L’Ardèche que j’aime, celle de mes
aïeux, s’étend entre Tournon et Saint Félicien. Entre la vallée
du Rhône animée, opulente, avec soleil, vignes, fruits, gastronomie
raffinée, et les monts érodés, rudes, verts, paisibles, où la
fraîcheur règne même en été. Empurany, Arlebosc, Colombier,
villages trapus, compacts, aux maisons de pierres chaudes, marchés
rustiques de fromages et charcuteries. Ah, le caillé doux de Saint
Félicien… délice de chèvre crémeux, introuvable ailleurs.
Souvenirs d’enfance, les petites
plages sablonneuses de la vallée du Doux, l’été. Les baignades
avec les cousins, les compétitions pour escalader les rochers,
sauter du barrage, traverser en apnée. Plus tard, j’ ai entraîné
mari et enfants dans les marmites de granit et falaises abruptes des
gorges du Duzon. Même le chien y a
appris à nager !
Pourtant c’est l’automne qui sied
le mieux à l’Ardèche. Bruyères mauves sur les coteaux, pommiers
colorés de fruits dans les vergers, châtaigniers étoilés de
bogues, forêts de cèdres majestueux, champignons odorants en
sous-bois. Dans les gorges, la végétation flamboie, les rochers
dénudés captent le soleil, le torrent gronde, la nature sauvage
reprend le dessus.
Pendant des années, un petit train à
vapeur, entre Tournon et Lamastre, permettait d’apprécier le site
spectaculaire des Gorges du Doux. Mais les problèmes financiers ont
eu raison de cette survivance nostalgique. Aujourd’hui, un autre
mode de transport a pris la relève, dans un style actuel, ludique et
écologique : le vélorail.
Dimanche matin, départ de
Boucieu-le-Roi en famille. Les vélorails alignés sur la voie
ressemblent à des pédalos bien rangés. Mon petit-fils est déçu,
il n’est pas assez grand pour atteindre les pédales ! 12 km de trajet, dans la partie la plus
pittoresque des gorges. Totalement immergés dans la nature, entre
pâturages, buissons et chaos rocheux, enivrés de chants d’oiseaux
et odeurs de serpolet. Sans effort physique, la pente est douce. Les
petites gares désaffectées, aux rosiers fleuris, sont restaurées en mignonnes
habitations, les passages à niveau
s'abaissent dans une sonnerie stridente, les automobilistes font
signe, les poules s'affolent, mais les vaches restent impassibles.
Ponts de pierres, tunnel, viaduc, canal d’irrigation, nous avons le loisir d’admirer la splendeur des gorges, mais aussi d'apprécier la valeur de cette voie historique, édifiée par nos ancêtres, pour désenclaver le plateau ardéchois. Peut-être que mon grand-père en était ?
Ponts de pierres, tunnel, viaduc, canal d’irrigation, nous avons le loisir d’admirer la splendeur des gorges, mais aussi d'apprécier la valeur de cette voie historique, édifiée par nos ancêtres, pour désenclaver le plateau ardéchois. Peut-être que mon grand-père en était ?
A la gare d’arrivée, le chemin de
fer du Vivarais nous attend, pour remonter au point de départ, avec
les vélorails accrochés derrière. L’aller-retour dure deux
heures environ, c’est une façon très agréable de profiter des Gorges du Doux.
Après l’aventure, une halte gourmande s’impose : A Pailharès, l’Auberge Buissonnière nous accueille. Au cœur de l'Ardèche. A l'écart du village, une terrasse panoramique encore inondée de soleil s'ouvre sur les monts du Vivarais. Au loin, les sommets ourlés de blanc des Alpes. Au menu : jambon de pays, caillettes, fromages de chèvre et délices à la crème de marrons. Le tout arrosé de Chatus en robe pourpre. Détente totale, l'Ardèche au ventre.
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