vendredi 27 janvier 2017

Eventailliste, un métier d’artistes et d’artisans

A Romans, face à Saint Barnard, la rue Pêcherie concentre quelques échoppes artistiques : relieur, luthier, galerie de peinture, mais la plus belle est sans conteste possible Appâts d’Anges. Eventails en dentelle ou en plumes, en tissu ou en papier, découpés ou tressés, coquins ou précieux, la vitrine de l’atelier est un régal pour les yeux.

Authentique œuvre d’art, l’éventail est un objet raffiné, unique, conçu sur demande. Accessoire de mode, de théâtre, objet de décoration, de collection, ou publicitaire, son élaboration, puis sa réalisation demandent un savoir-faire pointu dans plusieurs domaines. Il utilise toutes les matières, ivoire, nacre, écailles, corne, bois, os et feuilles de vélin, de soie, dentelles, satin, organza, ne se refuse aucune coquetterie. 
Eventailliste est un métier passionnant, affirme Frédérick Gay, plasticien et créateur inspiré, dont les œuvres ravissent les collectionneurs. Dans son atelier de Romans, il crée des modèles, réinterprète ou restaure des éventails anciens, collabore à la prestigieuse maison Duvelleroy, expose à Paris, commercialise à l’étranger. Son métier, après des études psychologie et de mode, il l’a appris chez le dernier maître éventailliste, au Musée de l’Eventail de Paris.

Lauréat du grand prix des métiers d’art en 2006, il déplore néanmoins le peu d’animation du centre historique. Son échoppe attirerait les foules si elle était placée rue de Rivoli !
Pour doper l’intérêt des passants, il a ouvert son atelier à Hugo Chapin, comédien, formateur et aussi artiste en arts appliqués, dont les photomontages traités par ordinateur et tirés sur aluminium révèlent un goût pour l’ésotérisme et l’érotisme. 
Une troisième personne s’épanouit dans l’ambiance artistique de l’atelier-galerie, c’est Johanna, stagiaire issue des Beaux-arts de Nantes, enthousiasmée par la découverte du métier d’éventailliste.
La transmission du savoir-faire est une belle manière de préserver le patrimoine. Il est loin le temps où le langage de l’éventail permettait aux belles dames de faire leurs déclarations par de discrets gestes codés…

Atelier-galerie Appâts d’Anges, 9 rue Pêcherie à Romans ... et sur Facebook.

Article publié dans le JTT du jeudi 26 janvier 2017.


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