1920. Son arrière-petit-fils, Christophe d’Indy a
restauré le château pour en faire une résidence hôtelière de luxe.
Mais à Boffres, l’ambiance reste plutôt simple et écolo, on cultive
le local et la convivialité, avec deux auberges, des gîtes, une bibliothèque et
une animation festive régulière. Seul bémol, aucune manifestation ne rend
hommage à l’enfant du pays, Vincent d’Indy, le compositeur de la symphonie Cévenole !
Article publié dans le JTT du jeudi 14 mai 2026.

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